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samedi 7 janvier 2017

Un fonctionnaire du Vatican
proche du cercle intime du Pape
partage des informations explosives



Par John-Henry Westen
et l'ensemble des éditorialistes

SOURCE : Life Site News
Le 3 janvier 2017




Le 3 janvier 2017 (LifeSiteNews) — Il y a un peu plus d'un an, un lecteur a eu une conversation franche et révélatrice avec un haut fonctionnaire du Vatican proche du cercle intime du Pape François.

Ils voyageaient sur le même vol vers Rome ; le fonctionnaire était sur son chemin de retour de la Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie, juste avant le Synode ordinaire de 2015 sur la Famille.

Ce qu'il a dit est remarquable concernant le rejet du Pape de l'orthodoxie et sur son mépris pour les enseignements fondamentaux de la Foi Catholique.

Le lecteur a gentiment partagé le contenu de leur échange qui donne un aperçu précieux de la manière dont ce pontificat considérait le Synode sur la Famille, la Sainte Communion pour les divorcés/remariés sans nullités et diverses personnalités dirigeant l'Église aujourd'hui.

Nous ne doutons pas de l'authenticité de l'échange. Le compte rendu du lecteur de leur conversation est ci-dessous :

Conversation d'avion

Je suis monté à bord de l'avion et j'ai pris mon siège. Un Italien plus âgé, plutôt costaud, qui avait l'air d'avoir mangé sa bonne part de pâtes, s'est assis à côté de moi. Nous avons échangé des salutations et il s'est présenté comme un fonctionnaire de l'ancien Conseil Pontifical pour la Famille dirigé par l'Archevêque Vincenzo Paglia.

Le fonctionnaire semblait être libre de s'exprimer et était désireux d’exprimer qu'il connaissait le Cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des Évêques. Il y eut quelques moments pendant notre conversation où il admit qu'il avait longuement parlé au Cardinal Baldisseri mais qu’il ne pouvait pas révéler le contenu de leur conversation.

Notre conversation s'est rapidement tournée vers le prochain Synode. Je me contentais de poser des questions et je l'écoutais sincèrement et m'intéressais à son point de vue. Aussi, sur ce sujet, je pense qu'il se sentait libre de parler. Le début de notre conversation a porté beaucoup sur la proposition de Kasper, * et j'essayais de comprendre la logique derrière elle.

Question : [Après avoir demandé à plusieurs reprises comment quelqu'un peut entrer dans une deuxième union lorsque le premier mariage est sacramentel et valide] Je ne comprends pas. Si le premier mariage était sacramentel et valide, comment quelqu'un peut-il être admis à la Communion si elle est dans une seconde union civile ? Qu'en est-il de l'indissolubilité du mariage ?

Réponse : Que faites-vous quand l'indissolubilité est morte, quand il n'y a plus de sentiment ?

[« Come si fa quando l’indissolubilta è morta, quando non c’è piu sentimento? »]

Je me suis dit : « C'est la dernière chose qu'un prêtre devrait dire à un couple nouvellement marié qui éprouve des difficultés ».

Après quelques interactions, j'ai demandé :

Question : Mais qu'en est-il de la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II, 84 ? **

Réponse : Comment pouvons-nous accepter ce document [« ammettere »] ? Ça a été écrit il y a 30 ans ...

Question : Mais qu'en est-il de l'endroit où le Pape Jean-Paul II dit, dans Familiaris Consortio, que, selon la Sainte Écriture et la Tradition, quelqu'un dont le premier mariage est valide et qui est dans une seconde union ne peut être admis à la Sainte Communion à moins qu’ils ne vivent en frère et soeur.

Réponse : Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’un homme et une femme qui dorment dans le même lit puissent vivre en frère et sœur.

Notre conversation s'adressa à quelques-uns des personnes que le Pape avait nommées au Synode.

Question : Le Pape a choisi le Cardinal Kasper pour participer au Synode. Pensez-vous que cela signifie que le Pape est d'accord avec Kasper ?

Réponse : [Pause remarquable] ... Oui

Question : Que pensez-vous de Kasper ?

Réponse : « C’est l'homme le plus intelligent dans la salle ».

Question : Et le Cardinal Burke ? ...

Réponse : [Il dit rapidement] Il ne viendra pas. Il ne compte pour rien ; il est trop Lefebvriste. [« Non conta per niente; è troppo Lefebvrista »]

Question : Mais j'imagine qu'il y aura beaucoup d'opposition de la part de certains Évêques et Cardinaux du Synode, en particulier d'Afrique, d'Amérique et de Pologne. Que fera le Pape François ?

Réponse : « Il écoutera et il fera ensuite ce qu'il veut ».

Question : Mais qu'en est-il du Pape Benoît ? Je ne pense pas qu'il serait d'accord.

Réponse : C’est un théologien, mais il n'a pas d'expérience pastorale.

Question : Et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ?

Réponse : [Avec ce qui semblait un ton désobligeant] Ils pensent qu'ils sont les gardiens de la Foi ! Le Pape est le gardien de la Foi.

Question : J'ai entendu dire que le Pape a nommé le Cardinal Danneels *** pour participer au Synode ...

Réponse : Ah, quel bon homme ... il est raffiné ... [« è raffinato »] Notre conversation s'est finalement tournée vers d'autres sujets plus bénins, puis s'est terminée jusqu'à notre arrivée à Rome. Quand nous avons atterri, il m'a donné son nom et son numéro de téléphone.

Remarques :

* La Proposition Kasper était une thèse présentée par le Cardinal Walter Kasper au Consistoire extraordinaire de février 2014 dans laquelle il proposait un cheminement pénitentiel pour certains divorcés/remariés qui finiraient par les amener à être admis aux Sacrements, même si l'Église a traditionnellement perçu ces personnes comme vivant dans une relation adultère.

