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vendredi 22 juin 2018

Le Cardinal Burke s'adressera à la conférence
qui sera en parallèle à la controversée Rencontre Mondiale des Familles



Par : Doug Mainwaring

Jeudi le 14 juin 2018 - 11:25 am EST
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SOURCE : Life Site News






DUBLIN, le 22 juin 2018 (Life Site News) — Une « Conférence des Familles Catholiques » organisée par les laïcs en même temps que la « Rencontre Mondiale des Familles » organisée par le Vatican présentera quelques-uns des Prélats les plus fervents à défendre la pérennité de enseignement de l'Église sur le Mariage et la Famille.

La liste des conférenciers à la conférence organisée par l'Institut Lumen Fidei, du 22 au 23 août, comprend le Cardinal Raymond Burke ( via vidéo en direct ), Mgr Athanasius Schneider, le Père Thomas Weinandy, le Dr Robert Royal, Edward Pentin, pour n'en nommer que quelques-uns. Les deux conférences auront lieu à Dublin.

La Conférence des Familles Catholiques a été organisée en réponse à une poussée très peu subtile des questions LGBT à la Rencontre Mondiale des Familles ( RMF ).

« Jamais auparavant, dans l'histoire de l'humanité, les gouvernements et les États n'ont cherché à faire croire que les hommes peuvent épouser des hommes et que les femmes peuvent épouser des femmes. Il y a des Cardinaux, des Évêques et des Prêtres Catholiques qui remettent en question des questions de Doctrine Catholique établie au nom d'une fausse pastorale » a déclaré un communiqué de presse sur l'événement.

Plus tôt cette année, les organisateurs de la Rencontre Mondiale des Familles ont été contraints d'enlever des images de couples de même sexe ainsi que des textes pro-homosexuels d'un livret destiné à préparer les Familles Catholiques pour cette rencontre.

Le mois dernier, dans ce qui est considéré comme un geste envers le mouvement LGBT, les organisateurs de la Rencontre Mondiale des Familles ont commencé à solliciter spécifiquement des volontaires de diverses « communautés et origines » pour participer. Les critiques disent que cette sollicitation signalait la promotion LGBT.

Plus récemment, il a été annoncé que le Père James Martin, le prêtre Jésuite qui utilise ses grands médias sociaux pour plaider en faveur de l'adoption de l'homosexualité par l'Église Catholique, avait accepté l'invitation du Vatican à prendre la parole à la Rencontre Mondiale des Familles.

La présentation du Père Martin, intitulée « Explorer comment les paroisses peuvent soutenir ces familles avec des membres qui s'identifient comme LGBTI + », est peut-être la première instance du Vatican qui nie apparemment la réalité qu'il n'y a que deux genres. Le Pape François devrait assister à la conférence.

Anthony Murphy, directeur de l'Institut Lumen Fidei et organisateur de la conférence parallèle, a déclaré que la conférence des laïcs était « notre contribution et notre soutien à la Rencontre Mondiale des Familles » à une époque où « il y a tellement de confusion dans l’Église » sur les enseignements sur le Mariage et la Famille, a rapporté le site The Tablet du Royaume-Uni.

« Nous pensons que le meilleur service que nous puissions donner est d'essayer d'expliquer les beaux enseignements de l'Église d'une manière claire, ouverte et directe », a ajouté M. Murphy.

Murphy a commenté la participation du Père James Martin qui donnera une conférence pro-LGBT à la Rencontre Mondiale des Familles.

« Je pense que tout Catholique fidèle serait profondément déçu d'avoir quelqu'un qui a causé tant de confusion avec ses diverses interventions et tant de mal au corps de l'Église par cette confusion » a-t-il dit, selon le rapport de The Tablet.

« J'ai parlé à de nombreux membres du clergé en Irlande, en Amérique et en Angleterre qui ne peuvent pas croire qu'un tel homme serait invité avec l'approbation du Vatican » a poursuivi Murphy. « Tout ce que nous pouvons dire, c'est que cet homme ne représente pas l'enseignement de l'Église et qu'il est fortement influencé par le lobby homosexuel anti-Catholique

Alors que le thème de la Rencontre Mondiale des Familles est basé sur l'Exhortation Apostolique du Pape François, Amoris Laetitia, les présentations à la Conférence alternative des Familles Catholiques seront fondées sur la grande Encyclique du Pape Pie XI, « Casti Connubii », publiée après l'attaque de la Conférence de Lambeth sur le Mariage à partir de 1930. La conférence de Lambeth a permis l'utilisation de contraceptifs contraires aux enseignements traditionnels et pérennes de toute la Chrétienté. En réponse, le Pape Pie XI s'est élevé à la défense du Mariage Catholique et de la vie Familiale.

« Le Mariage et la vie de Famille Catholiques sont attaqués comme jamais auparavant dans l'histoire de l'humanité, peut-on lire sur le site Internet de l'organisation. « L'Institut Lumen Fidei, comme les anciens Maccabées, appelle les Catholiques à se lever et à défendre le Mariage Catholique traditionnel et la vie Familiale ».

La Conférence des Familles Catholiques mettra en vedette des Catholiques Orthodoxes, dont :

  • L'Évêque du Kazakhstan, Athanasius Schneider, a déclaré que les Catholiques doivent combattre les maux d'aujourd'hui, y compris le mal de l'hérésie dans l'Église.

  • Le Cardinal Raymond Burke, Archevêque Émérite de Saint-Louis et membre de la Signature Apostolique, est l'un des quatre signataires des dubia. Il a observé que le Pape François « augmente la confusion » dans l'Église ( via la vidéo en direct ).

  • Le Père Thomas Weinandy, membre de la Commission Théologique Internationale du Vatican, qui a écrit au Pape François, affirmant que son pontificat est marqué par une « confusion chronique » et qu'il enseigne avec « un manque de clarté apparemment intentionnel ».

  • Le Dr Gerard van den Aardweg, psychologue et psychanalyste Néerlandais, est l'un des plus grands spécialistes de l'homosexualité, de la pédophilie et des homosexuels au sein du clergé Catholique.

  • Le professeur Stéphane Mercier ; licencié de l'Université Catholique de Louvain en Belgique pour sa position contre l'avortement et l'idéologie du genre.

  • John Smeaton, directeur de la Société Britannique pour la Protection des Enfants à Naître (SPUC), avec une histoire de plus de 40 ans dans le travail pro-vie.

  • Dr. Robert Royal, fondateur et président de l'Institut Faith & Reason à Washington, DC et éditeur de The Catholic Thing.

  • John-Henry Westen, co-fondateur et rédacteur en chef de Life Site News et cofondateur de Voice of the Family.

  • Edward Pentin, correspondant à Rome du National Catholic Register.

La Conférence des Familles Catholiques aura lieu à l'Hôtel Ballsbridge de Dublin, du mercredi 22 au jeudi 23 août 2018. L'inscription préalable est disponible en ligne.

mercredi 30 mai 2018

Conférence de Roberto de Mattei...

La révolte contre Humanae Vitae
continue de nous hanter aujourd'hui




Par : Roberto de Mattei, vaticaniste
Corrispondenza Romana

Le 25 mai 2015
SOURCE : Life Site News

Traduction de l'Italien vers l'Anglais :
Contributeur : Brendan Young


Note de l'éditeur : ci-dessous, nous publions le texte intégral d'une conférence récente donnée par l’ Historien Italien et Président de la Fondation Lepanto, le Professeur Roberto de Mattei, sur les racines des tentatives actuelles de renversement d’Humanae Vitae. L'exposé a été livré le lundi 21 mai à Rome, au premier rassemblement officiel de l'Académie Jean-Paul II pour la Vie Humaine et la Famille.




La révolte contre Humanae Vitae
continue de nous hanter aujourd'hui

par Roberto de Mattei

ROME, le 25 mai 2018 ( Life Site News ) — Comme en 2017, l’année 2018 est aussi une année riche en anniversaires importants et significatifs dont nous devons nous souvenir, car les racines du présent se trouvent dans le passé.

L'anniversaire le plus connu n'a pas besoin d'explication ; une date suffit : en 1968, la révolution étudiante qui commence à Berkeley explose à la Sorbonne et s'étend à toute l'Europe.

La Révolution de 1968 n'était pas une révolution politique. C'était une révolution culturelle. Roger Kimball a consacré un livre intéressant à ce sujet : La Longue Marche. Comment la Révolution Culturelle des années 1960 a changé l'Amérique.[1] « Une révolution culturelle » observe Kimball, « quelles que soient les ambitions politiques de ses architectes, résulte d'abord dans une métamorphose des valeurs et de la conduite de la vie ». [2]. Mais 1968 devrait être rappelé pour une autre raison. Le 25 juillet de cette année, l'Encyclique Humanae Vitae de Paul VI fut promulguée, ce qui, d'une certaine manière, constitue l'antithèse de l'esprit révolutionnaire de 1968.

L'essence de la révolution étudiante a été trouvée dans le slogan : « Il est interdit d'interdire ». Ce slogan exprime le rejet de toute autorité et de toute loi, au nom d'une libération des instincts, des besoins et des désirs. Interdit d'interdire signifie : tout est permis. La liberté sexuelle et les drogues étaient les deux ingrédients pour affirmer cette nouvelle philosophie de vie.

Humanae Vitae, en réitérant la condamnation de l'avortement et de la contraception, a rappelé que tout n'est pas permis, qu'il existe des lois morales absolues et immuables et qu'une autorité suprême existe, l'Église, qui a le droit et le devoir de proposer ce qui est bon et d’interdire ce qui est mal, c'est-à-dire ce qui est contraire à la Loi Divine et Naturelle.

Mais les racines du déni de la loi naturelle remontent plus loin dans le temps. Et je souhaite rappeler un autre événement dont l'anniversaire n'est pas remarqué mais qui est à l'origine des anniversaires que nous avons mentionnés. C'est un événement qui a eu lieu au sein de l'Église, au cours du Concile Vatican II. Il s'est produit à Rome, dans l'Assemblée Conciliaire, le 29 octobre 1964. Je le rappelle pour que nous puissions mieux comprendre l'existence de la connexion entre deux révolutions parallèles : la Révolution Culturelle de 1968 et la Révolution Ecclésiastique qui a explosé la même année, sous la forme d'une opposition à Humanae Vitae.

