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vendredi 13 avril 2018

Saint Jean-Paul II a prophétisé que les prêtres
souffriraient à s’opposer aux remariages


par : Lisa Bourne
SOURCE : Life Site News
Mercredi le 11 avril, 2018 - 4:40 pm EST



11 avril 2018 (Life Site News) — Le Pape Jean-Paul II a prévenu il y a des décennies que les prêtres, et même l'Église Catholique elle-même, paieraient un « prix élevé » pour rester fidèles à l'enseignement pérenne de l'Église sur le mariage et la procréation.

Le défunt Pontife a également déclaré que ce serait une « erreur très sérieuse » de présumer que l'enseignement Catholique sur le mariage n'est qu'un « idéal » en besoin d’être modifié.

Dans son discours de mars 1984 aux prêtres participant à un Séminaire sur la « Procréation responsable », Jean-Paul II a parlé deux fois du fait que les hommes et les femmes sont tout à fait capables de comprendre l'enseignement de l'Église sur le mariage.

« Ne vous y trompez pas : lorsque votre enseignement est fidèle au Magistère de l'Église, vous n'enseignez pas quelque chose que les hommes et les femmes ne peuvent pas comprendre. Même les hommes et les femmes aujourd'hui. En effet, cet enseignement que vous faites retentir à leurs oreilles est déjà écrit dans leur cœur » a-t-il dit.

Cet enseignement est intervenu 32 ans avant que le Pape François suggère que l'enseignement Catholique sur le mariage est un « idéal théologique du mariage trop abstrait, presqu’artificiellement construit » [ Amoris Laetitia # 36 ]. Les critiques ont noté que l'Exhortation de 2016 du Pape François, Amoris Laetitia, est imprégnée de la notion que l'enseignement de l'Église sur le mariage présente ce que le Pape appelle un « idéal théologique artificiel » à atteindre plutôt qu'une réalité qui s'impose à tous.

Les enseignements du Pape François sur le mariage ont amené de nombreux Évêques et Cardinaux à défendre des pratiques contraires à l'enseignement Catholique comme accueillir des soi-disant « seconds » mariages, soutenir l'activité sexuelle ( adultère ) dans ces unions et permettre à ces couples de recevoir la Sainte Communion.

Certains de ceux qui se sont prononcés contre de telles nouveautés ont été rétrogradés, licenciés ou retirés de postes prestigieux.

Jean-Paul II a mis en garde dans son discours sur le coût d'être fidèle à la vérité du mariage.

« Vous savez bien que souvent la fidélité des prêtres — en effet, disons, de l'Église — à cette vérité et aux normes morales qui en découlent, celles que je veux dire qui sont enseignées par Humanae Vitae et Familiaris Consortio, doivent souvent être payées à un prix élevé. On se moque souvent de quelqu’un pour cela, on l’accuse d'incompréhension et de rudesse, et plus encore » a-t-il dit.

« C'est le sort de chaque témoin de la vérité comme nous le savons » a-t-il ajouté.

Jean-Paul II a expliqué aux prêtres comment ils doivent transmettre l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage tel que prescrit par le Christ aux hommes et aux femmes qui leur sont confiés.

« Quand ses contemporains ont demandé au Christ s'il était légal pour un mari de divorcer de sa femme, il a répondu en se référant « au commencement », c'est-à-dire au plan original du Créateur pour le mariage » a dit le Pape.

« Vous aussi, en tant que prêtres travaillant au nom du Christ, devez montrer aux époux que ce que l'Église enseigne sur la procréation responsable n'est rien d'autre que ce plan original que le Créateur a imprimé sur l'humanité de l'homme et de la femme et que le Rédempteur est venu rétablir » a-t-il ajouté.

Jean Paul a également déclaré que la norme morale enseignée par Humanae Vitae et Familiaris Consortio est la « défense de toute la vérité sur l'amour conjugal, car elle exprime les exigences essentielles de cet amour ».

mardi 28 février 2017

Le Pape François

Il exhorte les prêtres à « accueillir »
des couples cohabitant ensemble
dans le « style de l'Évangile »



Et son lieutenant d'en remettre



         Jan Bentz


Source: LifeSiteNews

Le Pape François a exhorté les curés de la paroisse à participer à un cours dirigé par le Vatican intitulé « Nouvelle Procédure de Mariage » pour « accueillir » les couples vivant en fornication qui « préfèrent vivre ensemble sans se marier ». Le Pape n’a pas demandé aux prêtres de faire la morale à de tels couples du fait qu’ils vivent en situation de grave péché, ni ne leur a-t-il demandé de travailler pour leur conversion et leur repentir.

« Dans le même temps, rapprochez-vous du style de l'Évangile lui-même, dans la rencontre et l'accueil des jeunes qui préfèrent vivre ensemble sans se marier » a-t-il déclaré aux prêtres lors de l'événement du samedi 25 février organisé par la Roma Rota, la plus haute cour ecclésiastique du Vatican.

« Sur le plan spirituel et moral, ils sont parmi les pauvres et les petits vers lesquels l'Église, suivant les traces de son Maître et Seigneur, veut être une Mère qui ne les abandonne pas, mais s’en rapproche et en prend soin. Ces personnes sont aussi aimées du Cœur du Christ. Ces soins donnés à ces derniers, précisément parce que ça émane de l'Évangile, est un élément essentiel de votre travail de promotion et de défense du Sacrement du Mariage » a-t-il ajouté.

L'année dernière, François a dit que les couples vivant en cohabitation sont dans un « mariage réel » et reçoivent la grâce du Sacrement. « J'ai vu beaucoup de fidélité dans ces cohabitations et je suis sûr que ce sont de vrais mariages, ils ont la grâce d'un vrai mariage en raison de leur fidélité » a-t-il dit à cette époque.

Le Catéchisme de l'Église catholique appelle cela de la fornication « gravement contraire à la dignité des personnes et à la sexualité humaine qui est naturellement ordonnée au bien des époux et à la génération et à l'éducation des enfants ».

Le Catéchisme affirme en outre que des situations telles que la cohabitation « portent atteinte à la dignité du mariage » ; ils détruisent l'idée même de la famille ; ils affaiblissent le sentiment de fidélité. Ils sont contraires à la loi morale. L'acte sexuel doit avoir lieu exclusivement dans le cadre du mariage. En dehors du mariage, il constitue toujours un péché grave et exclut de la Communion Sacramentelle celui qui le pratique.