** Familiaris Consortio est l'Exhortation Apostolique du Pape Jean-Paul II en 1981 sur la Famille. Le paragraphe 84 a explicitement réaffirmé la pratique de l'Église, qui est basée sur l'Écriture Sainte, de ne pas admettre à la Communion Eucharistique les divorcés qui se sont remariés. Elle affirme que si ces personnes étaient admises à l'Eucharistie, « les fidèles seraient induits dans l'erreur et la confusion quant à l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage ». Elle indique aussi que la réconciliation dans le Sacrement de Pénitence ouvrant la voie à l'Eucharistie n'est possible que si elles vivent en tant que frère et sœur, s'abstenant de relations sexuelles.

*** Le Cardinal Godfried Danneels, l'Archevêque émérite de Malines-Bruxelles, a tenté de dissimuler un cas d'abus sexuel impliquant un autre Évêque en 2010. Un enregistrement audio qui a coulé dans les médias Belges a révélé que le Cardinal a exhorté la victime à ne pas révéler que son agresseur était son oncle, Roger Vangheluwe, Évêque de Bruges, jusqu'à ce que l'Évêque n’ait pris sa retraite. Le Cardinal a demandé à la victime s'il attendrait jusqu'à ce que l'Évêque Vangheluwe se retire avant d'aller en public et lui a même dit de « demander pardon » et de « reconnaître sa propre culpabilité ». La victime a répondu : « Quel pardon dois-je rechercher ? Je ne suis pas celui qui doit demander pardon ». Malgré cette dissimulation et les points de vue controversés du Cardinal Danneels sur des questions telles que le mariage homosexuel et l'avortement, le Pape François l'a personnellement invité à participer aux deux Synodes sur la Famille comme l'un de ses délégués triés sur le volet. [ Note du traducteur : Daneels avait par ailleurs dépassé l’âge limite pour participer aux Synodes. ]

mercredi 13 avril 2016

Meilleurs extraits des grands écrivains Catholiques

sur l'Exhortation Apostolique



par : John Jalsevac
SOURCE : Life Site News

Bon nombre d'écrivains Catholiques exprimant leur préoccupation au sujet de l'Exhortation du Pape sont en croissance rapide




12 avril 2016 (LifeSiteNews) - Le nombre de critiques réfléchis de l’Exhortation Apostolique du Pape par des écrivains et des journalistes Catholiques respectés s'accumule. Une liste de plusieurs des meilleurs d'entre eux est incluse ci-dessous.

Ce qui frappe le lecteur dans plusieurs de ces articles est la circonspection et la charité avec laquelle la plupart des auteurs émettent leurs critiques. Ce ne sont pas des réactions épidermiques à la mode des agitateurs anti-papaux à la ligne dure fondamentaliste. Dans de nombreux cas, les auteurs sont évidemment angoissés d'avoir à dire quoi que ce soit dans leur critique de leur bien-aimé Saint-Père.

Beaucoup de gens se sont mis en quatre pour mettre en évidence les nombreux éléments positifs du document. Mais, à la fin, ils ne peuvent pas ignorer ce qu'ils considèrent comme les failles fatales de l'Exhortation, en particulier le chapitre explosif #8.

Ce qui est aussi intéressant est le fait que beaucoup de ces articles apparaissent sur les sites Web des publications qui ont - ou ont été rédigées — par des écrivains qui ont fait des efforts dans le passé afin d’interpréter les ambiguïtés fréquentes du Pape selon la lumière la plus favorable.

En effet, il y a un sentiment que l'Exhortation du Pape peut marquer quelque chose d'un changement massif dans le monde du journalisme Catholique. Au cours des trois dernières années, les écrivains les plus Catholiques se sont donnés beaucoup de peine pour expliquer et interpréter François dans la claire lumière de l'enseignement de l'Église traditionnel — même quand on détectait une inquiétude croissante dans le sous-texte de la surabondance des articles sur « ce que le Pape a vraiment dit » qui a inondé nos nouvelles Facebook, les flux d’information RSS ou les boîtes de réception de courrier électronique après chaque proclamation papale énigmatique.

Mais cette fois la question que beaucoup de journalistes Catholiques se demandent naturellement est : pourquoi devons-nous continuer à faire cela ? Pourquoi est-ce que ça exige un tel labeur de tout simplement comprendre ce que le Pape dit et comment cela pourrait être interprété pour être en conformité avec l'enseignement mis en place ? Et, en référence à l'Exhortation même, la question est : pourquoi avons-nous même besoin de se livrer à cette exégèse torturée simplement pour comprendre les notes individuelles et encore moins le texte intégral — et, même alors, pourquoi tant de penseurs intelligents en arrivent à des interprétations divergentes sur des passages clés ? Aurait-il été si difficile d'être un peu plus clair comme les précédents Papes étaient ?

François lui-même répond à cette question — d'une certaine manière — vers la fin de ce chapitre controversé #8. « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion » écrit-il, « mais je crois sincèrement que Jésus-Christ veut une Église attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité : une Mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, « ne renonce pas au bien possible, même [si elle] court le risque de se salir avec la boue de la route »

En d'autres termes : la confusion que vous rencontrez est une fonctionnalité, pas un défaut. Ce que beaucoup d'écrivains Catholiques demandent est : à quelle fin ? Et que signifie précisément pour l'Église « le risque de se salir avec la boue de la route » ? Comptez-moi parmi ceux qui sont perplexes.