À ce stade, nous devons nous rappeler ce qui était et est toujours la Doctrine de l'Église sur le Mariage.

Le Mariage, selon le Magistère de l'Église, est une institution unique et indissoluble, destinée par Dieu à la propagation du genre humain.

Selon la Doctrine de l'Église, il y a trois fins au mariage : et qui ne sont pas au même niveau, mais ordonnées.

La première fin est la procréation, qui ne signifie pas seulement amener des enfants dans le monde, mais les former intellectuellement, moralement et surtout spirituellement, pour les guider vers leur destinée éternelle, qui est le Ciel.

La seconde fin est l'entraide des époux, qui n'est pas seulement une aide matérielle et qui n'est pas seulement une compréhension sexuelle ou romantique, mais qui implique avant tout une aide et une compréhension spirituelles.

La troisième fin est le remède à la concupiscence, qui est une conséquence du péché originel, mais qui ne doit pas être confondue avec le péché. Luther a soutenu que la concupiscence, en soi, est un péché et qu’il est insurmontable. Mais le Concile de Trente distingue le péché originel, qui blesse tous les hommes, et la concupiscence qui subsiste dans l'homme après le Baptême, et n'est pas un péché en soi, mais seulement un penchant au péché ; pas irrésistiblement, parce que l'homme peut surmonter ce penchant par la bonne volonté et la Grâce Divine.

Que la fin propre du mariage soit la propagation de la race humaine est attestée par le passage de la Genèse (1:28) : « Croissez et multipliez-vous » .

La vision de l'Église sur la question de la régulation des naissances a toujours été restrictive, car la Sainte Écriture dit : «Croissez et multipliez-vous ». Don Pietro Leone observe à juste titre que « multiplier, au sens commun du terme, signifie multiplier un facteur par plus grand que un de sorte qu'il exclut le maintien du statu quo, ce qui serait fait en ayant seulement deux enfants ». [3]

En pratique, cela signifie qu'une famille devrait normalement avoir au moins trois enfants.

Le professeur Ettore Gotti Tedeschi a démontré dans de nombreux écrits que l'une des causes de la crise économique actuelle est l'effondrement démographique, et l'effondrement démographique provient précisément du fait que le nombre moyen de naissances est inférieur à un taux de deux pour un qui est le seul taux qui permettrait la croissance de la population. [4] Avec une moyenne de deux enfants ou moins par couple, la population va diminuer et aller vers l'extinction. [5] Gotti Tedeschi dit que la croissance économique correspond à la croissance démographique, mais j'ajouterais qu’il en va de même pour la croissance spirituelle parce que le fait d’avoir de grandes familles signifient un esprit de sacrifice, et l'esprit de sacrifice est un facteur de développement spirituel et moral parce qu’il implique l'existence de principes et de valeurs pour lesquels on vit et, si nécessaire, on meurt.

Une des dernières allocutions de Pie XII fut un discours aux familles nombreuses, prononcé le 20 janvier 1958 :

Seule la lumière divine et éternelle du christianisme illumine et vivifie la famille de telle sorte que, soit à l'origine, soit dans le développement, la famille nombreuse est souvent prise comme synonyme de famille Chrétienne. Le respect des lois divines lui a donné l'exubérance de la vie ; la foi en Dieu fournit aux parents la force nécessaire pour affronter les sacrifices et les renoncements qu'exige l'éducation des enfants ; l'esprit Chrétien de l'amour veille sur l'ordre et sur la tranquillité, en même temps qu'il prodigue pour ainsi dire en les dégageant de la nature les intimes joies familiales, communes aux parents, aux enfants, entre frères.

Extérieurement aussi, une famille nombreuse bien ordonnée est comme un sanctuaire visible : le sacrement du baptême n'est pas pour elle un événement exceptionnel, mais renouvelle plusieurs fois la joie et la grâce du Seigneur. La série des joyeux pèlerinages aux fonts baptismaux n'est pas encore terminée que commence, resplendissante d'une égale candeur, celle des confirmations et des premières communions. A peine le plus petit des enfants a-t-il déposé son petit vêtement blanc parmi les plus chers souvenirs de sa vie qu'apparaît déjà le premier voile nuptial, qui réunit au pied de l'autel parents, enfants et nouveaux parents. Comme des printemps renouvelés, d'autres mariages, d'autres baptêmes, d'autres premières communions se succéderont, perpétuant pour ainsi dire dans la maison les visites de Dieu et de sa grâce.

Cette Doctrine a été exprimée dans le schéma [ Schéma = guide de discussion préparé par des experts sur des thèmes spécifiques en vue d’en débattre lors du Concile ] sur le mariage et la famille approuvé par Jean XXIII [6] en juillet 1962, à la veille de l'ouverture du Concile Vatican II. Ce schéma sera plus tard rejeté par les Pères du Concile. Mais une nouvelle philosophie de vie avait fait des progrès dans les cercles Catholiques sous l'afflux de nouveaux courants intellectuels séculaires, comme l’École de Francfort, dans laquelle le Marxisme et la Psychanalyse se fusionnaient. Cette nouvelle philosophie de vie Catholique tendait à écarter l'idée d'une loi naturelle absolue et objective et à la contrecarrer avec la valeur de la personne humaine, en attribuant une valeur normative à la conscience individuelle. La conscience a perdu son point de référence, qui était la Loi Naturelle et Divine, et elle-même est devenue la norme établie de l'action humaine.

En 1960, en Amérique, la fameuse pilule du Docteur Gregory Pincus (1903-1967) a été commercialisée. Pincus a travaillé sur la fertilisation [ in vitro ] depuis les années 1930 et avait été remercié de l'Université Harvard pour son manque de scrupules dans la recherche ( ils l'avaient surnommé le Docteur Frankenstein ), mais ses projets ont commencé à se réaliser dans les années 50 grâce au soutien décisif de la militante féministe Margaret Sanger. [7] La naissance et la commercialisation du premier contraceptif oral, Enovid, la célèbre pilule du Dr. Pincus, ont marqué un tournant historique. Dans son livre La naissance de la pilule : comment quatre croisés ont réinventé le sexe et lancé une révolution ] , Jonathan Eig attribue la naissance et la propagation de la pilule à quatre « croisés » : la star féministe Margaret Sanger, le scientifique iconoclaste Gregory Goodwin Pincus (1903-1967), le docteur Catholique John Rock (1890-1984), « et le fournisseur de l'argent derrière tout cela » , Katharine McCormick (1875-1967).

La science a rendu possible la contraception artificielle et, dans ces mêmes années, un groupe de théologiens Progressistes a vu dans cette innovation scientifique l'occasion de changer la morale Catholique sur le mariage. La nouvelle morale Progressiste avait comme un de ses centres l’Université de Louvain, dont le protecteur était le Cardinal Primat de Belgique, Leo Joseph Suenens.

Discours de Suenens

Un grand nombre des nouveaux théologiens étaient des experts Periti, à savoir qu’ils ont aidé les Pères du Concile. Et le 29 octobre 1964, tous les Pères Conciliaires attendaient le discours du Cardinal Suenens.

Suenens, alors âgé de soixante ans, était le protagoniste incontesté de Vatican II. Le Cardinal Suenens était un jeune Cardinal de Bruxelles qui, juste après son élévation au Cardinalat, se précipita à Rome pour exhorter Jean XXIII à donner un caractère pastoral au Concile, à adapter l'Église au monde moderne et à permettre la collaboration avec les Églises Protestantes et Orthodoxes. Ce fut Suenens qui, au début du Concile, établit un pacte blindé avec Mgr Helder Câmara, Évêque Auxiliaire de Rio, plus tard Archevêque de Recife, qui communiqua avec lui en utilisant un code secret, l'appelant « Père Miguel ».

Suenens a été l'homme choisi pour guider les quatre « modérateurs » du Concile : un poste clé qu'il occupera pendant trois ans.

À cette époque, deux commissions de l'Église travaillaient sur la famille et le mariage. La première était la commission qui a préparé la Constitution Gaudium et Spes. La seconde était une commission ad hoc, que Suenens a suggérée à Jean XXIII pour étudier le problème du contrôle des naissances. Cette commission, formée secrètement en 1963 et rendue publique par Paul VI en 1964, était composée de membres triés sur le volet par Suenens qui ont gardé un contact étroit avec lui.

Suenens a pris la parole et, se référant à la commission ad hoc, a déclaré :

La première tâche de ce comité réside dans le cadre de la Foi et doit consister en ceci : vérifier si nous avons suffisamment mis en évidence tous les aspects de l'enseignement de l'Église sur le mariage. (...) Il se peut que nous ayons surestimé les Paroles de l'Écriture : « Croissez et multipliez-vous » jusqu'à laisser dans l'ombre les autres Paroles Divines, à savoir : « Et les deux ne feront qu’une seule chair ». (...) Il appartiendra à la Commission de nous dire si nous n'avons pas trop insisté sur le but premier, qui est la procréation, au détriment d'un objectif tout aussi impératif, à savoir la croissance de l'unité conjugale. De même, il appartiendra à la Commission de répondre à l'immense problème posé par l'explosion démographique et la surpopulation actuelles dans de nombreuses parties du monde. (...) La deuxième tâche de la Commission se situera dans la ligne des progrès scientifiques et dans une connaissance plus approfondie de l'éthique naturelle. La Commission devra examiner si la Doctrine Traditionnelle, en particulier dans les manuels, tient suffisamment compte des nouvelles données de la science actuelle. Nous avons progressé depuis Aristote et nous avons découvert la complexité de la réalité dans laquelle la biologie interfère avec la psychologie, le conscient avec le subconscient. De nouvelles possibilités sont constamment découvertes chez l'homme, dans son pouvoir de diriger le cours de la nature (...) Qui ne voit pas que de cette manière nous serons peut-être amenés à approfondir la recherche sur le problème de ce qui est pour ou contre la nature ? Suivons les progrès de la science. Je vous en prie, Frères, évitons un nouveau « procès Galilée ». Un est assez pour l'Église. [8]

Aux derniers mots du Cardinal Suenens, des applaudissements tonitruants ont éclaté dans le hall. L'Évêque Helder Câmara raconta dans sa correspondance que Suenens lui-même l'avait chargé d'organiser la « claque ». [9] Et Helder Câmara, a commenté :

« Il a dit tout ce que l'on pouvait rêver d'entendre concernant le contrôle des naissances, et ceci inclut le courage d'affirmer — lui, un Cardinal de la Sainte Église, un modérateur du Concile — dans La Basilique de Saint-Pierre : « Ne répétons pas le procès de Galilée ! » [10]

En écoutant son discours, le Cardinal Ruffini ne pouvait pas se contenir et pilonnait sa table d’indignation et, deux jours plus tard, il parla au Cardinal Cicognani, le Secrétaire d'État, qualifiant les paroles de Suenens d'« horribles » et demandant son retrait comme modérateur.