Le cours de formation a été conçu pour enseigner les prêtres de paroisses travaillant dans leurs propres tribunaux diocésains de nullité du mariage et d'autres questions connexes, pour comment mettre en œuvre les changements des deux Motu Proprio, Mitis Iudex et Misericors Jésus, avec Amoris Laetitia donnant le cadre plus large.

François a dit aux prêtres que pour « chaque personne et chaque situation, vous êtes appelés à être des compagnons de voyage pour témoigner et pour soutenir ».

Il les exhorte à « soutenir » tous les couples qui ont déterminé par eux-mêmes que leur mariage est invalide et qui veulent qu'il soit officiellement déclaré comme tel.

« Lorsque vous offrez ce témoignage, ayez soin de soutenir tous ceux qui ont compris que leur union n'est pas un véritable mariage sacramentel et veulent sortir de cette situation. Dans cette œuvre délicate et nécessaire, procédez de telle manière que vos fidèles ne vous reconnaissent pas tant comme des experts d'actes bureaucratiques ou de normes juridiques, mais comme des frères qui se mettent dans une attitude d'écoute et de compréhension » a-t-il dit.

François a déclaré que les prêtres sont souvent les premiers représentants de l'Église que les jeunes rencontrent quand ils se marient et en même temps le premier à qui ils se tournent quand leur mariage est en crise.

« C'est vers vous que les conjoints se tournent, quand de sérieux problèmes dans leur relation se produisent et qu’ils se retrouvent en crise et ont besoin de rénover leur foi et de redécouvrir la grâce du Sacrement ; et dans certains cas, demander des indications pour commencer un processus de nullité ».

Il a laissé le processus de discernement entre les mains de chaque individu dans sa paroisse puisque « personne mieux que vous ne connaît et n'est en contact avec la réalité de la grille sociale de votre territoire et en expérimente les diverses complexités ».

mardi 19 juillet 2016

Interview du Cardinal Schönborn

Comment crédible est un « Magistère du ouï-dire » ?



Le Révérend Brian W. Harrison, O.S., M.A., S.T.D., un prêtre de la Société des Oblats de la Sagesse, est un professeur agrégé à la retraite de Théologie de l'Université Pontificale Catholique de Porto Rico à Ponce, P.R. En 1997, il a obtenu son doctorat en Théologie Systématique, Summa Cum Laude, de l'Athénée Pontifical de la Sainte Croix à Rome. Depuis 2007, le P. Harrison a été chercheur en résidence à Oblats de Centre d'étude de la Sagesse à St. Louis, Missouri, il est bien connu en tant que conférencier et écrivain. Il est l'auteur de trois livres et plus de 130 articles dans des livres Catholiques, des magazines et des revues aux U.S.A., en Australie, en Grande-Bretagne, en France, en Espagne et à Puerto Rico.

Le 18 juillet 2016,

SOURCE : One Peter Five


La semaine dernière a eu lieu un entretien important donné par le Cardinal Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne et l'un des plus fiables conseillers théologiques et porte-parole du Pape François, à la revue romaine Jésuite La Civiltà Cattolica. Le sujet portait sur l'Exhortation apostolique Amoris Laetitia (AL) :

Cette interview a fait déjà des vagues autour du monde, principalement à cause de l’insistance de son Éminence sur trois points :

  • d'abord, qu’une Exhortation apostolique telle que AL est en effet un document magistériel faisant autorité, contenant l'enseignement auquel doit consentir les Catholiques ;
  • d'autre part, que tous les enseignements précédents sur le mariage et la famille doivent maintenant être interprétés à la lumière de AL
  • et enfin, qu’AL doit en effet être compris comme permettant aux Catholiques divorcés et remariés civilement de recevoir les Sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie, dans certains cas, même sans engagement à vivre « comme frère et sœur ».

Je n’ai de fait aucune dispute de principe avec le premier point du Cardinal Schönborn au sujet du statut des Exhortations apostoliques. Bien que relativement récentes dans leur origine, elles sont assez élevées dans l'« ordre hiérarchique » des documents du Magistère — probablement juste un peu en dessous des Encycliques. Dans une large mesure, elles sont en effet pastorales et exhortatives dans le ton et le contenu plutôt que strictement doctrinales. Mais Schönborn a raison de souligner que, lorsque certains passages sont rédigés de manière à manifester l'intention du Pontife à inculquer une certaine vérité doctrinale, cela compte certainement comme enseignement magistériel. Je suis aussi d'accord avec le principe théologique du Cardinal Schönborn qui sous-tend sa deuxième déclaration controversée — à savoir que toutes les déclarations précédentes du Magistère sur le mariage et la famille doivent maintenant être interprétées à la lumière de AL. Cependant, ce que Son Éminence dit, n’est pas toute la vérité.

Permettez-moi d'expliquer. Il est souvent arrivé dans le développement historique de la Doctrine Catholique que certains enseignements d’époques plus anciennes n’étaient pas complètement explicités et furent clarifiés ultérieurement par de nouvelles interventions du Magistère. Par exemple, l'ancienne foi de l'Église au sujet de la Sainte Vierge n’était pas tout à fait clair relativement à sa parfaite impeccabilité qui a débuté au moment même de sa conception. Ainsi, comme cela est bien connu, certains théologiens renommés au cours des siècles ont contesté son Immaculée Conception jusqu’au Bienheureux Pie IX qui a finalement réglé la question dogmatiquement en 1854. Alors, quand un enseignement magistériel ajoute de la précision ou de la clarté à un plus ancien ou en tire ses implications logiques, alors, bien sûr, que nous allons interpréter la plus vieille déclaration à la lumière de la plus récente.

Mais qu’est-ce ce qui arrive lorsque l'inverse est le cas — à savoir quand une déclaration magistrale plus récente est moins claire qu’une qui fut exprimée antécédemment ? Cela a été un problème avec certains documents du Concile Vatican II. Étant donné que les fissures théologiques parfois profondes entre les « Libéraux » et les Pères « Conservateurs » devaient être colmatées afin d'obtenir un vote consensuel, les textes finaux sur certains sujets — par exemples, sur la liberté religieuse, l'inerrance biblique, l’oecuménisme, la définition de l'Église du Christ, sa royauté sociale et le sujet de ceux qui meurent comme non-croyants s’ils peuvent être sauvés — sont moins clairs que les déclarations pertinentes antérieures du Magistère. Dans cette nouvelle situation, la méthodologie théologique correcte nous oblige à interpréter le nouvel enseignement à la lumière de l'ancien. Malheureusement, la présentation d'un côté de la médaille de la part du Cardinal Schönborn ne dit rien à propos de cette norme complémentaire.