Voici quelques-uns des meilleurs articles en circulation :

Belle, Émouvante et créant la Division — Robert Royal — The Catholic Thing

« Pour toutes ses affirmations contraires dans ces nombreuses pages, François semble plus intéressé à conforter les gens qu’à les convertir complètement à ce que le Christ a clairement enseigné sur le mariage. Le Cardinal Newman avait vu cela aussi : « Ceux qui font du réconfort le grand sujet de leur prédication semblent confondre le but de leur ministère. La sainteté est le grand but. Il doit y avoir une lutte et une épreuve ici. Le réconfort est cordial, mais personne ne boit du réconfort du matin au soir ».

Un don entêté — R.R. Reno — First Things

« Quand il en vient à une réponse pastorale pour ceux d'entre nous blessés, amochés et déformés par la révolution sexuelle, je crains que François représente une mentalité technologique spiritualisée. Dans cette Exhortation Apostolique, quand il fait face aux limitations théologiques de sa vision sur l'évangélisation inspirée par la miséricorde, il emploie la logique hyper-subjective de la modernité. Cela ne se terminera pas bien car il nous tente à l’imaginer ».

L’Exhortation étendue de François : un mariage de profond et confus — Carl Olson — Catholic World Report

« C’est exact. Pour une raison quelconque, François semble penser que les dernières décennies ont été marquées par une rigidité dogmatique qui est aussi impitoyable car obsédée par les fins détails du droit causant d'innombrables innocents ou presque de Catholiques à fuir une Église qu'ils perçoivent être froide et sans cœur. Cette perspective est, pour le dire gentiment, douteuse et problématique. L'impression souvent donnée, malheureusement, est que tout l'accent sur les normes morales objectives concernant les actions et les relations est voué à dégénérer rapidement en une rude et condamnation non charitable.

« Ça ne facilite pas les choses que François joue apparemment de désinvolture avec certains de ses arguments et de ses sources ».

Chapitre 8 Amoris Laetitia et Saint-Jean-Paul II — Eduardo Echeverria — Catholic World Report

« Il y a trois problèmes importants avec le chapitre intitulé, ce sont ces trois mêmes mots : « Accompagner, Discerner et Intégrer la fragilité », en particulier à la lumière de « Veritatis Splendor ».

Toujours la peur, toujours l'amour — Matthew Schmitz — First Things

« Quelque chose d'étrange se passe ici. Saint Thomas d’Aquin dit que « chaque être humain est lié pour vivre agréablement avec ceux autour de lui ». Mais François a omis la seconde moitié de la phrase : « à moins qu'il ne soit nécessaire pour lui d’avoir une raison de leur causer de la tristesse qui leur soit profitable à un moment donné... » La politesse de François ne semble pas avoir de place pour la tristesse profitable connue par Saint Thomas d’Aquin, cet état édifiant provoqué par des réprimandes nécessaires et des dures vérités.

« La demi-citation de Thomas d'Aquin caractérise la procédure utilisée par François dans Amoris Laetitia. La moitié de la Tradition Chrétienne est tout simplement laissée de côté et ainsi la forme de base et les tensions essentielles de l'ensemble sont perdues. L'amour de Dieu est présent mais la crainte de Dieu — la terrible connaissance que nous sommes responsables de nos âmes n’y est pas. Cette omission est délibérée ».

Premières réflexions sur la version anglaise de François de Amoris de laetitia. — Ed Peters


« Au paragraphe #297, François écrit : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n'est pas la logique de l'Évangile ! » Au contraire, c’est précisément la logique de l'Évangile que l'on peut être condamné pour toujours. (Catéchisme : CCC 1034-1035). Si l'on entend, par exemple, que personne ne peut être « condamné à jamais » par l'autorité terrestre, on aurait dû le dire. Mais, bien sûr, la retenue de la Sainte Communion à ceux aux prises dans « l'adultère public et permanent » n’est pas une « condamnation » du tout, donc le point à être fait n’est pas clair ».

La loi d’avant « Amoris », c’est la loi après - Edward Peters

« Amoris Laetitia » : Le Bon, le Dérangeant, et le Tortueux — Dorothy Cummings Mclean — Catholic World Report

« L'Exhortation Apostolique suggère que, bien que son auteur principal ait un talent pour la théologie pastorale, il n’est plus dans ses cordes quand il erre dans une autre spécialité théologique ».

The New Catholic Truce — Ross Douthat — New York Times

« Un dérapage qui résulte de ce manque de confiance est l'un des aspects les plus frappants de la lettre du Pape. Ce que l'Église considère comme péché grave devient une simple « irrégularité ». Ce que l'Église considère comme un commandement devient un simple « idéal ». Ce que l'Église a déjà déclaré péremptoirement, c’est maintenant proféré avec hésitation, dans des tons enlacés d'effacement de soi, d'auto-critique ».

Dans Amoris Laetitia, qui admoneste qui ? — Fr. James Schall — Catholic World Report

« Il serait difficile de savoir comment appeler autrement cette section sauf un exercice de casuistique sophistiquée. Tous les efforts sont faits pour excuser ou comprendre comment celui qui est dans une situation particulière n’en est pas vraiment responsable. Il y avait l'ignorance, la passion ou la confusion. Nous sommes exhortés à ne pas juger quelqu'un. Et nous devons accueillir tout le monde et faire tous les efforts pour le faire sentir à l'aise dans l'Église et en tant que voisin. L'attention est portée aux victimes du divorce qui sont traitées injustement et en particulier les enfants. Mais l'intérêt principal est dans la miséricorde et la compassion. Dieu pardonne déjà tout et donc nous le devrions nous aussi. La précision intellectuelle que le Saint-Père utilise pour excuser ou atténuer la culpabilité est une source de réflexion. La loi ne peut pas changer, mais la « progression » menant à la compréhension de ce non-respect de la loi prend du temps et de la patience.