Paul VI, qui ne partageait pas les positions Progressistes sur les questions morales, était perplexe et dans une audience turbulente avec Suenens, l’a grondé pour son manque de jugement.

Qu'avait dit Suenens qui était si révolutionnaire ?

Il a attaqué le concept traditionnel du mariage, selon lequel, la première fin du mariage est celle de la procréation, affirmant que le but principal était plutôt que « les deux ne fassent qu’une seule chair ». Le mariage n'était pas présenté comme un lien ou un engagement enraciné dans la nature et dédié à la propagation de la race humaine, mais comme une communion intime entre les époux, ayant pour fin leur amour réciproque.

Nous passons d'une définition théologique et philosophique à une définition psychologique du mariage. Mais si le mariage est réduit à une communion d'amour, le contrôle des naissances — naturel ou artificiel, selon le cas — est vu comme un bien et est encouragé au nom de la «parentalité responsable », dans la mesure où il contribue à renforcer l'union conjugale. Il est clair que, lorsque cette communion intime échoue, le mariage se dissout.

L'inversion des fins s'accompagne de l'inversion des rôles au sein du mariage. Les grandes familles impliquent une notion de la valeur du sacrifice, mais maintenant l'idée du sacrifice est supprimée. Le bien-être psycho-physique de la femme se substitue à sa mission de maternité. La naissance d'un enfant est perçue comme quelque chose qui perturbe l'équilibre de la famille. L'enfant est perçu comme un agresseur injuste, à défendre par la contraception et, dans les cas extrêmes, par l'avortement. Au « croissez et multipliez-vous », Suenens fait contrepoids en disant : il faut réduire les naissances au nom de la science parce que la science offre les moyens de le faire. Qu’est-ce que ça signifie ? Ça signifie la pilule contraceptive, qui a conduit à une autre pilule : la pilule abortive qui est présentée comme un contraceptif même si c'est une forme d'avortement chimique.

Qu'est-ce que les deux pilules combinent ? Non seulement le refus des naissances mais aussi une révolution privée. Elles sont l'accomplissement du slogan de 1968 : « Ce qui est personnel est politique ». L'avortement a besoin de structures publiques, de l'approbation et du soutien de l'État : la pilule, respectivement contraceptive ou abortive, est laissée à la conscience. Une fausse conscience qui néglige la Loi Naturelle.

Le travail de la Commission après le Concile

Vatican II a fermé ses portes, mais une grande partie des Pères Conciliaires, des Évêques qui s’en sont retournés dans leurs diocèses, ont suivi les idées de Suenens qui ont été promues par les médias dans le monde entier. Pendant ce temps, la commission qui étudiait la pilule a continué son travail. Paul VI avait des idées Progressistes dans les domaines liturgiques et politico-sociaux, mais pas dans le domaine de la morale, et ne partageait pas les positions des théologiens Progressistes qui favorisaient la contraception. Pour forcer la situation et mettre la pression des médias sur le Pape, en avril 1967, le lobby Progressiste a divulgué la rumeur selon laquelle la commission avait décidé de couler l’information qu’elle autorisait la contraception aux principaux services de presse des médias internationaux. La croyance que Paul VI avait changé la Doctrine de l'Église sur le contrôle des naissances s'est répandue dans l'opinion publique. Cela est dû en partie au fait que, presque partout, la planification familiale a été présentée comme une nécessité pour le monde moderne et que la pilule contraceptive a été présentée comme un instrument de « libération » des femmes.

Après plusieurs mois d'indécision déchirante, le 25 juillet 1968, Paul VI a publié l'Encyclique Humanae Vitae. [11] Dans ce document, contrairement à l'avis de la majorité des experts qu'il avait consultés, le Pape a réaffirmé la position traditionnelle de l'Église sur la contraception artificielle avec ces mots très clairs :

Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation (16). Et on ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l'unique et identique bonté morale. (n ° 14)

Paul VI s'est exprimé avec Humanae Vitae d'une manière que les théologiens jugeraient infaillible et donc, immuable, parce qu'il a réaffirmé une Doctrine toujours enseignée par le Magistère pérenne de l'Église.

Protester Humanae Vitae

Les paroles de Paul VI ont été incapables d'éteindre l'incendie qui s'était propagé pendant des mois à travers l'Europe : l'incendie de mai 1968 en France. C'est dans cette atmosphère chaude que la protestation contre Humanae Vitae s’est développée.

Quelques jours plus tard, le 30 juillet 1968, sous le titre Contre l'Encyclique du Pape Paul, le New York Times a lancé un appel signé par plus de 200 théologiens qui invitaient les Catholiques à désobéir à l'Encyclique de Paul VI [54]. Cette déclaration, également connue sous le nom de « Déclaration de Curran » ( le nom de l'un de ses promoteurs, Charles Curran, théologien de l'Université Catholique d'Amérique ), était quelque chose qui n'avait jamais été vue dans toute l'histoire de l'Église. Le fait exceptionnel est que le différend n'était pas seulement entre les théologiens et les prêtres, mais aussi entre certains Épiscopats, y compris, tout en premier, l‘Épiscopat Belge dirigé par le Cardinal Primat Leo Suenens. La Déclaration de l'Épiscopat de Belgique sur l'Encyclique Humanae Vitae du 30 août 1968 était, avec celle de l'Épiscopat Allemand, l'un des premiers projets élaborés par une Conférence Épiscopale et a servi de modèle de rébellion pour d'autres Épiscopats.

Un groupe de protagonistes du Concile, opposés à l'Encyclique de Paul VI, y compris les Cardinaux Suenens, Alfrink, Heenan, Döpfner et König, se sont réunis à Essen pour décider de leur opposition à Humanae Vitae le 9 septembre 1968, au cours du Katholikentag d'Essen, en présence du Légat Pontifical, le Cardinal Gustavo Testa, une écrasante majorité a voté une résolution pour réviser l'Encyclique.

En 1969, neuf Évêques Néerlandais, dont le Cardinal Alfrink, ont voté pour la soi-disant Déclaration d'indépendance, qui a invité les fidèles à rejeter l'enseignement de Humanae Vitae. À la même occasion, le Conseil Pastoral Néerlandais, avec l'abstention des Évêques, a soutenu le Nouveau Catéchisme, refusant les corrections suggérées par Rome et appelant l'Église à rester ouverte aux « nouvelles approches radicales » sur les questions morales, qui n'étaient pas mentionnées dans la motion finale, mais qui émergeaient du travail du Concile, comme les relations prénuptiales, les unions homosexuelles, l'avortement et l'euthanasie. Cette demande était cohérente avec le rôle de la sexualité reconnu par la théologie Progressiste : à savoir, un instinct que les hommes n'ont pas à supprimer par ascèse mais plutôt à « libérer » en trouvant dans le sexe une forme de « réalisation » de la personne humaine.

« En 1968 », se rappelle le Cardinal Francis J. Stafford, « quelque chose de terrible est arrivé dans l'Église. Dans le sacerdoce ministériel, parmi les amis, des fractures se sont produites partout, qui ne seraient plus jamais guéries, ces blessures continuent à affliger toute l'Église ». [12]

Paul VI a été presque traumatisé par le conflit, qui a émergé de certains des personnages principaux du Concile qui étaient les plus proches de lui. Et dans les dix années suivantes Humanae Vitae , il n'a publié aucune autre Encyclique, après en avoir publié sept entre 1964 et 1968.

C'était aussi en 1968 que Paul VI, dans une allocution au Séminaire Lombard le 7 décembre, a parlé de l’auto-démolition de l'Église, c'est-à-dire d'un processus qui a secoué et détruit l'Église de l'intérieur. Il y a une relation entre l'auto-démolition de la société provoquée par les protestations des étudiants et l'auto-démolition de l'Église provoquée par les protestations des ecclésiastiques.

Le monde Catholique

Humanae Vitae était incapable d'arrêter les conséquences de '68. En Italie, le mouvement féministe et le parti radical, avec le soutien des médias, ont pu imposer la légalisation du divorce, de l'avortement et des nouveaux droits de la famille. Les lois sur les unions civiles et les testaments biologiques (Disposizioni anticipate di trattamento — DAT) signifiant le soi-disant mariage homosexuel et l'ouverture à l'euthanasie, sont les dernières expressions de cette voie à l'anéantissement de la loi morale, qui est l'anéantissement de la société.

C'est la classe dirigeante Catholique qui a approuvé ces lois voulues par la gauche laïque. La loi sur le divorce a été promulguée le 1er décembre 1970 sous le gouvernement Chrétien Démocrate, présidé par le Catholique Emilio Colombo ; la loi sur l'avortement du 22 mai 1978 a été signée par le Président du Conseil, Giulio Andreotti ; tout comme les Unions Civiles ont été légalisées dans l'État Italien le 20 mai 2016 sous le gouvernement du « Catholique » Matteo Renzi , de même que les testaments biologiques (DAT) le 20 décembre 2017 sous le gouvernement du « Catholique » Paolo Gentiloni. Aucun de ces Présidents « Catholiques » du Conseil n'a ressenti le besoin moral de démissionner plutôt que de signer ces choses dans des lois nationales, en contradiction flagrante avec les principes de la loi naturelle.

Cela s'est produit parce que la Révolution Culturelle de 1968 a été précédée et accompagnée, dans les années du Concile Vatican II et de l'ère postconciliaire, par le processus d'auto-démolition de l'Église qui désarmait psychologiquement les Catholiques, les poussant à dialoguer, à embrasser et à s'abandonner aux déviations morales du monde moderne.