Dans les deux cas, le principe d’interprétation de base est le même : nous devrions interpréter les déclarations magistérielles moins claires à la lumière de celles qui sont plus clairement exprimées, quel que soit celle qui est arrivée en premier. Cette norme de bon sens découle d'un principe encore plus fondamental, à savoir la promesse de Jésus qui a révélé que son Saint-Esprit sera toujours présent dans l'Église pour la guider et la garder dans le chemin de la Vérité (cf. Jean 14 : 16-17 26). Donc, apparemment, lorsque deux déclarations magistérielles, qui sont en contraste, peuvent raisonnablement être harmonisées, elles devraient l’être.

Cependant, cela soulève une autre question : que faire s'il semble impossible de concilier deux affirmations papales traitant de la Foi et de la morale ? Cela nous amène à la troisième et la plus discutable des positions controversées maintenant défendues par le Cardinal Schönborn. Certains ont cherché à réconcilier avec les enseignements précédents les déclarations du Pape François dans AL # 305 et dans sa note notoire # 351, qui dit que : « Dans certains cas », les Catholiques vivant « dans une situation objective de péché » ( notamment les divorcés remariés civilement ) peuvent recevoir « l'aide des Sacrements » — Quels Sacrements ? La même note identifie la Pénitence et de l'Eucharistie. Selon les prétendus réconciliateurs, le Saint-Père doit être compris ici comme restreignant implicitement cette « aide » sacramentelle à ceux qui s’engagent à vivre comme « frère et sœur ».

Compte tenu du contexte, cette lecture fade de la note 351 ne m'a pas frappé comme très plausible. Dans tous les cas, elle est maintenant résolument rejetée — presque dédaigneusement ! — par le savant prélat que François a lui-même désigné à plusieurs reprises comme le commentateur le plus fiable sur la nouvelle Exhortation apostolique. En outre, ceci est intervenu dans une interview que le Pape a presque certainement lu au préalable. (Chaque numéro de cette revue de table des Jésuites est examiné par le Secrétariat d'État du Vatican avant leur publication.)

Lorsque l'éditeur Spadaro a demandé à Schönborn s’il reconnaît qu'il est « évident » que François ne limite pas cette « aide » sacramentelle aux couples vivant en frère et soeur, Son Éminence répond immédiatement : « Oui, certainement ». Puis il l’explique clairement : le présent Saint-Père « ne s'arrête pas aux types de cas qui sont spécifiés [par Jean-Paul II] dans le paragraphe # 84 de Familiaris Consortio ». (Autrement dit, les cas où les couples s'abstiennent de l'intimité sexuelle.)

Espérons que l'autorité de Schönborn réglera la discussion au moins sur ce que François signifie et a comme intention sur ce point. Mais regardons de nouveau cet article clé du Pape Saint Jean-Paul II dans son Exhortation apostolique sur la Famille de 1981. Dans le sillage troublé d’Amoris Laetitia, la plupart des appels à l'autorité du paragraphe # 84 de Familiaris consortio ont cité l'exclusion des divorcés remariés ( sexuellement actifs ) de l'Eucharistie. Mais encore plus basique est ce que cet article dit au sujet du Sacrement de la Pénitence. Car si vous ne pouvez pas être absous, vous ne pouvez pas aller à la Communion nulle part — même pas dans une église où ça ne causerait pas de scandale. Et Jean-Paul affirme : « La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au Sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ. . . ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux ».

Maintenant, c’est là où le caoutchouc frappe la route, les amis. Le Pape Jean-Paul, dans la continuité de tous ses prédécesseurs depuis des temps immémoriaux, a réaffirmé que seulement les Catholiques divorcés et remariés civilement qui s’engagent à vivre dans la continence complète peuvent bénéficier de l'absolution sacramentelle. Mais maintenant, François dit que ceux qui font cet engagement ne sont pas les seuls Catholiques qui peuvent être absous.

« Seulement » vs « Non seulement ». Il n’y a pas d’« herméneutique de la continuité » qui peut masquer cette contradiction flagrante. Cela n'a pas empêché à certains d'essayer. Nous avons vu deux principales tentatives de quadrature du cercle.

Premièrement, certains admettent l'incompatibilité, mais affirment que l'exclusion précédente à AL de l'Église des Sacrements de tous les divorcés et remariés non-continents était une question de discipline purement humaine — la loi ecclésiastique. Alors François, en donnant une plus grande reconnaissance maintenant à certains cas où les confesseurs peuvent discerner l'imputabilité diminuée pour ce comportement objectivement adultère, a, nous dit-on, simplement atténué cette discipline et n’a pas compromis quelle que Doctrine ou Loi Divine existante que ce soit.

Cependant, dans le n ° 84 de Familiaris Consortio lui-même, le Pape Jean-Paul présente une considération manifestement doctrinale — une considération qui, de par sa nature même, s’applique à tous les temps et dans tous les lieux — comme la raison principale pour laquelle ces gens sont interdits de recevoir la Communion (et, donc, l'absolution sacramentelle qui lèverait cette interdiction). Il affirme : « Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie ». (soulignement ajouté). Comme c’est cet état « objectif » de la contradiction adultère avec le sens du mariage Chrétien sacramentel révélé qui est le principal obstacle à leur réception de la Communion (Jean-Paul ajoute le fait de causer le scandale comme une raison secondaire, séparée), et puisque cet état objectif reste constant sous la Loi du Christ indépendamment coupables ou innocents subjectivement que sont qui sont concernés peuvent être, l’affirmation du caractère mutable de la discipline de l'Église est insoutenable. L’Église d’avant Amoris Laetitia a compris et enseigné cette interdiction comme une question vraiment doctrinale — une exigence de la Loi Divine immuable sous la Nouvelle Alliance scellée avec le Sang du Christ.