« Mais quand on additionne tout cela, il semble souvent que l'effet de cette approche est de nous amener à conclure qu'aucun « péché » n'a jamais eu lieu. Tout a une cause pour excuser. Si cette conclusion est correcte, nous n’avons vraiment pas besoin de miséricorde, elle n'a pas de sens en dehors du péché réel et de sa libre reconnaissance. On va loin avec cette approche de ne pas être désolé pour ses péchés mais d’être soulagé de se rendre compte qu'on n'a jamais vraiment péché du tout. Par conséquent, on n’a pas un besoin pressant de trop se préoccuper de ces situations ».

Accompagnement, Discernement et Intégration — selon la Voie du Maître — David Paul Deavel - Catholic World Report

« François est souvent estimé comme un Pape optimiste en contraste avec ses prédécesseurs allemands et polonais dogmatiques. Mais n’y a-t-il pas un profond pessimisme quant à la puissance de la grâce dans # 298 où le Pape propose pastoralement de reconnaître les deuxièmes unions où « l'engagement Chrétien » est accompagné par la « conscience de son irrégularité [de la seconde union] » à cause de « la grande difficulté de faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes » ? Mais l'appel au « discernement » avec ces couples est un appel pour savoir si l’union n’est pas juste « irrégulière » mais est en fait un péché. Si les règlements ou la règle qui est violée est tout simplement une loi positive ou prudentielle de l'Église, le Législateur Suprême peut alors la changer, mais si la règle concerne un mal intrinsèque, alors l'obligation des pasteurs est de dire que : premièrement, cette règle doit rester et, deuxièmement, que l'accompagnement de l'Église va impliquer de travailler avec le couple pour mettre fin à la situation de péché dans lequel ils sont emmêlés et les aider à ne pas « tomber dans de nouvelles fautes ».

Amoris Laetitia — David Warren

« Il peut en effet être simplement dit et a toujours été dit par la Sainte Église, avec une simplicité innocente, que le péché mortel est mortellement un péché, donc encore une fois je pense que le Pape doit être corrigé. Les hommes, y compris mes héros Thomas More et John Fisher, sont allés au bloc pour ces simples affirmations concernant l'indissolubilité du mariage. Est-ce que le Saint-Père propose maintenant de dé-canoniser la moitié de nos saints et tous nos martyrs ? »

Le message confus du Pape sape son propre programme pastoral — Phil Lawler — Catholic Culture

« Amoris Laetitia n’est pas un document révolutionnaire. Il est un subversif ...

». Malheureusement, la mise en garde du Cardinal Schönborn, comme beaucoup des propres messages du Pape, sera perdue dans la discussion de Amoris Laetitia. Inévitablement, comme ce sera reçu par les Catholiques ordinaires dans les bancs, le message du Pape ne sera compris que sous une forme simplifiée : comme un feu vert pour les divorcés / remariés de recevoir la Communion. Les prêtres qui sont déjà trop disposés à répondre aux souhaits des divorcés Catholiques / remariés seront confirmés dans leurs attitudes. Ceux qui voudront en demander plus — leurs pasteurs consciencieux qui seraient les plus susceptibles d'aider les Chrétiens à grandir dans la sainteté — seront isolés et minés ».

jeudi 21 janvier 2016

Il faut être pour le changement

même si on ne sait pas c'est lequel !
Le Pape en est choqué



Le Pape François fait monter les enjeux pour les Catholiques
qui ne veulent pas accepter le « changement »


EDITORIAL de John-Henry Westen
SOURCE : Life Site News

ROME, le 20 Janvier 2016 (LSN) - Comme s’il prépare l'Église pour un changement à venir, le Pape François a significativement fait monter les enjeux pour ceux inquiets de la possibilité qu’il ait de nouvelles innovations en magasin pour l'Église. Un résumé de Radio Vatican de son homélie le 18 janvier se lit comme suit : « Les chrétiens bloqués au “On a toujours fait comme ça” ont un coeur fermé aux surprises de l’Esprit Saint et n’arriveront jamais à la plénitude de la vérité parce qu’ils sont idolâtres et rebelles ».

Le Pape n'a pas précisé de quel changement particulier dans l'Église auquel il faisait allusion. Cependant, il y a beaucoup de spéculation avec son Exhortation post-Synodale prévue dans quelques mois. En celle-ci, il devrait statuer sur la question de la communion pour les Catholiques divorcés remariés et sur la proposition d’octroyer de l’autorité doctrinale aux conférences épiscopales. Certains observateurs pensent que le Pape peut toucher également à la question de l'homosexualité et du langage, en particulier, la nécessité supposée de mettre moins l'accent sur la nature pécheresse du comportement sexuel et plus sur la notion de non-discrimination et d'acceptation des personnes avec une orientation homosexuelle.

Même si plusieurs Cardinaux ont dit que ces changements ne sont pas possibles dans l'Église et iraient à l'encontre de la foi, le Pape François a sciemment laissé la discussion ouverte sur ces questions — tant et si bien que les Catholiques, même ceux qui suivent de près la situation, ne savent pas de quelle manière l'Exhortation Apostolique en décidera sur ces questions ou si le Pape va les laisser volontairement ambiguës.

En référence à ces changements, le Pape François a toujours répété la maxime Catholique que la Doctrine ne changera pas, mais que les disciplines le pourraient. Mais divers Cardinaux ont souligné que plusieurs des changements qui sont en cause tels que ceux décrits ci-dessus, ont un effet doctrinal et ne sont pas simplement des changements dans la pratique pastorale.