La première université à être occupée par les étudiants fut l'Université Catholique de Milan, le 17 novembre 1967. Mario Capanna, de l'Université « Catholique » de Milan, se souvient : « Nous avons passé des nuits à étudier et à débattre concernant ceux qui étaient considérés comme les théologiens de pointe : Rahner, Schillebeeckx, Bultmann (...) avec les documents du Concile » . [13]

Autre représentant de la « lutte continue » de ces années, Paolo Sorbi, l'acteur clé du « Centre du Carême » a écrit sur les marches de la Cathédrale de Trente : « Nous étions les interprètes de la pensée du Père Milani, du Père Mazzolari, du Père Balducci et du Père Camillo Torres. Des personnes qui nous ont transmis le rêve d'une utopie que nous avons cherché à réaliser sur terre. Maintenant, les paroles sont comme des pierres. Nous avons pris ces paroles au sérieux, nous les avons radicalisées ». [14]

J'avais vingt ans en 1968. Je l'ai vécu, je l'ai combattu, je suis témoin de la politique d'abandon par les hommes de l'Église, d'abord en matière de divorce, puis d'avortement.

Parmi mes souvenirs, une rencontre que j'ai eue, grâce au Professeur Wanda Poltawska, qui était très proche de Jean-Paul II, le 22 mai 1980 avec Agostino Sanfratello, Giovanni Cantoni et avec Mgr Achille Silvestrini, Secrétaire du Conseil des Affaires Publiques de l'Église. Silvestrini avait succédé au Cardinal Agostino Casaroli en 1973, dans le rôle de Secrétaire du Conseil des Affaires Publiques de l'Église. Il était un proche collaborateur de Casaroli, mais surtout un « fils spirituel » de Mgr Salvatore Baldassari, Archevêque de Ravenne, rétrogradé par Paul VI pour son ultra-Progressisme.

Au cours de la réunion, nous avons exprimé l'urgence d'un référendum abrogatif sur la loi sur l'avortement, soutenu par la coopération indispensable d'au moins une partie adéquate des Évêques Italiens, dans le but de recueillir les 500 000 signatures nécessaires. L'Évêque Silvestrini, d'un ton mielleux, nous a contredit avec sa considération sur l'importunité d'un tel référendum anti-avortement, car cela aurait causé, selon son expression, une « contre-catéchèse » préjudiciable sur l'avortement, dans le sens où face à la position anti-avortement des Catholiques, les pro-avorteurs intensifieraient leur zèle en faveur de l'avortement. Mais le monde Catholique — avons-nous déclaré à l'Évêque — n'est-il pas déjà soumis à une agression croissante des avorteurs ? Et si défendre la vérité et faire le bien est l'occasion d'une contre-catéchèse, aurions-nous alors besoin de nous abstenir de proclamer la vérité et de faire le bien ? Mgr Silvestrini a observé comme une deuxième raison de son importunité, la défaite encore pesante du référendum contre le divorce. Mais n'était-il pas vrai — avons-nous répondu — que la bataille a été perdue parce qu'elle n'a pas été combattue de manière adéquate et généreuse ? Et si le souvenir d'une telle défaite était amer, le souvenir de l'inertie dont il était la cause ne serait-il pas encore plus amer ?

Mgr Silvestrini a déclaré que « le parti, aussi » ( il faisait référence au Parti Démocrate Cristiana ) serait contraire à l'idée d'un référendum anti-avortement.

Comment pourrions-nous être surpris, avons- nous répondu, si le parti a favorisé la loi au Parlement et que certains de ses plus grands porte-paroles ont signé la loi, assumant la pleine responsabilité morale et politique ? En réalité, nous parlions deux langues différentes et il n'y avait aucune possibilité de dialogue.

Le Cardinal Suenens a pris sa retraite en 1979, mais a désigné comme son successeur le Cardinal Godfried Danneels, qui a suivi sa ligne. Le Cardinal Danneels a voulu nommer son successeur, mais le Pape Benoît XVI est intervenu et a nommé Mgr André-Joseph Léonard, Archevêque de Bruxelles-Malines. Le Cardinal Danneels faisait partie du groupe qui s'appelait la « Mafia de Saint-Gall », composée des héritiers des manifestants de Humanae Vitae, qui soutenaient la candidature de l'Archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio dans deux conclaves. [15] Ils n'ont pas été victorieux en 2005, mais ils ont réussi huit ans plus tard, en 2013. Le Cardinal Achille Silvestrini, qui est toujours vivant, faisait également partie du groupe.

Humanae Vitae et Amoris Laetitia

L'Exhortation post-synodale du Pape François, Amoris Laetitia, est un manifeste qui propose à nouveau des idées qui ont été condamnées par Paul VI : la primauté de la conscience sur la loi et la possibilité d'exceptions concrètes à ce qui est présenté comme idéal moral, qui est parfois impossible.

La stratégie de ceux qui contestaient Humanae Vitae était donc de relire l'Encyclique de Paul VI à la lumière de Gaudium et Spes. Les héritiers de cette protestation proposent aujourd'hui de « réinterpréter » Humanae Vitae à la lumière d’Amoris Laetitia (2016), présenté comme une révolution pastorale dans l'Église. Le but est toujours le même : changer l'enseignement de l'Évangile pour l'adapter aux besoins changeants du monde.

Aujourd'hui, la morale Catholique s'adapte à l'éthique sécularisée, qui réduit l'amour rationnel à l'amour sensuel et maintient que la fin primaire de l'homme est la recherche du plaisir sensuel, du bien-être et de la santé psychophysique de l'individu. Chaque douleur, chaque chagrin est rejeté parce que le seul mal n'est pas le péché, mais la souffrance. La valeur expiatrice et rédemptrice de la souffrance est niée.

C'est l'éthique relativiste et hédoniste des juges et des médecins Anglais qui ont condamné Alfie Evans à la mort. Mais cette culture de la mort a été créée spécifiquement par les Évêques Anglais qui ont justifié l'hôpital de Liverpool dans ses actions au lieu de soutenir le combat des parents d'Alfie.

Cette culture de la mort a déjà été théorisée par Herbert Marcuse, qui dans Eros et Civilization exalte le principe du plaisir et le principe nihiliste du nirvana comme les deux faces d'une même médaille. « La rédemption du plaisir, l'arrêt du temps, l'absorption de la mort : le silence, le sommeil, la nuit, le paradis — le principe du Nirvana n'est pas la mort mais la vie ». [16] La civilisation Chrétienne est fondée sur la primauté de l'être tandis que la société en dissolution post-moderne est fondée sur le nihilisme.

Pour combattre cette mentalité, pour changer les mauvaises lois que cette mentalité a produites, il ne suffit pas de retourner à Humanae Vitae, il faut revenir aux conceptions traditionnelles de la famille et du mariage. Nous devons remercier Paul VI pour Humanae Vitae, qui a réitéré l'interdiction de l'Église sur la contraception, mais aujourd'hui nous devons aller au-delà de Humanae Vitae. Nous devons relire Humanae Vitae à la lumière de Casti Connubii.

À la vision mondiale de ceux qui dissolvent la morale, nous devons contrer une philosophie de la vie qui vient des enseignements mêmes de Notre-Seigneur qui a dit : « Le ciel et la terre passeront, mais Mes Paroles ne passeront pas » ( Mt 24, 35) ).

Il n'y a pas de famille stable sans un mariage unique indissoluble. Et il n'y a pas de mariage sans définir la hiérarchie des fins. Et la première fin du mariage est la procréation et l'éducation des enfants, qui, avec la famille, forment le trinôme que Benoît XVI a défini comme des « valeurs non négociables ».

En inversant les paroles du Cardinal Suenens, nous pouvons dire que peut-être au cours des dernières décennies, nous avons souligné les Paroles de Dieu : « Et les deux ne feront qu’une seule chair » au point de laisser les autres Paroles Divines : « Croissez et multipliez-vous » dans l'obscurité. Nous devons comprendre toute la richesse de ces paroles de la Sainte Écriture.

La procréation et l'éducation des enfants impliquent des sacrifices. Mais la Divine Providence n'abandonne pas ceux qui s'y confient. La récompense extraordinaire est la vie éternelle, et aussi le centuple sur terre que l'Évangile promet à ceux qui cherchent d'abord le Royaume de Dieu et Sa justice ( Matthieu 6, 33).

Dieu n'abandonne pas ceux qui sont fidèles à Sa Loi. Dieu abandonne et aveugle ceux qui tournent le dos à Sa Loi, considérant qu'il est erroné ou impossible à la pratiquer.

La Loi Divine imprimée dans nos consciences n'est pas un idéal surpassé ou inaccessible. C'est le Christianisme vécu qui, avec l'aide de Dieu, est possible pour chaque Baptisé. La joie profonde de ceux qui la vivent, combattant sur terre, préfigure le bonheur éternel dont ils jouiront un jour au paradis.


[1] Roger Kimball, La longue marche. Comment la Révolution culturelle des années 1960 a changé l'Amérique, Encounter Books, San Francisco 2000.

[2] Ibidem, p. 6.

[3] Don Pietro Leone, Il matrimonio sotto attacco, Solfanelli, Chieti 2017, p. 112

[4] Lorenzo Fontana - Ettore Gotti Tedeschi, La culla vuota della civiltà, Gondolin, Verona 2018.

[5] Lorenzo Fontana - Ettore Gotti Tedeschi, La culla vuota della civiltà, Gondolin, Verona 2018.

[6] Schema constitutionis dogmaticae de Castitate, Matrimonio, Familia et Virginitate, dans Concilio Vaticano II, Acta Synodalia, vol. II, Periodus I, Pars IV, Congregationes generales XXXI-XXXVI, Typis Poliglottis Vaticanis, Città del Vaticano 1971, pp. 718-771.Cfr. la tr. it. a cura e introduzione di R. de Mattei, Il primo schema sulla famiglia e sul matrimonio del Concilio Vaticano II , Edizioni Fiducia, Roma 2015.