Ceci est amplement confirmé dans les documents subséquents du Magistère des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI : par exemple, le paragraphe # 34 de l'Exhortation Apostolique Reconciliatio et Paenitentia de 1984 ; la Lettre aux Évêques de la Congrégation pour la Doctrine la Foi en 1994 dans laquelle l'exclusion des Sacrements de ceux dont nous discutons est appelée « Doctrine » pas moins de trois fois (cf. articles 3, 4 et 6) ; et l’Exhortation Apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît en 2007 dans laquelle il affirme à l'article # 29 que cette pratique de l'Église est « fondée sur la Sainte Écriture », à savoir qu’elle a une autorité Divine et pas simplement humaine.

La deuxième ligne de l'argumentation qui cherche à concilier le « seulement » de Jean Paul avec le « non seulement » de François est celle qui est avancée par certains prélats et théologiens renommés. Cependant, je trouve ça tellement bizarre que ça me laisse à me demander si je dois en rire ou en pleurer. Ça prétend sérieusement que les Papes Jean Paul et Benoît n'ont pas voulu vraiment le signifier quand ils ont affirmé dans les documents officiels du Magistère que « seulement » les Catholiques divorcés et remariés civilement qui vivent comme frère et sœur peuvent recevoir les Sacrements. On nous demande de croire que la vraie position Catholique, authentique, sur ce point n'a jamais été claire, comme étant une norme sans exception affirmée dans les documents du Magistère d’avant Amoris Laetitia, que j’ai cités plus haut, mais plutôt, que cette position antérieure a été tout au long une approche logique floue, riche en atténuation, « souillée par la boue des rues » comme le prône François dans le chapitre 8 de Amoris Laetitia. Selon ce second point de vue, François est en train de ne faire rien de plus que de rendre publique une norme qui a déjà été approuvée par les Papes précédemment, mais qu’ils avaient gardé sous le boisseau — et même refusé publiquement et officiellement ! C’était supposément un secret clérical bien gardé, longtemps réservé pour les bonnes oreilles des confesseurs seulement et ainsi transmis confidentiellement de bouche à oreille dans les salles de séminaire et les presbytères. Dans ce scénario, le seul laïcat sous les pontificats précédents qui aurait jamais appris ce secret serait certain ceux qui vivaient dans des unions sexuelles illicites qui ont réussi à convaincre un prêtre confesseur qu'ils sont sincères dans leur dissidence de l'enseignement du Christ et du mariage et du divorce dans l’Église et/ou qui sont sincères dans leur sentiment qu’ils ne peuvent pas éventuellement s'y conformer. Dans de tels cas, nous a-t-on dit, l'Église, bien avant le pontificat actuel, autorisait déjà le prêtre à voix basse:

  • (a) à considérer la « sincérité » des pénitents comme constituant un manque de pleine connaissance ou d’un plein consentement de la volonté ;
  • (b) à conclure sur cette base que leur commission continue d’actes objectivement adultères ne les placera pas en état de péché mortel ; et conséquemment…
  • (c) leur accorder l'absolution à condition qu'ils évitent le scandale en gardant ce secret et de seulement de communier où ils ne seront pas reconnus.

Cela revient à une sorte de théorie du complot magistériel ou, peut-être, à un Magistère du ouï-dire qui peut l'emporter sur l'autorité des documents publics du Magistère. Franchement, je trouve ça absurde. Pour commencer, je suis depuis longtemps dans le club clérical — un prêtre et professeur de théologie depuis plus de 30 ans — mais jamais, jusqu'à très récemment, je n’avais tant entendu parler comme un murmure de cette « pratique confessionnelle approuvée ». Ni non plus la plupart de mes amis prêtres, jeunes et vieux, n’avaient entendu parler d'une telle théorie jusqu'à la lecture de certains commentaires concernant Amoris Laetitia.

Maintenant, je ne doute pas une minute que, dans le climat permissif qui s’est répandu comme une métastase dans les Institutions de l’Église depuis Vatican II, les étapes (a), (b) et (c) ci-dessus aient souvent été recommandées aux futurs prêtres par certains professeurs moraux de théologie. Cependant, même dans l'hypothèse douteuse que les étapes (a) et (b) puissent parfois être justifiées ( je dis « douteuse » parce que la dissidence de ce que l'on sait être la Doctrine Catholique est elle-même gravement peccamineuse — une circonstance aggravante et non pas atténuante ), je trouve tout à fait incroyable l’affirmation qu’un prêtre serait en conformité avec le Magistère « réel » (bien que sous-le-comptoir) des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, s’il se rend de (b) à (c). Car l'étape (c) contredit catégoriquement les paroles publiques et officielles de Jean-Paul, cités ci-dessus, qui ne laissent même pas entendre à des exceptions : il affirme que seulement les divorcés remariés civilement qui s’engagent à la pratique de la continence peuvent être absous. Et la Lettre aux Évêques de 1994 de la CDF sur ce sujet affirme que, sans cet engagement, ces Catholiques sont dans « une situation objective qui d'elle-même rend impossible la réception de la Sainte Communion ». Puisque c’est leur « situation objective » qui « en soi » a cet effet, il en découle logiquement que le prêtre doit leur refuser l'absolution, même dans ces cas (probablement rares) où ils semblent être subjectivement libres de péché mortel. Il doit leur dire gentiment mais fermement qu'ils peuvent pas être absous encore parce que ce serait donner la permission de recevoir l'Eucharistie ; que la raison pour laquelle ils ne peuvent pas être autorisés, c'est leur style de vie actuel qui est en conflit grave avec l'enseignement du Christ et de l'Église, qu’ils le reconnaissent ou non.

Le Père Thomas Michelet, OP, est l'un des théologiens qui tentent de réconcilier Amoris Laetitia avec Familiaris Consortio par cette théorie bizarre que l'enseignement proprement dit de Jean-Paul était le même que celui de François et que, contrairement, à l'enseignement de son « sans exceptions » en public, c’était juste une façade pour éviter toute confusion dans le laïcat non instruit.

Le Père Michelet écrit : « L'innovation du document [AL] est avant tout ici : dans le fait de présenter en pleine lumière une pratique qui, auparavant, restait dans l'ombre, dans le secret de la confession ». En d'autres termes ( bien que Michelet, bien sûr, n’admette pas cela), le Pape Jean-Paul récemment canonisé, enseignant en tant que Vicaire du Christ sur terre, a menti dans un enseignement clé d'un document magistériel important affectant la vie de millions de Catholiques !