Dans son homélie, en date du 18 janvier 2016 et décrit en bas de cette page, le Pape a employé une partie du même langage qu’il a utilisé à la clôture du Synode lorsqu’il a comparé les changements modernes dans l'Église aux changements au cours de l'époque biblique. Dans les deux cas, il a parlé de ne pas changer les lois, mais il reconnaissait que les lois sont au service de l'homme et non l’inverse. Le Pape a cité la défense que le Christ a apportée aux Apôtres lorsqu’ils cueillaient du blé le jour du sabbat et au cours duquel Notre Seigneur comparé leur action à celle de David qui avait mangé les pains de l’offrande dans le Temple même si ceux-ci étaient réservés pour les prêtres. « Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat » a dit le Christ.

Si c’est appliqué aux différentes questions controversées du Synode, ce serait une mauvaise utilisation de ce passage, car le Christ parlait à propos de lois qui étaient en effet des lois disciplinaires et pouvant être modifiées, donc des lois qui pouvaient être contrevenues moralement. Mais les questions Synodales sont de nature morale et à enfreindre la loi morale n’est jamais acceptable. D’où la grave confusion sur ce que le Pape François dit vraiment.

Saint Pape Jean-Paul II a fait ce point avec force dans sa lettre encyclique Veritatis Splendor, il a écrit :

« Les préceptes négatifs de la loi naturelle sont universellement valables : ils obligent tous et chacun, toujours et en toute circonstance. En effet, ils interdisent une action déterminée semper et pro semper, sans exception, parce que le choix d'un tel comportement n'est en aucun cas compatible avec la bonté de la volonté de la personne qui agit, avec sa vocation à la vie avec Dieu et à la communion avec le prochain. Il est défendu à tous et toujours de transgresser des préceptes qui interdisent, à tous et à tout prix, d'offenser en quiconque et, avant tout, en soi-même la dignité personnelle commune à tous ».

Le Pape Jean-Paul II a continué plus loin au paragraphe 52, en déclarant :

« L'Église a toujours enseigné que l'on ne doit jamais choisir des comportements prohibés par les commandements moraux, exprimés sous forme négative par l'Ancien et le Nouveau Testament. Comme on l'a vu, Jésus lui-même redit qu'on ne peut déroger à ces interdictions : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. " Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage " » (Mt 19, 17-18) ».

Et au paragraphe 104, Jean-Paul écrit :

« Dans ce contexte se situe une juste ouverture à la Miséricorde de Dieu pour le péché de l'homme qui se convertit et à la compréhension envers la faiblesse humaine. Cette compréhension ne signifie jamais que l'on compromet ou que l'on fausse la mesure du bien et du mal pour l'adapter aux circonstances. Tandis qu'est humaine l'attitude de l'homme qui, ayant péché, reconnaît sa faiblesse et demande miséricorde pour sa faute, inacceptable est au contraire l'attitude de celui qui fait de sa faiblesse le critère de la vérité sur le bien, de manière à pouvoir se sentir justifié par lui seul, sans même avoir besoin de recourir à Dieu et à sa miséricorde. Cette dernière attitude corrompt la moralité de toute la société, parce qu'elle enseigne le doute sur l'objectivité de la loi morale en général et le refus du caractère absolu des interdits moraux portant sur des actes humains déterminés, et elle finit par confondre tous les jugements de valeur ».

Dans son homélie, hier, François a utilisé un langage sévère contre ceux peu disposés à accepter encore le « changement » pourtant indéterminé. « C’est le péché de nombreux chrétiens qui se rattachent à ce qui a toujours été fait et ne laissent pas changer les outres. Et ils finissent avec un vie moitié-moitié, bricolée, sans sens.» Le péché, c’est avoir un «cœur fermé», qui «n’écoute pas la voix du Seigneur, qui n’est pas ouvert à la nouveauté du Seigneur, à l’Esprit qui toujours nous surprend ».

François continua :

« Les chrétiens obstinés dans le "on a toujours fait comme ça, c’est le chemin, c’est la voie", pèchent. Et l’obstination est aussi un péché, un péché d’idolâtrie. C’est comme s’ils allaient en se disant : « Ce qui a été dit et qui ne change pas est ce qui est important : ce que j’entends — de moi-même et dans mon coeur fermé — est plus important que la Parole du Seigneur. L'obstination est également un péché d'idolâtrie : les Chrétiens qui sont obstinés pèchent ! Le péché d'idolâtrie. « Et ce qui est le chemin, le Père ? Ouvrez votre cœur à l'Esprit Saint, discernez quelle est la Volonté de Dieu » . »

Quels changements François a-t-il à l'esprit pour l'Église, ça reste à voir. Cependant, les Catholiques qui sentent l'aiguillon du langage dur du Pape peuvent se considérer en bonne compagnie. Certains Pères Synodaux qui ont lutté pour défendre les enseignements moraux de l'Église sur le divorce, sur l'homosexualité et sur l'autorité papale se sont sentis châtiés par le Pape lors de son adresse à la fin du Synode quand il a dit : « Les vrais défenseurs de la Doctrine ne sont pas ceux qui en défendent la lettre, mais son esprit : pas la défense d’idées, mais la défense des gens ; pas des formules, mais la gratuité de l'amour et du pardon de Dieu ». Le Pape a dit qu'il y avait un besoin de surmonter « les tentations récurrentes du frère aîné (cf. Lc 15, 25-32) et des ouvriers jaloux (cf. Mt 20 : 1 -16) » et que « le premier devoir de l'Église est de ne pas transmettre des condamnations ni des anathèmes, mais de proclamer la miséricorde de Dieu ... »

Pour certains, il semble que le Saint Père condamne la fidélité soulignée par Jean-Paul II et, parce qu'il ne spécifie pas rien différemment, beaucoup vont le prendre comme l'interprétation la plus plausible. Michael Sean Winters du National Catholic Reporter, pour sa part, considère ce sermon comme « un autre sermon étonnant qui prépare sans doute le terrain pour une Exhortation Apostolique qui va nous décoiffer ».