[7] Jonathan Eig in The Birth of the Pill. How Four Crusaders Reinvented Sex and Launched a Revolution ( WW Norton & Company, New York 2014),-

[8] Roberto de Mattei, Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta, Lindau, Torino 2011, pp. 418-419.

[9] Helder Câmara, Lettres Conciliaires (1962-1965) , 2 voll., Cerf, Parigi 2006, vol. II, pp. 696-697.

[10] Ivi, p. 696.

[11] Paul VI, Encyclical Humanae Vitae del 25 luglio 1968, in AAS, 60 (1968), pp. 481-503.

[12] Cardinal Francis Stafford : 1968, l ‘anno della prova , in « L'Osservatore Romano » , 25 July 2008.

[13] Interview in « Avvenire », March 20, 1998. Sull'influenza del cattolicesimo nel movimento del Sessantotto cfr. Roberto Beretta, Controstoria del Sessantotto cattolico, Rizzoli, Milano 1998

[14] Paolo Sorbi, Mea culpa sul '68, « Avvenire », March 26, 1998.

[15] Juergen Mettepenningen- Jarim Schelkens, Gottfried Danneeels biographie , Editions Polis, Anvers 2015

[16] Herbert Marcuse, Eros and Civilisation, Beacon Press, London, 1966., p. 164.

dimanche 27 mai 2018

Le Cardinal Arinze

La Communion ne peut pas être partagée avec des
non-Catholiques comme de la bière ou du gâteau



par : Lisa Bourne
SOURCE : Life Site News
Vendredi le 25 mai 2018 - 7:46 pm EST




BUCKFASTLEIGH, Angleterre, 25 mai 2018 (Life Site News) — Les Protestants qui veulent recevoir la Sainte Communion devraient devenir Catholiques, a déclaré le Cardinal François Arinze cette semaine, ajoutant que « c'est plutôt sérieux » de présumer que le mariage peut être dissous dans le but de recevoir la Communion.

Dans une interview accordée cette semaine à l’Abbaye de Buckfast dans le Devon, en Angleterre, le Cardinal s'oppose catégoriquement à l'idée de permettre aux Catholiques divorcés et remariés de recevoir la Communion, comme le suggère l'Exhortation du Pape François Amoris Laetitia. Il a poursuivi en disant que la Sainte Communion ne peut pas être partagée avec les conjoints Protestants comme des amis qui partagent de la bière ou du gâteau.

Le Cardinal Arinze a dit qu'il est important de comprendre que « la Sainte Eucharistie n'est pas notre possession privée que nous pouvons partager avec nos amis ».

« Notre thé et notre bouteille de bière » sont tels que « nous pouvons les partager ceux avec nos amis ».

« Ce n'est pas seulement parce que nous nous souhaitons du bien l’un à l’autre » a poursuivi le Cardinal. « Après la Messe, vous pouvez aller au réfectoire et prendre une tasse de thé et même un verre de bière et un peu de gâteau. C'est bon. Mais la Messe n'est pas comme ça ».

Dans un entretien accordé le 23 mai au Catholic News Service, le Cardinal Nigérian a également souligné l'importance de l'enseignement de l'Église sur l'Eucharistie et sa dignité pour sa réception.

« Il est très important de considérer la Doctrine » a-t-il dit. « La célébration Eucharistique de la Messe n'est pas un service œcuménique. Ce n'est pas un rassemblement de ceux qui croient au Christ et qui inventent une prière pour l'occasion, c'est une célébration des Mystères du Christ qui est mort pour nous sur la Croix, qui a fait du pain Son Corps et du vin Son Sang et a dit aux Apôtres « Faites cela en mémoire de Moi ».

Il a également expliqué que la vraie communion est une composante nécessaire pour recevoir l'Eucharistie dans la Messe Catholique.

« La célébration Eucharistique de la Messe est la célébration de la communauté de foi » a déclaré le Cardinal Arinze, « ceux qui croient au Christ communiquent dans la Foi, dans les Sacrements et dans la communion ecclésiastique, l'unité ecclésiastique avec leur Pasteur, leur Évêque et le Pape ».

« C'est la communauté qui célèbre la Sainte Eucharistie » a-t-il déclaré. « Toute personne qui n'est pas membre de cette communauté n’est pas intégrée pas du tout ».

Le Cardinal a ensuite ajouté que si les Protestants souhaitaient recevoir la Communion dans les églises Catholiques, ils devraient devenir Catholiques.

« Venez, soyez reçus dans l'Église » dit-il, « et alors vous pourrez recevoir la Sainte Communion sept fois par semaine. Sinon, non ».

Le Cardinal Arinze était à l'Abbaye de Buckfast pour une Messe le 24 mai commémorant l'année millénaire de la Fondation de Buckfast en 1018. Ce fut l'un des nombreux Monastères Anglais réprimés par le Roi Henri VIII lors de la Réforme Protestante.

Le Cardinal a fait ses remarques au beau milieu d'une controverse au sujet d'une Conférence des Évêques Allemands pour une intercommunion pour les époux Protestants de Catholiques et a également continué de disculper le document de 2016 du Pape.

Certains membres de la Conférence Épiscopale Allemande proposent de permettre aux Protestants de recevoir la Communion dans certaines circonstances. Alors que cet effort est soutenu par certains, notamment par le Président de la Conférence, le Cardinal Reinhard Marx, sept Évêques se sont opposés à cette initiative et ont demandé au Vatican d'intervenir. Le Pape François a renvoyé l'affaire aux Évêques Allemands, avec la direction de parvenir à une décision « unanime » au niveau de la Conférence.

La discorde sur Amoris Laetitia persiste dans le monde deux ans après la promulgation du document, certains épiscopats disant qu'étant donné que l'enseignement de l'Église sur le Mariage et l'Eucharistie ne peut être changé, Amoris Laetitia ne peut ouvrir la porte à la Communion des Catholiques dans des unions non maritales et d’autres interprètent Amoris Laetitia comme un feu vert pour permettre la Communion pour les Catholiques divorcés et remariés.

Le Cardinal Nigérian, le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements sous le Pape Jean-Paul II et le Pape Benoît XVI, connu pour sa franchise dans le maintien de l'orthodoxie, a battu en brèche cette interprétation.

« Si une personne est divorcée et remariée ( sans une nullité ), alors il y a un problème » a-t-il déclaré, disant que Jésus a enseigné que c'était de l'adultère.

Personne ne peut usurper l'enseignement de Christ ou sa miséricorde, a dit le Cardinal Arinze.

« Ce n'est pas nous qui disons cela » a-t-il dit. « C'est le Christ qui l'a dit ».

« Nous ne pouvons pas être plus miséricordieux que le Christ » a-t-il ajouté. « Si l'un d'entre nous dit qu'il a la permission du Christ pour changer l'un des principaux points que le Christ nous a donnés dans l'Évangile, nous aimerions voir cette permission et aussi la signature ».

« Vous pouvez voir que ce n'est pas possible » a poursuivi le Cardinal Arinze. « Même si tous les Évêques sont d'accord, ça ne change rien. C'est plutôt grave car cela touche la Foi dans la Sainte Eucharistie et aussi le fait que le mariage ne peut pas être dissous entre des Chrétiens qui ont vécu ensemble et aucun pouvoir humain ne peut le dissoudre. C'est plutôt sérieux ».

lundi 16 avril 2018

Revivez l’atmosphère de la Conférence
« Les armes de notre guerre »

Un avocat Catholique affirme
Les Cardinaux devraient déclarer le Pape François « dans l'erreur »




Par : Stephen Kokx
Le 16 avril 2018
SOURCE : Life Site News





DEERFIELD, IL, 16 avril 2018 (Life Site News) -— Une centaine de Catholiques des États-Unis, d'Amérique Latine et d'Europe ont participé à la Conférence de 2018 organisée par Catholic Family News dans le nord de l'Illinois, le week-end dernier.

Les trois jours de rassemblement dans un hôtel Hyatt Regency juste à l'extérieur de Chicago ont présenté quelques-uns des laïcs et des membres du clergé les plus compétents engagés dans la bataille et la préservation de la Foi Catholique, y compris l'historien renommé de l'Église, Roberto de Mattei.

La conférence, centrée sur le Pape François et la famille, a été la première animée par Catholic Family News, un journal Catholique traditionnel, depuis 2016. John Vennari, le rédacteur de longue date du journal qui dirigeait l'organisation depuis sa fondation en 1994, est décédé après une longue bataille contre le cancer en avril 2017.

La crise dans la famille

Dans son discours d'ouverture, le rédacteur en chef Matt Gaspers a rendu hommage à son prédécesseur, assurant à son auditoire que le combat pour la Tradition se poursuivra. Gaspers a ensuite prononcé un discours détaillé et bien documenté, citant Sœur Lucie et Notre-Dame dans le but de contextualiser les attaques actuellement menées contre la famille.

« Bien qu'il soit pénible d'être témoin de cette terrible crise dans l'Église et dans la famille, le fait que cela se produise ne devrait pas être une surprise. Notre-Dame nous a dit que cela arriverait ». La « crise dans l'Église et la famille partagent la même cause profonde, à savoir une crise de la paternité ».

Gaspers a mentionné particulièrement l'Archevêque Vincenzo Paglia, Président de l'Académie Pontificale pour la Vie, qui a déclaré en mars qu'il était « dangereux » de parler de la famille comme « l'église domestique ».

La crédibilité de l'Archevêque Paglia s’élève à « à peu près rien » a déclaré Gaspers. Il a « complètement démantelé l'Académie Pontificale pour la Vie et a commandé des peintures homoérotiques ». La famille est une hiérarchie patriarcale de baptisés dont la tête remplit le rôle d'enseignant, de gouvernant et de sanctificateur. En tant que tel, elle est un reflet et un microcosme de l'Église universelle, a-t-il dit.

Gaspers a également détaillé comment le mariage et la famille sont des « armes puissantes » qui doivent être utilisées dans la restauration de la Sainte Mère Église.

Vraie et fausse miséricorde

Le prêtre Franciscain traditionaliste Isaac Mary Relyea a parlé de la Confession, un sujet d'actualité compte tenu de la mise en œuvre d'Amoris Laetitia à travers le monde et de l'invocation constante de la miséricorde par le Pape François.

