vendredi 2 août 2013

Ah moé... il y a deux choses dont je ne parle pas :

la religion pi la politique !



Peut-être que vous allez juste à la Messe de Noël. J'ai déjà fait ça aussi. Mais, même lors de cette messe, il y a un moment où tous les fidèles regardent au plafond pendant le sermon, c'est lorsque le prêtre les invite à être des Témoins de l'Amour de Jésus dans leur milieu. « Ouais... moé ? être Témoin de l'Amour de Jésus dans mon milieu ? Non... non... moé, il y a deux choses dont je ne parle pas : la religion pi la politique ».

Vous est-il déjà arrivé lorsque vous étiez très petits d'être à une réunion de parents et d'amis et, à un moment donné, vous avez entendu d'un adulte la phrase suivante : « Habille les petits, on s'en va tout de suite » ?

C'est qu'en ce temps-là les soirées étaient généreusement arrosées de bière, de vin et de spiritueux; il n'y avait pas de normes de conduite routière à respecter comme de nos jours. La modération n'avait pas grand goût chez nos aïeux. Et comme l'art de l'abattoir leur était plus familier que l'art oratoire, les esprits s'échauffaient et ça s'abattait entre eux assez rapidement. Dès qu'on glissait sur un sujet religieux ou politique, il y avait un clan qui s'habillait vite pour partir, laissant parfois des séquelles de division importante qui pouvaient durer des années.

Soucieux de maintenir une paix familiale et entre amis, nos aïeux ont compris rapidement de ne pas discuter de ces deux sujets prêtant à litige. On en a même développé une conduite de nos comportements en groupe. On se dit que « la religion pi la politique, c'est personnel ». Peut-on blâmer nos aïeux de cette prudence — qui soit dit en passant est une vertu — à vouloir maintenir une harmonie dans la famille et entre amis ?

Ce principe dans nos comportements sociaux fut retenu par toutes les générations qui ont suivi nos aïeux et explique pourquoi tous les fidèles au complet regardent au plafond à un moment donné. Ce principe est rendu inculqué dans l'esprit de tous de façon universelle. D'ailleurs, c'est à se demander si ce n'est pas le principe le plus universellement accepté par la population tant il est profondément enraciné.

J'ai une seule question à vous demander

Dans toute votre vie, vous est-il arrivé d'être dans le malheur (santé, finances, perte d'un conjoint super bien aimé...etc.) et qu'à l'occasion d'une rencontre, vous vous êtes confié discrètement à quelqu'un au sujet de votre problème ? Et cette personne vous a dit une très, très petite phrase qui vous est restée dans la tête depuis ce jour-là parce que ça vous a vraiment aidé à passer au travers ? Pour vous aider à vous souvenir, voici quelques petites phrases de cette nature :

  • « Donnes-y ça En Haut pi dis-y de le régler. Tu vas voir que ça va se régler ».
  • « Parle-Lui, tu vas voir qu'il répond en titi. Pi pas mal plus vite que tu ne le penses ».
  • « Écoute, j'en connais Un qui est pas mal plus proche de ceux qui sont dans le malheur que ceux qui sont heureux. Sa façon de régler les problèmes est inimaginable pour nous autres. Mais ça marche en titi ! Parle-Lui ! »

Mais n'est-ce pas ça être des Témoins de l'Amour de Jésus : une petite phrase à quelqu'un qui est avalanché par son problème, qui en voit plus clair ? On n'est loin de se mettre debout sur un tabouret et puis de commencer à lire l'Évangile selon St-Mathieu chapitre 7 à tous les participants de la soirée !

Ouen ! C'est pas mal risqué ton affaire ! Moé, j'aime mieux être prudent pi me la fermer...

Mais ne se cache-t-il pas derrière cette prudence une peur ? Peur d'être ridiculisé avec ta petite phrase dite très discrètement à une seule personne ? Pourtant on est plus audacieux pour retirer quelqu'un de sa voiture qui est en feu... Bizarre ça...

Il faut vraiment comprendre « la game » (l'enjeu) ici : quand vous voulez faire du bien, l'Autre arrive tout le temps dans votre esprit en vous suggérant des peurs. Il a un doctorat pour faire peur. La peur ne vient jamais, mais jamais de Dieu.

La personne qui vous confie son problème et à qui vous hésitez à lui donner une petite parole divine (bien oui, faut l'admettre), vous jouez le jeu du « deux de pique » qui veut laisser cette personne dans le découragement; il l'aime comme ça et il veut même empirer sa situation. S'il faut qu'il vous gèle par la peur, par l'idée que votre orgueil pourrait être blessé, il va faire pression énormément sur vous pour que la petite phrase ne sorte pas de vos lèvres.

Et s'il faut qu'il vous remémore qu'il y a deux choses dans lesquelles il ne faut pas s'impliquer, c'est la religion et la politique parce c'est « personnel », il va le faire. Voyez-vous ?

Mais souvenez-vous de votre propre petite phrase qui vous avait tant aidé. N'est-ce pas à votre tour de retourner l'ascenseur ?