Sermon du Pape François
18 janvier 2016
Casa Santa Marta


(RV) Les chrétiens bloqués au “On a toujours fait comme ça” ont un coeur fermé aux surprises de l’Esprit Saint et n’arriveront jamais à la plénitude de la vérité parce qu’ils sont idolâtres et rebelles : le Pape a martelé cette conviction lors de la messe matinale à Sainte-Marthe, ce lundi 18 janvier 2016.

Ouvrir le cœur à la nouveauté de l’Esprit Saint

Dans la première lecture, Saul est rejeté par Dieu comme roi d’Israël, parce qu’il préfère écouter le peuple plus que la volonté du Seigneur et Lui désobeit. Le peuple, après une victoire dans la bataille, voulait faire un sacrifice à Dieu avec son meilleur bétail, parce que, dit- il en substance, «on a toujours fait comme ça». Mais Dieu, cette fois, ne le voulait pas. Le prophète Samuel réprouvera Saul : «Le Seigneur aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à sa parole ?», lui demande-t-il.

C’est la même chose, a observé le Pape François, que nous enseigne Jésus dans l’Évangile : les docteurs de la loi lui répondaient que ses disciples ne déjeunaient pas comme on avait toujours fait jusque là. Et Jésus répond avec ce principe de vie : «Personne ne coud un morceau de vieux tissu sur un vêtement neuf (…) et personne ne verse du vin neuf dans de vieilles outres, sinon le vin contaminera les autres et on perdra le vin et les outres.»

« Qu’est-ce que cela signifie ? Que la loi change ?, s’est interrogé le Pape. Non ! Mais la loi est au service de l’homme, qui est au service de Dieu et pour cela, l’homme doit avoir le cœur ouvert. Dire "on a toujours fait comme ça", c’est avoir le cœur fermé, et Jésus nous a dit : "Je vous enverra l’Esprit Saint, et Il vous conduira vers la pleine vérité" ! Si tu as le cœur fermé à la nouveauté de l’Esprit, tu n’arriveras jamais à la pleine vérité ! Et ta vie chrétienne sera une vie moitié-moitié, une vie bricolée, avec des choses neuves, mais sur une structure qui n’est pas ouverte à la voix du Seigneur. Un cœur fermé, parce que tu n’es pas capable de changer les outres ».

Chrétiens obstinés et rebelles

«Cela, a souligné le Pape, a été le péché du roi Saul, pour lequel il a été rejeté. C’est le péché de nombreux chrétiens qui se rattachent à ce qui a toujours été fait et ne laissent pas changer les outres. Et ils finissent avec un vie moitié-moitié, bricolée, sans sens.» Le péché, c’est avoir un «cœur fermé», qui «n’écoute pas la voix du Seigneur, qui n’est pas ouvert à la nouveauté du Seigneur, à l’Esprit qui toujours nous surprend». La rébellion, dit Samuel, est un «péché de divination», et l’obstination est une idolâtrie.

«Les chrétiens obstinés dans le "on a toujours fait comme ça, c’est le chemin, c’est la voie", pèchent. Et l’obstination est aussi un péché, un péché d’idolâtrie. La voie, c’est “ouvrir le coeur à l’Esprit Saint, discerner quelle est la volonté de Dieu.»

Des habitudes qui doivent se renouveler

«C’était l’habitude au temps de Jésus, a affirmé le Pape, que les bons israélites jeûnent. Mais il y a une autre réalité : il y a l’Esprit Saint qui nous conduit à la pleine vérité. Et pour cela, Il a besoin de cœurs ouverts, de cœurs qui ne sont pas obstinés dans le péché d’idolâtrie de soi-même, parce que je crois plus important ce que moi je pense, plutôt que cette surprise de l’Esprit Saint.»

«Ceci est le message que l’Église nous donne aujourd’hui. Ceci est ce que Jésus dit si fort : "du vin nouveau dans des outres neuves". Face aux nouveautés de l’Esprit, aux surprises de Dieu, les habitudes doivent aussi se renouveler. Que le Seigneur nous donne la grâce d’un cœur ouvert, d’un cœur ouvert à la voix de l’Esprit, qui sache faire le différence entre ce qui ne doit plus changer, parce que c’est un fondement, et ce que l’on doit changer pour pouvoir recevoir la nouveauté de l’Esprit Saint.»

vendredi 18 décembre 2015

Déclaration de Munich : 200 théologiens signent

pour des changements fondamentaux dans l'Église



par : Maike Hickson
SOURCE : Life Site News


Cardinal Marx

MUNICH, le 17 Décembre 2015 (LifeSiteNews) - Un Cardinal Catholique avec une grande influence sur François s’est adressé à une conférence, en début de ce mois, où environ 200 théologiens ont publié une déclaration commune appelant à des changements fondamentaux dans l'Église — dans l'intérêt, selon eux, de mettre pleinement en œuvre le Concile Vatican II.

Le Cardinal Reinhard Marx de l’Archidiocèse de Munich a agi comme hôte de la conférence les 6-8 décembre de ce mois dont le thème était « Pour s’ouvrir au Concile — Théologie et l'Église à la Lumière du Concile Vatican II ». La conférence a aussi bénéficié d’une allocution du Cardinal Karl Lehmann, ancien président de la Conférence des Évêques Allemands.

La Déclaration de la conférence, se référant aux « impulsions du Concile Vatican II » en cours a proposé des réformes à être réalisées dans de nombreux domaines de l'Église :

DÉCLARATION DE MUNICH
200 Théologiens
Les 6-8 décembre 2015


  • « Tant que la liberté de conscience, la liberté d'expression et les droits de participation des laïcs ne seront pas pleinement reconnus au sein de l'Église Catholique, le caractère de la Foi en tant qu’un acte de la volonté libre ne sera pas pleinement pris en compte ».