Citant abondamment Saint Alphonse Liguori (1696-1787), le Saint Patron des Confesseurs, le Père Relyea a soutenu qu'il y a un faux sens de la miséricorde promu à Rome. Ce sens de la miséricorde est « tordu » et « dégoûtant » a-t-il dit.

Les prêtres sont « obligés d'informer les consciences » et de refuser l'absolution si la personne qui confesse ne modifie pas sa vie. Vous êtes « fous » si vous pensez que vous êtes miséricordieux en disant à quelqu'un qui cohabite dans une union adultère qu'ils sont agréables à Dieu, a dit le prêtre dans un accent de Brooklyn.

Le Père Relyea incorpora les Quatre Fins Dernières — la Mort, le Jugement, le Paradis, l'Enfer — dans ses remarques, rappelant que bien que Dieu fasse miséricorde à ceux qui le craignent mais pour ceux qui abusent de Sa miséricorde, Il exerce la justice.

Le prêtre né à New York a qualifié l'Exhortation du Pape de 2016, Amoris Laetitia, de « méchante ».

La fraternité Chrétienne

Entre les discours, les participants ont assisté à la Messe du matin, ont savouré des rafraîchissements et ont fréquenté l’aire des vendeurs, où Loreto Publications et la Fondation St Vincent Ferrer du Texas — entre autres apostolats — vendaient des livres, des missels, des voiles et des CD audio.

La Papauté de François ainsi que le Symposium « Église Catholique : Où vas-tu ? » qui s'est tenu à Rome le 7 avril ( le même jour de la conférence ), étaient des sujets communs de conversation entre les invités.

La participante Elizabeth Yore a dit à Life Site News qu'elle est allée à la conférence parce qu’« il incombe aux laïcs de monter une résistance et de continuer à résister à ce qui se passe au Vatican, surtout maintenant que si peu d'Évêques et de Cardinaux sont disposés faire cela ».

La station de radio Catholique Internet Magnificat Media diffusait également en direct depuis l'hôtel.

Des cartes de prière et de la littérature sur la franc-maçonnerie et de Notre-Dame du Bon Succès ont été données à tous ceux qui sont venus.

Malgré l'hérésie, le Pape est toujours le Pape

Trois discours à la conférence « Les armes de notre guerre » ont porté sur la papauté.

L'historien de l'Église Roberto de Mattei a déclaré que la « vraie dévotion » à la Chaire de Saint-Pierre exige que les Catholiques se prononcent contre « les hérésies » promues par le Pape François, qui, malgré le fait de propager de l'hérésie, reste le Pape.

Le prêtre Dominicain Canadien Albert Kallio O.P. a fait écho aux paroles de de Mattei. « Même si le Pape est un hérétique ... cela ne signifie nullement que par là même, ipso facto comme on dit en anglais, il cesserait d'être Pape ».

Rejetant l'affirmation selon laquelle le Pape François a perdu son office, le Père Kallio a dit : « Même ceux qui soutiennent qu'un Pape qui est manifestement un hérétique perd automatiquement son poste [ croient ] que la manifestation requise avant que le Pape ne perde son poste se fasse par une déclaration publiée par l'autorité de l'Église, à savoir les Évêques »

Il semble que Dieu permette « une sorte d'éclipse » de l'Église pour le moment, conclut-il.

Christopher Ferrara, un avocat et écrivain Catholique prolifique, a prononcé un discours énergique exhortant les Catholiques non seulement à mettre de l’avant les enseignements pérennes de l'Église mais à exposer les enseignements problématiques venant du Pape François.

S'exprimant avec Life Site News, Ferrara a déclaré que « l'opposition la plus efficace à ce qui doit être vu maintenant comme le Pontificat le plus égaré de l'histoire de la Papauté devra venir de la haute hiérarchie ».

Une telle opposition viendrait sous la forme d'une déclaration publique faite par un nombre significatif de Cardinaux qui déclarerait que le Pape François est « dans l'erreur, qu'il tente d'imposer l'erreur à l'Église, que son effort pour faire passer ces erreurs comme magistère « authentique » est une fraude ... et que les fidèles ne peuvent pas suivre ce Pape dans ses erreurs » a déclaré Ferrara.

Les jeunes Catholiques ont besoin de la Tradition

Un autre exposé particulièrement pertinent pour les événements se déroulant dans l'Église a été celui qui a été donné par Alexandra Reis, une jeune correspondante de Catholic Family News, 21 ans.

« Que peuvent faire les jeunes pour combattre le diable ? » demanda Reis de façon rhétorique. Ne pas rester à jour avec toutes les nouvelles du monde et assister constamment à des manifestations, a-t-elle soutenu. Au contraire, ils peuvent combattre le diable en accomplissant leurs devoirs quotidiens d'état.

Si vous voulez une « vraie pénitence » et si vous voulez vraiment changer le monde, dit-elle, essayez de faire la vaisselle sale, essayez « de sortir du lit juste quand votre cadran se déclenche le matin. Offrez cela à Notre-Dame. Marie veut que nous lui offrions des sacrifices à Son Coeur ».

Reis a déclaré à Life Site News que les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas enseignés sur les vertus de la pureté et de la modestie. Les milléniaux considèrent la religion comme « une croix » et se rebellent contre les « simples actes ». En vérité, « c'est à travers les petites choses que nous convertissons le monde ».

D'autres armes de notre guerre

Louis Tofari, propriétaire de Romanitas Press, une maison d'édition qui aide les Catholiques à mieux connaître la Messe Romaine, a prononcé un discours sur la liturgie.

Tofari a dit à Life Site News que la Messe Romaine « doit être utilisée pour convertir les âmes au Christianisme et restaurer le Règne Social du Christ Roi ».

Un autre sujet fascinant couvert à la conférence était la vie du Père Augustus Tolton, un ancien esclave né au milieu des années 1800 qui a été ordonné prêtre à Rome parce qu'aucun séminaire aux États-Unis ne l'aurait accepté en raison de son statut d'Afro-Américain.

Brendan Young, rédacteur en chef du site Catholic Family News, a plaidé auprès des Catholiques pour qu'ils se consacrent à la Vierge lors d'une allocution sur Saint Maximilien Kolbe et la Militia Immaculata.

Le Dr. Andrew Childs de St. Mary's Academy et du College à St. Mary's, Kansas, a donné une conférence éclairante sur la musique tandis que Mgr Bernard Tissier de Mallerais de la Société Sacerdotale de Saint Pie X a fourni un exposé détaillé sur la vie de l'Archevêque Marcel Lefebvre, le fondateur de la Société de Saint Pie X.

vendredi 13 avril 2018

Saint Jean-Paul II a prophétisé que les prêtres
souffriraient à s’opposer aux remariages


par : Lisa Bourne
SOURCE : Life Site News
Mercredi le 11 avril, 2018 - 4:40 pm EST



11 avril 2018 (Life Site News) — Le Pape Jean-Paul II a prévenu il y a des décennies que les prêtres, et même l'Église Catholique elle-même, paieraient un « prix élevé » pour rester fidèles à l'enseignement pérenne de l'Église sur le mariage et la procréation.

Le défunt Pontife a également déclaré que ce serait une « erreur très sérieuse » de présumer que l'enseignement Catholique sur le mariage n'est qu'un « idéal » en besoin d’être modifié.

Dans son discours de mars 1984 aux prêtres participant à un Séminaire sur la « Procréation responsable », Jean-Paul II a parlé deux fois du fait que les hommes et les femmes sont tout à fait capables de comprendre l'enseignement de l'Église sur le mariage.

« Ne vous y trompez pas : lorsque votre enseignement est fidèle au Magistère de l'Église, vous n'enseignez pas quelque chose que les hommes et les femmes ne peuvent pas comprendre. Même les hommes et les femmes aujourd'hui. En effet, cet enseignement que vous faites retentir à leurs oreilles est déjà écrit dans leur cœur » a-t-il dit.

Cet enseignement est intervenu 32 ans avant que le Pape François suggère que l'enseignement Catholique sur le mariage est un « idéal théologique du mariage trop abstrait, presqu’artificiellement construit » [ Amoris Laetitia # 36 ]. Les critiques ont noté que l'Exhortation de 2016 du Pape François, Amoris Laetitia, est imprégnée de la notion que l'enseignement de l'Église sur le mariage présente ce que le Pape appelle un « idéal théologique artificiel » à atteindre plutôt qu'une réalité qui s'impose à tous.

Les enseignements du Pape François sur le mariage ont amené de nombreux Évêques et Cardinaux à défendre des pratiques contraires à l'enseignement Catholique comme accueillir des soi-disant « seconds » mariages, soutenir l'activité sexuelle ( adultère ) dans ces unions et permettre à ces couples de recevoir la Sainte Communion.

Certains de ceux qui se sont prononcés contre de telles nouveautés ont été rétrogradés, licenciés ou retirés de postes prestigieux.

Jean-Paul II a mis en garde dans son discours sur le coût d'être fidèle à la vérité du mariage.

« Vous savez bien que souvent la fidélité des prêtres — en effet, disons, de l'Église — à cette vérité et aux normes morales qui en découlent, celles que je veux dire qui sont enseignées par Humanae Vitae et Familiaris Consortio, doivent souvent être payées à un prix élevé. On se moque souvent de quelqu’un pour cela, on l’accuse d'incompréhension et de rudesse, et plus encore » a-t-il dit.

« C'est le sort de chaque témoin de la vérité comme nous le savons » a-t-il ajouté.

Jean-Paul II a expliqué aux prêtres comment ils doivent transmettre l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage tel que prescrit par le Christ aux hommes et aux femmes qui leur sont confiés.

« Quand ses contemporains ont demandé au Christ s'il était légal pour un mari de divorcer de sa femme, il a répondu en se référant « au commencement », c'est-à-dire au plan original du Créateur pour le mariage » a dit le Pape.

« Vous aussi, en tant que prêtres travaillant au nom du Christ, devez montrer aux époux que ce que l'Église enseigne sur la procréation responsable n'est rien d'autre que ce plan original que le Créateur a imprimé sur l'humanité de l'homme et de la femme et que le Rédempteur est venu rétablir » a-t-il ajouté.