En outre, le Père Michelet semble tout à fait inconscient de l'ironie profonde de sa position. Dans son histoire de l’Église d’avant Amoris Laetitia, ce secret du confessionnal « approuvé » a été maintenu « dans l'ombre » afin d'éviter de scandaliser les laïcs — à savoir, ça aurait pu les conduire dans le péché, dans la confusion, voire perdre leur Foi. Eh bien, cela fait certainement sens. Car si les laïcs avaient été informés que l'Église fait des exceptions à sa propre règle de « non-sacrements » pour les divorcés remariés non-continents, ils « seraient induits en erreur et comprendraient mal la Doctrine de l'Église concernant l'indissolubilité du mariage ». ( cité par Jean-Paul II FC # 84). Et bien sûr, une telle erreur ne resterait pas au niveau théorique. L’histoire de longs siècles de nos frères Chrétiens séparés montre que ce serait bientôt suivi par de plus en plus de divorces et de remariages (pour ne rien dire du concubinage, de la fornication, des partenariats de même sexe, etc.) L'ironie est, bien sûr, que, depuis la connaissance du public de ces (présumées) exceptions à la norme qui aurait provoqué le scandale avant que François les ait claironnées autour du monde, le 8 avril 2016, puis — puisque notre nature humaine déchue reste la même — ça continue à causer du scandale après cette date. Mais au lieu de déplorer le fait que ce très dangereux chat a été laissé sorti hors du sac, le Père Michelet s’attend à ce que l’on pousse des soupirs de soulagement du fait d’apprendre qu’il était vraiment à l'intérieur du sac auparavant, à savoir, que le Saint-Père donne ( supposément ) un enseignement en continuité avec ses prédécesseurs dans Amoris Laetitia.

En fait, François n'a pas laissé aucun chat sortir de son sac ; il a tiré plutôt un lapin de son chapeau. Il n'y avait pas d’approbation papale secrète antérieure pour les exceptions qu’il a accordées dans la note # 351 d’Amoris Laetitia. Il les a « créées » à partir de rien, créant ainsi un scandale double : une rupture avec l'enseignement Catholique antérieur et une plus grande ouverture à l'instabilité conjugale, à la licence sexuelle et à la profanation du Corps Eucharistique du Christ.

Le Cardinal Schönborn, dans sa nouvelle entrevue avec La Civiltà Cattolica, fait lui aussi allusion à l’« herméneutique de la continuité » artificielle du Père Michelet dans sa propre tentative de lisser les différences irréconciliables que nous avons vues entre les enseignements respectifs des Papes Jean Paul et de François. Nous assurant qu’Amoris Laetitia représente « l'évolution homogène dans la compréhension et dans l'expression de la Doctrine », Son Eminence affirme que le Pape Jean-Paul, de façon implicite, et le futur Pape Benoît XVI, dans une conversation privée, ont déjà enseigné dans ses éléments essentiels la même Doctrine permissive du chapitre 8 d’Amoris Laetitia qui a perturbé si profondément des millions de fidèles Catholiques, à partir des laïcs dévots jusqu’aux Princes de l'Église. Toujours selon Schönborn,

« Le Pape François a fait un pas important. Il nous oblige à clarifier quelque chose, qui était resté implicite dans Familiaris consortio, sur le lien entre l’objectivité d’une situation de péché et la vie de grâce devant Dieu et son Église, et par voie de conséquence, l’imputabilité concrète du péché ». « Le Cardinal Ratzinger nous avait expliqué cela dans les années 1990 : on ne parle plus automatiquement de situation de péché mortel dans des situations de nouvelle union. Je me rappelle qu’en 1994, au moment où la Congrégation pour la doctrine de la foi avait publié son document sur les divorcés remariés, j’avais posé la question au Cardinal Ratzinger. « Est-ce que la pratique ancienne qui allait de soi et que j’ai connue avant le Concile, celle de voir au for interne avec son confesseur la possibilité de recevoir les sacrements à condition de ne pas créer de scandale, est toujours valable ? » Sa réponse était très claire, comme ce que dit le Pape François : il n’y a pas de norme générale qui puisse couvrir tous les cas particuliers. Autant la norme générale est claire, autant il est clair qu’elle ne peut exhaustivement couvrir tous les cas ».
Avec le respect dû au Cardinal Schönborn, une prétendue « évolution homogène » de la Doctrine fondée sur une telle argumentation et des preuves fragiles ne résiste tout simplement pas à un examen. Nous ne devons pas laisser un faux « Magistère du ouï-dire » composée de pratiques confessionnelles secrètes prétendument approuvées, de rapports officieux et de conversations improvisées et de présumés enseignements « implicites » de Papes qui ont explicitement et officiellement dit exactement le contraire, nous faire tourner nos cœurs et nos esprits loin du véritable Magistère Catholique. Le Magistère que nous avons toujours connu. Le Magistère comprenant les déclarations papales et conciliaires officielles, publiques et dûment promulguées et qui ne peuvent dire que ce qu'ils disent clairement.

Et quand un flux constant de documents précédents de ce vrai Magistère sont réunis pour enseigner une certaine Doctrine claire au sujet de qui peut et ne peut pas recevoir les Sacrements, nous devons respectueusement mais fermement résister et rejeter toute prétention que le dernier document papal peut renverser et remplacer cette Doctrine par le moyen de simples conseils, d’insinuations et de notes de bas de page.


lundi 25 avril 2016

Un avant-goût de sa longue présentation de 6 000 mots sur l'Exhortation

Sur l’Exhortation Apostolique Amoris Laetitia

« Un Veritatis Laetitia » est nécessaire

Mgr Athanasius Schneider



Par Maike Hickson
le 25 avril, 2016
SOURCE : One Peter Five





Nous l’avons tous attendu depuis un certain temps maintenant. Enfin, un prélat a parlé.

Sur le thème de l'Exhortation apostolique, Amoris Laetitia, Mgr Athanasius Schneider d'Astana, au Kazakhstan, a fait une déclaration de plus de 6 000 de mots sur le site italien Corrispondenza Romana, qui a été publié hier, le 24 Avril. (Il n’y a pas encore de traduction disponible ; tous les extraits suivants sont tirés de notre propre traduction libre.)