  • Par conséquent, les Droits de l'Homme doivent être encore pleinement mis en œuvre dans l'Église Catholique.

  • La théologie doit être capable de revendiquer sa pleine liberté.

  • La théologie — parallèle au Magistère des Évêques — doit maintenant devenir aussi « dans le sens de la Tradition, un Magistère académique indispensable dans l'Église ».

  • « Le Concile Vatican II a mis en œuvre de manière exemplaire la tâche d'un Magistère des Évêques pastoralement défini afin de modérer le processus d'interprétation de la Tradition et de l'expérience vécue de la foi. La théologie joue un rôle important dans ce processus, qui implique lui-même une auto-relativisation [sic] — pour inclure le courage de réviser les déclarations du Magistère ».

  • Le discours entre le Magistère des Évêques et la théologie— qui implique une certaine tension — en ce qui concerne l'interprétation de la Foi doit être « dirigé d'une manière qui est ouverte à ce que le résultat du discours peut être ».

  • La voix du Peuple de Dieu, dans sa diversité, doit être entendue.

  • Dans la perspective d'une « herméneutique qui est attentive aux Droits de l'Homme », l'image d'une « Église comme Peuple de Dieu » et d’une « Collégialité » doivent être remises les deux à la fois au centre de l'attention. En outre, la « Synodalité doit devenir à nouveau le principe de structuration au sein de l'Église ». Ce Synodalité « doit être juridiquement mise en œuvre, applicable de façon fiable et doit être aussi implantée à tous les niveaux ecclésiastiques ».

  • Le Concile Vatican II a fait des développements étonnants à l'égard de l'œcuménisme. Ainsi l'Église elle-même s’est ouverte au dialogue avec d'autres « églises », « après qu'elle ait eu renoncé à son exclusivisme d’auto-conception ». « Cette prise de conscience s’est aussi installée, non pas au sujet d’une unité [parmi les« églises » ] mais, plutôt au sujet de préserver la scission. Les différences confessionnelles « ne jouent plus un rôle important dorénavant ».

  • L'ouverture oecuménique doit aussi influencer la Liturgie et le Droit Canon plus pleinement.

  • La Conférence se distancie explicitement « de toute forme de fondamentalisme religieux ou d’auto-isolement ».

  • Une liturgie vivante exige « une forte participation des Églises locales » ainsi que « une réflexion continue avec l'aide d'une théologie assimilée ».


Parmi les signataires de cette longue déclaration, il se trouvent plusieurs noms qui sont peut-être déjà connus des lecteurs de LifeSiteNews : le Professeur Eva-Maria Faber de Coire, Suisse — une oratrice controversée au « Concile des ombres » ( Synode parallèlle à Rome avant le vrai Synode) tenu le 25 mai à la Université Grégorienne de Rome ; le Professeur Eberhard Schockenhoff de Freiburg, Allemagne — un autre participant du « Concile des ombres » ; et le Professeur Allemand Michael Sievernich, SJ, qui fut nommé spécialement par le Pape lors du récent Synode des Évêques sur la Famille qui a défendu l'idée d'admettre les « divorcés/ remariés » à la Sainte Communion. Un des organisateurs de la conférence était le professeur Stephan Goertz qui a fait la nouvelle en déclarant publiquement qu’une relation homosexuelle doit même être considérée comme ayant un caractère sacramentel.

Alors que les signataires sont tous des théologiens professionnels, le Cardinal Lehmann a servi comme Président d'honneur de la Conférence. Dans son discours, le Cardinal a salué le Pape François lui-même pour avoir redonné une plus grande liberté au Synode des Évêques, d’après un compte rendu sur le site Web des Évêques allemands. Il a dit que la mise en œuvre et l'extension du principe de la Synodalité sont maintenant plus importantes qu’un Troisième Concile Vatican. Selon le National Catholic Reporter, Lehmann a dit lors de sa conférence que l'un des plus grands échecs de l'Église au cours des décennies récentes a été le fait que « que nous n’avons pas pris les changements sociétaux qui ont eu lieu après le Concile Vatican II et plus particulièrement ceux de 1968, et de l'effet profond qu'ils avaient causé sur les gens, suffisamment au sérieux ». Il pourrait être utile de se rappeler que le Cardinal Lehmann lui-même était un membre dirigeant du « Groupe de Saintt Gallen » qui s’est rencontré régulièrement dans les années 1990 et 2000 et qui est connu pour son désir des changements moraux et doctrinaux dans l'Église.

Le Cardinal Marx, l'actuel président de la Conférence des Évêques Allemands, a déclaré dans son allocution que les textes du Conseil devraient être une « impulsion » pour la réforme dans l'Église. « Ils sont une impulsion à penser plus loin et à reprendre le fil à nouveau » a-t-il dit, selon le National Catholic Reporter.

« Quand nous nous retournons pour regarder les textes du Concile, à l'esprit de Concile et aux débats théologiques qui ont eu lieu, nous devons évidemment être profondément reconnaissants mais nous ne devons pas arrêter là. ... Le Concile nous a donné le don de nouveaux départs que nous pouvons et devons relever d'une manière nouvelle d'aujourd'hui » a-t-il dit.

« L'Église est non seulement une Église Enseignante mais Elle est Apprenante. Elle est ouverte à l'histoire et aux signes des temps » a-t-il ajouté.

Le Cardinal Marx est membre du Conseil de neuf Cardinaux qui a été fondé par François pour l'aider dans ses réformes proposées pour l'Église.