Jean Paul a également déclaré que la norme morale enseignée par Humanae Vitae et Familiaris Consortio est la « défense de toute la vérité sur l'amour conjugal, car elle exprime les exigences essentielles de cet amour ».

samedi 7 avril 2018

La déclaration finale de la Conférence de Rome
sur « Où va l'Église » répond aux dubia

Texte de la déclaration




par : Diane Montagna

SOURCE : Life Site News
Le samedi 7 avril 2018 - 12 :41 PM EST



« Par conséquent, nous témoignons et confessons ... »
Déclaration finale de la Conférence « Église Catholique, où vas-tu ? »
Rome, le 7 avril 2018


En raison des interprétations contradictoires de l'Exhortation Apostolique Amoris laetitia, le mécontentement croissant et la confusion se répandent parmi les fidèles à travers le monde.

La demande urgente d'une clarification soumise au Saint-Père par environ un million de fidèles, par plus de 250 érudits et par plusieurs Cardinaux, n'a reçu aucune réponse.

Au milieu du grave danger qui menace la Foi et l'unité de l'Église, nous, baptisés et confirmés membres du Peuple de Dieu, sommes appelés à réaffirmer notre Foi Catholique.

Le Concile Vatican II nous autorise et nous encourage à le faire en déclarant dans Lumen Gentium, n. 33 : « Ainsi, tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l’Église elle-même, « à la mesure du don du Christ » (Éphésiens 4, 7).

Le Bienheureux John Henry Newman nous encourage également à le faire. Dans son essai prophétique « Sur la consultation des fidèles en matière de Doctrine » ( 1859 ), il a parlé de l'importance du laïcat qui témoigne de la Foi.

Par conséquent, conformément à la Tradition authentique de l'Église, nous témoignons et confessons que :

  1. Un mariage ratifié et consommé entre deux baptisés ne peut être dissous que par la mort.

  2. Par conséquent, les Chrétiens unis par un mariage valide qui se joignent à une autre personne pendant que leur conjoint est encore en vie commettent le grave péché d'adultère.

  3. Nous sommes convaincus qu'il existe des commandements moraux absolus qui obligent toujours et sans exception.

  4. Nous sommes également convaincus qu'aucun jugement subjectif de conscience ne peut rendre un acte intrinsèquement mauvais bon et licite.

  5. Nous sommes convaincus que le jugement sur la possibilité d'administrer l'absolution sacramentelle ne repose pas sur l'imputabilité du péché commis, mais sur l'intention du pénitent d'abandonner un mode de vie contraire aux Commandements Divins.

  6. Nous sommes convaincus que les personnes divorcées et remariées civilement et qui ne veulent pas vivre dans la continence vivent dans une situation objectivement contraire à la Loi de Dieu et ne peuvent donc pas recevoir la Communion Eucharistique.

Notre Seigneur Jésus-Christ dit : « Si vous restez fidèles à Mes Paroles, vous êtes vraiment Mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libres ». (Jean 8, 31-32).

Avec cette confiance, nous confessons notre Foi devant le Pasteur Suprême et l’Enseignant de l'Église et devant les Évêques, et nous leur demandons de nous confirmer dans la Foi.

Le Cardinal Brandmüller prévient les Catholiques
de ne pas tenir compte de la « majorité »
mais de la « minorité qui vit vraiment la Foi »




par : Diane Montagna

SOURCE : Life Site News
Le samedi 7 avril 2018 - 10:56 am EST



ROME, le 7 avril 2018 ( Life Site News ) — L'histoire de l'Église nous apprend que « la vérité ne se trouve pas nécessairement avec la majorité » mais plutôt dans la « minorité qui a vraiment vécu et témoigné de la Foi » a déclaré aujourd'hui à Rome le Cardinal Walter Brandmüller, l'un des quatre Cardinaux des « dubia »..

S'exprimant lors du colloque « « Église Catholique : où vas-tu ? » le Cardinal Brandmüller a déclaré « quand les Catholiques en masse considère légitime de se remarier après un divorce ou de recourir à la contraception... ce n'est pas un témoignage de masse de la Foi, mais un départ massif de celle-ci ».

Dans sa réflexion, Brandmüller, le Président Émérite du Comité Pontifical pour les Sciences Historiques, l’essai de 1859 du Bienheureux John Henry Newman Sur la consultation des fidèles en matière de Doctrine a souligné le rôle des laïcs en matière de Doctrine et a cherché à distinguer ce qui est un vrai sensus fidei ( le sens de la Foi ) des croyants et ce qui ne l'est pas.

« Dans l'histoire du Peuple de Dieu, ce n'est souvent pas la majorité mais plutôt une minorité qui a vraiment vécu et témoigné de la Foi » a-t-il dit. « L'expérience de l'Église montre que parfois la vérité de la Foi n'a pas été conservée par les efforts des théologiens ou par l'enseignement de la majorité des Évêques, mais dans le cœur des croyants ».

Le sensus fidei fidelium, poursuit Brandmüller, s'exprime par des initiatives beaucoup plus authentiques comme la manifestation de masse « Manif pour tous » en France, par le million de fidèles qui a pétitionné le Pape François pour clarifier la confusion qui a surgi après la publication d’Amoris Laetitia, par la Marche pour la Vie aux États-Unis, et la chaîne humaine du Rosaire en Pologne et ailleurs dans le monde.

« Il est temps que le Magistère accorde l'attention voulue à ce témoignage de Foi » a-t-il déclaré.

« Sur la consultation des fidèles en matière de Doctrine »
Document historique du Cardinal John Henry Newman

Les commentaires du Cardinal Walter Brandmüller
Le 7 avril 2018 – Rome

Sur la consultation des fidèles en matière de Doctrine. C'est le titre de l’essai célèbre écrit par le Bienheureux John Henry Newman en 1859 que je commenterai aujourd'hui. Je considérerai quel espace et quel poids devraient être donnés à la voix des fidèles en matière de Doctrine. Et je poserai cette question au milieu de la crise de la Foi qui secoue aujourd'hui l'Église dans ses profondeurs.

En parlant des laïcs, certains pourraient supposer que nous avons l'intention d'opposer les experts aux « laïcs », ces derniers étant moins « affligés » par un consentement éclairé et faisant plus facilement entendre leur voix même dans les questions les plus complexes. Pensez simplement au problème du changement climatique. Mais ce n'est pas ce dont nous traitons ici et maintenant.

Dans le présent contexte, le « laïque » ne désigne pas un non-expert en théologie, mais plutôt un Chrétien baptisé et confirmé qui n'a pas reçu le Sacrement de l'Ordre. J'examinerai donc le rôle que les laïcs ont dans l'interprétation, l'explication, la proclamation et la formulation de la Doctrine de la Foi ; et, enfin, je poserai cette question dans le contexte de la situation actuelle. La Commission Théologique Internationale, alors dirigée par le Cardinal Müller, a également publié en 2014 un document important à ce sujet, qui sera pris en considération.

I

D'abord, cependant, jetons un coup d'oeil à l'histoire. Il existe, en effet, de nombreux témoignages du rôle important du témoignage de la Foi par les laïcs. Le Cardinal Newman jette un regard sur la Crise Arienne du IVe siècle. Dans cette situation, qui traitait de la nature égale de la Divinité de Jésus avec le Père, et dont les enjeux relevaient de l'appartenance ou non à l'Église, les Évêques échouèrent en abondance. « Ils ont parlé différemment, l'un contre l'autre ; il n'y a eu rien, après Nicée, de témoignage ferme, invariable, cohérent, pendant près de soixante ans ».

Tandis que l'épiscopat était ébranlé et divisé, « en ce jour même, la Tradition Divine confiée à l'Église infaillible était proclamée et maintenue bien plus par les fidèles que par l'épiscopat ». Newman déclare : « En ce temps d'immense confusion, le Dogme Divin de la Divinité de notre Seigneur a été proclamé, renforcé, maintenu et ( humainement parlant ) préservé bien plus par l’Ecclesia docta que par l’Ecclesia docens ; que le corps de l'épiscopat était infidèle à sa mission tandis que le corps des laïcs était fidèle à son Baptême.

Passons sur les témoignages analogues du Moyen Âge et du début de l'Ère Moderne, où la préférence est donnée au témoignage de la Foi de toute l'Église, sans distinction entre les titres des détenteurs du Magistère et ceux des fidèles. Là, on y trouve la infallibilitas en credendo parlée, à savoir l'infaillibilité passive de l'Église, qui ne peut, dans sa totalité, tomber dans l’hérésie.

Le sensus fidei des croyants, cependant, n'agit pas seulement lorsqu'il s'agit de rejeter l'erreur mais aussi de témoigner de la vérité.

Des exemples très significatifs de l'importance que plusieurs Papes ont attribués au témoignage de Foi des laïcs peuvent être trouvés au cours des deux derniers siècles ; plus précisément, dans le contexte des Dogmes Mariaux de 1854 et 1950 [ Immaculée Conception et Assomption ].

Dans les deux cas, avant d'être définis, tous les Évêques étaient invités à vérifier et à rapporter où ils se positionnaient, avec le clergé et les fidèles, à l'égard de cette intention. De cette manière, Pie IX et Pie XII ont tous deux constaté la conviction de la Foi dans l'Église concernant les deux vérités Mariales. L'approbation des deux Dogmes était générale avec quelques rares exceptions. « Securus iudicat orbis terrarum ». Augustin avait déjà opposé cette conviction aux hérésies de son temps. Il est clair que Pie IX et Pie XII étaient tous deux conscients du poids que le témoignage des fidèles a aussi par rapport au maître suprême de la Foi, y faisant expressément référence dans leurs Bulles respectives définissant les Dogmes.

II

C'est donc le sensus, le consensus fidei, en vertu duquel le témoignage des fidèles a son propre poids dans la préservation, l'approfondissement et l'annonce de la vérité de la Foi révélée.

Quand le Cardinal Newman dit qu'il s'agit, de la part du Magistère, de consulter les fidèles, on pourrait avoir l'impression qu'il veut une sorte de scrutin, voire un plébiscite. Bien sûr, c'est impossible. L'Église n'est pas une société démocratiquement constituée, mais le Corpus Mysticum du Christ ressuscité et glorifié, avec qui et en qui les fidèles sont unis comme membres d'un corps, formant en quelque sorte un organisme surnaturel. Il est donc clair que des lois différentes de celles sociologiques et politiques s'appliquent ; ce qui émerge ici est la réalité de la Grâce.