Alors que Schneider dit que des interprétations différentes de Amoris Laetitia se répandent présentement, il constate que « certaines des déclarations de Amoris Laetitia sont objectivement susceptibles d'interprétation erronée ». À ses yeux, il y a plusieurs aspects du document qui « sont difficiles à interpréter selon la Doctrine Traditionnelle de l'Église ». Schneider montre comment, en quelque sorte, une affirmation explicite de la Doctrine et la pratique continue de l'Église sont manquantes concernant la règle selon laquelle les divorcés « remariés » ne peuvent pas être admis à la Sainte Communion.

« Quand il en vient à la vie ou la mort du corps », dit Schneider, « pas un médecin ne laisserait les choses dans l'ambiguïté. Le docteur ne peut pas dire au patient : « Vous devez choisir comment appliquer le médicament selon votre conscience et en suivant les lois de la médecine ». Un tel comportement de la part d'un médecin serait sans aucun doute considéré comme irresponsable. Pourtant, la vie immortelle de l'âme est plus importante... »

Mgr Schneider cite Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II (FC) sur cette question, qui indique que de tels couples « incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Église concernant l'indissolubilité du mariage. La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par l'exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation, «ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux ». (FC, n. 84)

Selon Schneider, le Pape n'a pas établi une nouvelle règle en droit canonique, applicable à tous les cas. Cependant, il constate que François fait état que, dans certains cas, où il y a des « facteurs atténuants », il est « possible de vivre dans la grâce de Dieu » et de « recevoir l'aide de l'Église » même si l'on vit dans une situation objectivement de péché. Schneider ajoute que le Pape dit ici que « dans certains cas, il pourrait y avoir l'aide des Sacrements ».

Mgr Schneider montre comment le Pape cite Gaudium et Spes « d'une manière malheureusement incorrecte » au paragraphe 329 de son exhortation lorsqu’il applique une déclaration de Gaudium et Spes prévue pour s’appliquer seulement à un mariage chrétien valide, le Pape applique cette déclaration à des situations impliquant les divorcés remariés, résultant ainsi que l'on peut valider une union irrégulière « pas en théorie, mais dans la pratique ».

Mgr Schneider dit que Amoris Laetitia prête à des « interprétations hétérodoxes » en ce qui concerne les divorcés « remariés » « en omettant la citation explicite des passages pertinents dans Familiaris consortio (n. 84). Ces allusions portées à être généralisées aux « principes moraux » sont, aux yeux de l'évêque, « insuffisantes dans le contexte d’une telle question controversée » qui est très délicate et qui présente une grande importance.

En ce qui concerne la prétention de certains membres du clergé que le chapitre 8 de Amoris Laetitia permet aux couples divorcés « remariés » qui ne vivent pas dans la continence parfaite de recevoir la Sainte Communion, Mgr Schneider a répondu :

«... en accord avec le principe de non-contradiction, [on en arrive] à la conclusion logique suivante : le Sixième Commandement qui interdit tout acte sexuel en dehors d'un mariage valide ne serait plus universellement valide si des exceptions étaient autorisées ».

Ainsi, un tel couple vivrait d'une manière qui est « directement en contradiction avec la Volonté expresse de Dieu ». Schneider conclut qu'un tel encouragement à des actes qui sont « contraires à la Volonté de Dieu » seraient « en contradiction avec la Révélation Divine ». D’accepter cela signifierait que la « Parole Divine du Christ » de ne pas séparer ce que Dieu a uni ne serait donc plus valide, aux yeux de Schneider, « toujours et pour tout le monde » et « sans exception ».

Une telle règle permettrait à l'Église d'accepter l'enseignement du Christ « en théorie, mais pas dans la pratique ». Les oeuvres ne correspondraient pas à ce que nous croyons. Schneider poursuit :

« La violation permanente du Sixième Commandement ... de Dieu ... ne serait donc plus un péché grave ou une opposition directe à la Volonté de Dieu ».

Le prélat en outre montre comment une telle approche aurait de graves conséquences :

« L'enseignement pérenne et infaillible de l'Église ne serait plus universellement valable, en particulier, l'enseignement confirmé par le Pape Jean-Paul II dans Familiaris Consortio (84) et l’enseignement du Pape Benoît XVI dans Sacramentum Caritatis (29), selon lesquels la continence est la condition pour les divorcés « remariés » afin de recevoir les Sacrements ».

Mgr Schneider a continué de discuter longuement des diverses parties du document papal. Notre but est ici de vous partager ces passages initiaux alors que nous attendons une traduction complète afin que les Catholiques qui attendent une déclaration claire de l'un de nos Évêques puisent conserver espoir. Nous sommes reconnaissants à Mgr Athanasius Schneider pour son courage et l'amour de la Foi en donnant ce témoignage. Nous espérons fournir la déclaration plus complète de Mgr Schneider lorsqu’elle deviendra disponible dans notre langue.

vendredi 8 avril 2016

Le Pape François s’écarte de l'enseignement

de l'Église dans la Nouvelle Exhortation



Par Maike Hickson
SOURCE :One Peter Five
Le 8 avril 2016






Vatican

François vient de publier son Exhortation Apostolique tant attendue sur la famille, Amoris Laetitia. Dans ce document, il répète plusieurs des déclarations problématiques et controversées entendues lors des Synodes des Évêques sur la famille de 2014 et de 2015. Parmi ceux-ci, on trouve la loi du gradualisme en ce qui concerne les relations pécheresses, l'affirmation selon laquelle il y a des « graines » de bonté dans ces relations qui sont objectivement contraires aux Lois de Dieu ; il y a aussi dans ce document un ton général à ne pas parler de péché du tout en ce qui concerne ces modes de vie qui mettent l'âme du pécheur persistant gravement à risque de ne pas atteindre le salut éternel.

François cite amplement les deux rapports du Synodes de 2014 et de 2015, ce qui démontre qu’il approuve la façon dont les questions ont été traitées ainsi que la façon dont on a habilement dirigé l'Église vers une attitude plus clémente en ce qui concerne le pécheur et son inconduite. Aussi il « réaffirme clairement que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles ». Selon François, il peut y avoir « différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent ». Il insiste explicitement :

« En outre, dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux. Car « les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général (...) a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué ».