Comme l'enseigne la Foi, par le Sacrement du Baptême, une personne est imprégnée de la Grâce sanctifiante, qui est une réalité ontologique surnaturelle qui rend l'homme saint, juste et agréable à Dieu. Par la Grâce sanctifiante — on pourrait aussi dire la Grâce justifiante — les trois vertus théologales de la Foi, de l'Espérance et de la Charité sont également infusées. La Foi, l'Espérance et la Charité sont un habitus, une prédisposition de l'âme qui rend cette dernière capable d'agir, de se comporter en conséquence.

Un des moyens par lesquels la vertu théologique de la Foi devient efficace est, entre autres, le sensus fidei des fidèles. Cette efficacité peut, positivement, permettre une vision plus profonde de la vérité révélée, une compréhension plus claire et une profession plus forte. Négativement, cependant, le sensus fidei agit comme une sorte de système immunitaire spirituel, qui permet instinctivement aux fidèles de reconnaître et de rejeter toute erreur. Laissant de côté la Promesse Divine, l'infaillibilité passive de l'Église, c'est-à-dire la certitude que l'Église dans son ensemble ne peut jamais tomber dans l'hérésie, repose donc aussi sur ce sensus fidei.

En fait, dans le numéro 12 de la Constitution Lumen gentium, le Concile Vatican II enseigne : « La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint (cf. 1 Jean 2, 20,27), ne peut se tromper dans la Foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de Foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs », elle apporte aux vérités concernant la Foi et les mœurs un consentement universel. Grâce en effet à ce sens de la Foi qui est éveillé et soutenu par l’Esprit de vérité. [...] Avec la Parole de Dieu, elle s’attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes, il y pénètre plus profondément par un jugement droit et la met plus parfaitement en œuvre dans sa vie».

Par conséquent, le consensus des fidèles et sa manifestation même ont une importance significative.

III

Maintenant, sans aucun doute dans l'histoire de l'Église, il y a eu des cas de ce genre. Tel fut le cas, par exemple, du mouvement dit Patarie en Italie du Nord qui, à l'approche des tentatives de réforme Romaine, se dressa avec force contre l'investiture des laïcs, la simonie et le concubinage sacerdotal dans la seconde moitié du XIIe siècle. Puis, il y a eu les masses de fidèles qui, en 1300, se rendirent aux tombeaux des Apôtres, conduisant le Pape Boniface VIII à établir l'Année Sainte et à articuler la Doctrine sur les indulgences avec la Bulle Antiquorum habet fida relatio. Il ne faut pas oublier l'importance de l'ultramontanisme du XIXe siècle pour les dogmes du Concile Vatican II.

Mais l'histoire nous enseigne aussi que la vérité n'est pas nécessairement trouvée chez la majorité ou auprès du grand nombre. En effet, que fallait-il dire quand, par exemple, le Nonce Apostolique Girolamo Aleandro rapporta au Reichstag de Worms de 1521 que les neuf dixièmes des Allemands avaient crié « Luther » et « à bas la Curie Romaine » ? Que devrait-on dire aujourd'hui quand nos communautés paroissiales applaudissent bruyamment un prêtre qui a annoncé son mariage imminent lors de son homélie ? Que s'est-il passé lorsque le Katholikentag Allemand de 1968 a réagi par des protestations excessives, voire par la haine, à l'encyclique Humanae vitae ?

Vraiment, dans de tels cas, il y avait — et il y a — le sensus fidei, le consensus fidelium était à l'œuvre, nourri par la vertu théologique ? Il semble clair, dans ces cas comme dans d'autres, que le consensus fidei fidelium ne peut être comparé à la volonté générale de Jean-Jacques Rousseau.

Par conséquent, quand les Catholiques considèrent en masse qu'il est légitime de se remarier après le divorce, d'utiliser la contraception ou d'autres choses semblables, ce n'est pas un témoignage de masse de la Foi, mais un départ massif. Le sensus fidei n'est pas une entité qui peut être déterminée démocratiquement, à travers des sondages d'opinion. La seule question est de savoir comment le témoignage de masse diffère de l'aliénation de masse.

Saint Jean-Paul II avait donc déjà insisté sur la nécessité de distinguer soigneusement « l'opinion publique » et le sensus fidei fidelium.

À cet égard, la Commission Théologique Internationale dit aussi avec beaucoup de clarté : « Il est clair que l’on ne saurait identifier purement et simplement le sensus fidei à l’opinion publique ou majoritaire. Ce ne sont en aucune façon les mêmes choses ». ( Le sensus fidei dans la vie de l'Église , n ° 118 ). Ceci s'applique également à l'opinion publique ou majoritaire au sein de l'Église. « Dans l’histoire du Peuple de Dieu, ce fut souvent non pas la majorité, mais bien plutôt une minorité qui a vraiment vécu la Foi et qui lui a rendu témoignage. [...] Il est donc particulièrement important de discerner et d’écouter les voix des « petits qui croient » (Mc 9,42). ( Mc 9, 42 ) » ( ibid. n. 119 ).

Ce qui suit [dans le texte] est extraordinaire : « L’expérience de l’Église montre que parfois la vérité de la Foi a été conservée non pas par les efforts des théologiens ni par l’enseignement de la majorité des Évêques, mais dans les cœurs des croyants.» ( ibid.. n. 119 ).

Un exemple particulier de ceci est donné par la confusion Arienne entourant le Concile de Nicée déjà mentionnée par Newman, où même les Synodes des Évêques soutenaient l'hérésie ou la propageaient. La même chose pourrait être observée quand on pense aux opinions soutenues aujourd'hui par les Conseils diocésains, pastoraux et autres établis dans la période post-conciliaire. C’est peut-être un peu loin de la réalité lorsque le document « Sensus fidei » mentionné plus haut les définit en général comme des « instruments institutionnels » pour évaluer le sensus fidelium ( ibid., N ° 125 ).

En effet, comme le montre déjà l'exemple des Synodes post-Nicée, ils peuvent tomber dans l'erreur. Le discernement devient donc encore plus essentiel. Ce besoin est mis en évidence par le document « Le sensus fidei dans la vie de l'Église » publié en 2014 : « Il nous faut maintenant examiner comment discerner et identifier ses manifestations authentiques du sensus fidei. Un tel discernement est particulièrement requis dans des situations de tension où il est nécessaire de distinguer le sensus fidei authentique de simples expressions de l’opinion populaire, d’intérêts particuliers ou de l’esprit du temps ». ( Ibid. n ° 87 ).

Une fois de plus, on peut se référer à J.H. Newman qui, dans son Essai sur le développement de la Doctrine Chrétienne, propose une liste de critères qui permettent de distinguer le développement organique légitime de la Doctrine versus l'erreur. Il suffit ici de rappeler le manque indispensable de contradiction à l'égard de la Tradition authentique.

Ainsi, ce document [Le sensus fidei dans la vie de l'Église] développe également des critères, ou des « dispositions requises pour participer de façon authentique au sensus fidei » ( ibid., N ° 73 ). Cela signifie que tous ceux qui se disent Catholiques ne peuvent pas prétendre qu'ils doivent être pris au sérieux en tant qu'organe de ce sensus fidei.

En bref : « Une participation authentique au sensus fidei requiert la sainteté [...] Être saint signifie fondamentalement être [...] être baptisé et vivre la Foi dans la puissance du Saint-Esprit » ( ibid., N ° 99 ). Cela définit une exigence très élevée alors.

III

Une fois ces prémisses posées, il est nécessaire de prendre en compte ce que le Concile Vatican II enseigne au numéro 12 de Lumen Gentium : « Le Peuple Saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ [ note : en anglais il est dit : « Les Catholiques doivent avoir pleinement conscience de leur droit de parole qui découle de leur Foi » ] ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de Foi [ sensus fidei ] et de charité. ( Lumen gentium, 12 ). ( Le sensus fidei dans la vie de l'Église, n ° 24 ). C'est pourquoi le Canon 212 §3 établit également : « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la foi et des moeurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l'utilité commune et de la dignité des personnes ».

*

Maintenant, cependant, la question se pose de savoir comment discerner le sensus fidelium authentique, et donc théologiquement pertinent. Dans la phase préparatoire des Synodes des Évêques, par exemple, des questionnaires ont été distribués à cette fin. Je ne peux pas juger dans quelle mesure ces actions ont été menées de manière professionnelle, c'est-à-dire en tenant compte des méthodes développées par la recherche moderne sur l'opinion publique. Il est clair, cependant, que ces questionnaires ont atteint les chambres des organisations Catholiques beaucoup plus facilement que la communauté normale des fidèles. Il fallait donc s'attendre à ce que les résultats de la consultation soient influencés par les idées préconisées par ces associations individuelles, etc., plutôt que de refléter la véritable opinion publique des fidèles. Un autre problème est le choix, c'est-à-dire la formulation des questions proposées. Cela a facilité la manipulation des résultats. Il est douteux que cette [ méthode ] permette d'expérimenter le vrai sensus fidei fidelium.

Le sensus fidei fidelium, je crois, est exprimé bien plus authentiquement à travers des déclarations spontanées. Un exemple très clair est celui des manifestations de masse comme la «Manif pour tous » en France. Il convient également de noter la participation de centaines de milliers de personnes aux Marches pour la Vie. Près d'un million de Catholiques ont adressé des pétitions au Saint-Père à propos des problèmes soulevés par Amoris laetitia, suivis de plus de 200 éminents érudits du monde entier. Et il y a des chaînes humaines qui prient le Rosaire autour du monde. Ce sont les formes dans lesquelles le sensus fidei, l'instinct de la Foi des croyants, se manifeste aujourd'hui. Il est temps que le Magistère accorde l'attention voulue à ce témoignage de Foi.

Dans l'ouvrage cité au début de cet exposé, Sur la consultation des fidèles en matière de Doctrine, J.H. Newman écrit : «... Je ne suppose pas que des temps tels que l'Arien reviendront jamais... ». Aujourd'hui, nous serions tous mieux s’il avait raison.