Le Pape choisit cependant de ne pas définir ce qu’il veut dire par « solutions plus inculturées ». Est-ce, en fait, une forme de relativisme culturel et moral ? La réponse n’est pas évidente sur le coup.

A côté de ces thèmes, si l’on considère les problématiques en elles-mêmes, il y a deux graves et très sérieuses déclarations dans ce nouveau document du Pape qui n’ont pas été discutées au cours des deux précédentes sessions du Synode de la manière et qui apparaissent dans l'Exhortation. Chacune représente un écart par rapport à l'enseignement moral traditionnel de l'Église Catholique, conséquemment elles s’écartent effectivement du Magistère Universel de l'Église.

Dans le chapitre 8 (paragraphe 298), François parle des divorcés et « remariés » et déclare qu’il faut examiner chaque cas individuellement — suggérant une forme de Nominalisme — puisque chaque cas ne doit pas être évalué de la même manière. Comme exemple, il se réfère à un second « mariage » qui a été « consolidé » et qui a également « de nouveaux enfants, avec une fidélité prouvée, un don de soi généreux, un engagement Chrétien » — mais qui est aussi « conscient de l’irrégularité de sa propre situation et une grande difficulté à faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes ». Comme exemple, François amène l'éducation des enfants qui appelle le couple « remarié » de rester étroitement ensemble comme couple. Alors que cet exemple a été amené à plusieurs reprises au cours deux dernières années, François ajoute une nouveauté dans sa note (329) à ce paragraphe :

« Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter « comme frère et sœur » que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis » (Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51). » [ ici, il est fait référence à la constitution du Concile Vatican II sur l'Église dans le monde moderne, Gaudium et Spes.]

Ce que cela signifie concrètement, c’est que le Pape envoie un message profondément troublant : ceux qui vivent dans l'état objectif de l'adultère (car ils sont encore sacramentellement et valablement mariés à leur conjoint réel, pas à la personne avec qui ils vivent) et ont des enfants de ce deuxième « mariage », ils sont tenus de rester essentiellement dans cette relation, en vivant comme mari et femme (qu’ils ne sont pas) et en continuant à se livrer à des actes appropriés seulement aux conjoints dûment mariés et, donc, qui sont des relations adultères dans leur nature. Dans le cas contraire, le Pape raisonne-t-il, leur nouvelle relation — et le bien-être des enfants impliqués — pourraient être mis en danger ! En cela, François sape l’enseignement moral Catholique à sa base et met les préoccupations supposément pratiques au-dessus du souci supérieur du salut des âmes.

Au paragraphe 299 du chapitre 8, qui traite en général des unions « irrégulières », François affirme également que les divorcés et « remariés » devraient être plus « intégrés » dans la vie de l'Église, « afin que non seulement ils sachent qu’ils appartiennent au Corps du Christ qu’est l’Église, mais qu’ils puissent en avoir une joyeuse et féconde expérience ». Il propose de supprimer » les formes d'exclusion » dans « les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel ».

Dans ce contexte, au paragraphe 300, François apporte cette notion d'un « processus responsable d'accompagnement et de discernement » avec l'aide du « for interne » dans lequel les divorcés « remariés » discernent leur situation particulière propre à l'aide d'un prêtre. « Discernement », « accompagnement pastoral » et « intégration » sont des mots clés ici. Dans ce contexte, le Pape appelle aussi à l'humilité, la discrétion, l'amour pour l'Église et son enseignement et pour la recherche de la Volonté de Dieu de la part de ceux prenant conseil avec un prêtre et il dit que :

« Ces attitudes sont fondamentales pour éviter le grave risque de messages erronés, comme l’idée qu’un prêtre peut concéder rapidement des “exceptions”, ou qu’il existe des personnes qui peuvent obtenir des privilèges sacramentaux en échange de faveurs ».

Cette question de l'accès aux sacrements pour les divorcés remariés est repris au paragraphe 305 :

« À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ».

A la fin de cette phrase, note 351 Précise : «Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles ».

Ces déclarations rappellent la substance de la proposition dite Kasper. La langage de l'Eucharistie comme n’étant « pas un prix » est quelque chose qu’à la fois Kasper et François ont utilisé dans des déclarations publiques sur ce sujet depuis que le processus Synode a commencé en 2014. Il n'y a pas de prescription spécifique que les divorcés « remariés » peut avoir accès aux Sacrements en cela, mais on voit l'ouverture d'une porte.

Le deuxième scandale majeur vient au paragraphe 301. Dans le contexte de la question de « discernement » pour les relations « irrégulières », François supprime l’affirmation que ceux qui ne vivent pas selon la loi de Dieu vivent en état de péché mortel ! Il dit :

« Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” » [est-ce que ça inclut les relations homosexuelles ?] vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante ». « Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les « valeurs comprises dans la norme [?] » ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute ».

Parmi d'autres facteurs atténuants à cet égard, le Pape mentionne « l'immaturité affective » et la « force de l'habitude acquise » et les « conditions d'anxiété », ainsi que d'autres « facteurs sociaux ou psychologiques » qui permettraient d'atténuer la culpabilité d'une personne.

Cette déclaration du Pape semble faire disparaître tout fondement moral sur la question du mariage et du divorce. Elle brise le fondement même de la loi morale et ouvre la porte à une approche laxiste et relativiste à la sainteté du mariage.

Pris dans son ensemble, nous voyons que le Pape prétend que les couples « remariés » qui ont des enfants devraient continuer à vivre comme « mari » et « femme » et ne devraient pas vivre « comme frère et sœur » et que toutes les relations « irrégulières » qui ne sont pas en conformité avec les lois de Dieu ne signifient pas nécessairement que les personnes vivant dans de telles situations sont dans un état de péché. De ce fait, le Pape ouvre aussi indirectement la porte à l'admission de toutes ces personnes aux Sacrements, et, en même temps, sape non seulement un, mais trois Sacrements : le Sacrement du mariage, le Sacrement de la Pénitence, et le Sacrement de la Sainte Eucharistie.

Il y a beaucoup plus dans ce document qui reste à déballer. Mais sur la base de ces points seulement, nous voyons le potentiel de danger grave pour les âmes des fidèles qui suivraient les conseils qui y sont inclus.

samedi 18 juillet 2015

Dix ans de « mariage gay » au Canada

Faut-il fêter ou pleurer ?





OTTAWA - Le 20 Juillet 2005 le mariage de même sexe devenait légal au Canada. Dix ans plus tard, le Canada a connu une érosion constante de la liberté religieuse et de la liberté de conscience, a subi des changements négatifs dans l'éducation sexuelle et les droits parentaux tout en voyant aussi un changement dans les droits de l'enfant selon plusieurs observateurs.

La Loi sur le mariage civil a été présentée comme une tentative d'équilibrer les droits de ceux qui prônent le mariage de même sexe avec ceux défendant le mariage traditionnel, mais de plus en plus de voix du second groupe sont marginalisées et même réduites au silence… plusieurs craignent.

Le fait de défendre le mariage traditionnel est « devenu rapidement un discours de haine maintenant », a déclaré Ray Pennings, le co-fondateur et vice-président du groupe de réflexion chrétienne Cardus. « Cette façon de pensée n’est pas basée sur des faits en termes de droit; c’est un mythe qui devient de plus en plus culturellement accepté ».

M Pennings dit qu’il y a 10 ans le Canada a connu un véritable débat sur le mariage, mais maintenant, la discussion a donné lieu à un climat de poursuites, à une perte de la liberté religieuse et, potentiellement, à la perte de l'exonération d'impôt pour les institutions qui ne parviennent pas à passer le nouveau « test d’orthodoxie pour la laïcité à savoir que, sans une pleine affirmation des droits des LGBT (Lesbiennes- Gay- Bisexuels – Transgenres) en tant que bien public, c’est considéré suffisant pour vous disqualifier d’une pleine participation publique ».

« C’est un temps assez préoccupant », a convenu l'avocat constitutionnel Iain Benson. « Je me demande un peu si les principes de diversité et du respect des différences qui font clairement partie du cadre de la Loi sur le mariage civil se mettront en marche pour nous faire survivre à l'assaut implacable de l'homogénéisation ».

Un exemple type pour Benson concerne l’Université Trinity Western (TWU) qui est une école chrétienne privée qui demande aux élèves et aux professeurs de signer un engagement de comportement qui comprend l'abstention de rapports sexuels en dehors du mariage traditionnel. Cette université a l'intention de lancer une école de droit, mais plusieurs barreaux ont déjà décrété inéligibles leurs diplômés à pratiquer le droit dans leurs provinces.

M Benson affirme que le cas de l’Université Trinity Western représente une « attaque de grande envergure sur une institution à dimension privée et publique », une « guerre de culture à grande échelle ».

Le Président de la Ligue Catholique des Droits Civils, M Phil Horgan voit aussi le cas de l’Université Trinity Western comme une illustration de ce qui arrive quand le mariage de même sexe est imposé dans une culture. Avec l'état qui s’introduit maintenant dans l'éducation religieuse des institutions, s’introduira-t-il après dans l’enseignement à la maison ?

« Ce ne sont pas des avancées modestes » dit-il. « Il en va de la notion de l'autonomie de la famille et si elle aura place dans la société civile pour maintenir de telles notions au charme désuet qu’est le mariage traditionnel ».

Tous les points de vue dissidents qu'ils soient fondés sur la religion ou non sont menacés, a dit Benson.

Dans la dernière décennie, les commissaires aux mariages provinciaux ont perdu leur emploi pour avoir refusé d'officier des mariages de même sexe ; le chapitre des Chevaliers de Colomb a été contraint de payer une amende après avoir refusé de laisser sa salle à être utilisée pour une célébration de même sexe. Christian Horizons, un organisme de bienfaisance de l'Ontario qui se soucie des adultes ayant une déficience intellectuelle, a dû abandonner son code de moralité après qu’une employée lesbienne l’ait contesté.

La redéfinition du mariage a créé « ce qui équivaut à une institution complètement différente », a déclaré Douglas Farrow, professeur à l'Université McGill de l’organisme Pensée Chrétienne (Christian Thought). M Farrow estime que la famille biologique naturelle était le rempart naturel au pouvoir de l’État, mais en redéfinissant le mariage à deux personnes quelconque, même si ce sont de même sexe, ça a comme « effet de priver de leurs droits l'unité de la famille naturelle en tant qu’élément de retenue sur l'état et sur le pouvoir de l'État sur le citoyen ».

Il dit que le processus a commencé il y a plus de 10 ans.

« Il n’aurait jamais été pensable d’en arriver au mariage de même sexe sans avoir d'abord embrassé une approche contraceptive au sexe et une approche aux mariages successifs — le divorce et la culture du remariage » dit-il.

La montée de la transsexualité est un autre exemple d'une société en mutation.

« Nous nous éloignons de traiter le corps comme élément essentiel à la nature même de l'être humain et nous nous engageons à le considérer comme quelque chose de vraiment accessoire et sujet à manipulations » a déclaré Mia Farrow.

Mde Margaret Somerville, éthicienne de l'Université McGill, a dit que sa préoccupation n’était jamais avec les adultes et leurs relations mais avec les droits des enfants. Il y a une nécessité pour la société d'avoir une norme de base de la famille composée d'une mère et d’un père qui sont les parents biologiques des enfants et que les enfants grandissent dans la structure de la famille immédiate de la mère, du père, des frères et sœurs et de leur famille élargie, a-t-elle dit. Il y aura toujours des exceptions, mais « il y a une différence si les exceptions restent des exceptions ou bien que les exceptions deviennent la règle ».

Les tenants du mariage homosexuel affirment qu'il n'y a pas de différence pour un enfant d'être élevé par sa mère et son père biologiques ou par deux parents du même sexe.

Pour Mde Gwen Landolt, vice-présidente national de REAL Women of Canada, le développement le plus problématique dans le sillage du mariage de même sexe est son impact sur l'éducation et « l'enseignement de l'homosexualité dans les écoles ».

« La Loi sur le mariage civil a été adoptée sur la base que les relations homosexuelles sont égales aux relations hétérosexuelles » a dit Mde Landolt.

« Maintenant ils enseignent cela dans les écoles. Ça a conduit à l'endoctrinement homosexuel dans le système scolaire ».


SOURCE : écrit par Deborah Giapong,The Catholic Register