Steve Jalsevac, co-fondateur de LifeSiteNews, a fait un lien éclairant dans son blog entre les développements actuels dans l'Église et certains des mouvements réformistes et révolutionnaires antérieurs des années 1980. Ces mouvements d’alors avaient aussi essayé de modifier fondamentalement les positions morales et doctrinales de l'Église. Jalsevac cite, par exemple, les paroles candides de l'un de ces réformateurs et activistes, et ces paroles sonnent encore très familières, en effet, surtout dans le contexte de cette Déclaration de la Conférence de Munich citée ci-dessus :

« Je déteste et je crains le dogme ».
« Le dogme est l'ennemi de la liberté humaine ».
« Un organisateur travaillant dans et pour une société ouverte est dans un dilemme idéologique. Pour commencer, il n'a pas une vérité fixe — la vérité lui est relative et changeante ; tout lui est relatif et changeant ... Il doit constamment examiner la vie, y compris la sienne, pour avoir une idée de ce que se passe... L’irrévérence, essentielle dans un questionnement, est une condition nécessaire ».

jeudi 26 novembre 2015

Comment les Prélats Hétérodoxes ont essayé

de changer la Doctrine au Synode ?



SOURCE : Voice of the Family

Le 24 novembre 2015 (La Voix de la Famille) - Dans ce discours prononcé à la conférence « Voix catholique » organisée par le groupe Foi de Nos Pères, Matthew McCusker de Voix de la Famille (Voice of the Family ) discute de trois éléments clés de la stratégie « progressiste » déployés au Synode ordinaire: 1) l’argumentation concernant les changements de langage de l'Église, 2) l'obscurcissement des absolus moraux en insistant sur les « aspects positifs » des situations de péché et 3) les appels à la « décentralisation » de l'autorité doctrinale aux Conférences épiscopales. On y aussi décrit certaines des principales préoccupations soulevées par le rapport final du Synode. Cette conférence a été donnée à Limerick, en Irlande le 21 Novembre à 2015.

Introduction sur le Synode

Je suis ici aujourd'hui pour représenter la Voix de la Famille, une coalition de 26 organisations pro-vie et pro-famille, gérée par la Société pour la Protection des enfants à naître. Voix de la Famille a été créée en août 2014 par la Société pour la Protection des enfants à naître (SPUC) en raison de nos préoccupations croissantes face au Synode extraordinaire sur la Famille qui s’est tenu à Rome en octobre de l'année dernière. L’approche du Synode avait été dominée par la proposition faite au premier plan par le Cardinal Walter Kasper à savoir que les Catholiques divorcés et remariés civilement devraient être admis à la Sainte Communion sans modification de leur vie.

Une équipe de Voix de la famille était présente à Rome au long des deux Synodes extraordinaires en octobre 2014 et du Synode ordinaire en octobre 2015. Pendant ce temps, nous avons cherché à aider les Pères synodaux dans leur défense de la Doctrine Catholique sur la Famille et à aider le grand public à comprendre ce qui se passait en offrant un reportage précis et une analyse en profondeur.

Les deux Synodes ont été appelés à relever les défis de la famille et la mission de la famille dans le monde moderne.

Malheureusement les deux Synodes ont été en fait dominés par des tentatives visant à saper ou à modifier l'enseignement et la discipline de l'Église sur un large éventail de questions relatives au mariage, à la famille et à la sexualité humaine. Les deux assemblées ont été témoins de division entre les Pères synodaux qui désiraient maintenir l'enseignement Catholique et ceux qui voulaient le saper ou le modifier.

Malgré les efforts de certains Pères synodaux pour faire débattre les défis concrets de la famille, très peu d'attention a été accordée à ces menaces dans les documents officiels de deux Synodes.

Les questions qui ont été soit entièrement négligées ou ayant eu une attention insuffisante comprennent : l'avortement, la fécondation in vitro, les expériences sur les embryons, l'euthanasie, le suicide assisté, l'éducation sexuelle anti-vie anti-famille, les attaques contre les droits parentaux et la menace croissante à la liberté civile des citoyens de beaucoup de pays de l’Ouest qui souhaitent vivre des vies fidèles à la foi Catholique et à la loi naturelle.

Comme précédemment, beaucoup de discussions dans les médias et parmi les Catholiques concernés se sont centrées autour de la question de la réception de la Sainte Communion par les « divorcés remariés civilement ». Cependant, ce ne fut pas la seule question que les soi-disant Pères synodaux « progressistes » étaient déterminés à poursuivre en tant que telle.

Les discussions au Synode ordinaire de ce mois d’octobre ont été réalisées selon le contenu de l'Instrumentum Laboris, le document de travail du Synode. Voix de la Famille a produit une analyse détaillée de ce document et a conclu qu'il constituait une menace sérieuse pour l'intégrité de la Doctrine Catholique.

Nous avons soutenu dans notre analyse du document, qui se trouve sur notre site Web, que la clé de la compréhension de l'Instrumentum Laboris, et par extension des débats plus larges au Synode, pourrait être trouvée dans la déclaration suivante : « Que le principe « décrivant l'expérience synodale et indiquant la tâche à accomplir » est « de lire les Signes de Dieu et l'histoire humaine dans une fidélité double pourtant unique qu’implique cette lecture ».

Cette déclaration proclame que la tâche du Synode est d'être fidèle à deux sources différentes d'autorité : d'une part « les Signes de Dieu » et d'autre part les signes de « l'histoire humaine ». Par conséquent, ça place l'histoire humaine et les changements de la société humaine au fil du temps comme un objet de fidélité qui doit être obéi aux côtés de la fidélité due à Dieu.

C’est en vertu de ce principe que nous soutenons que l'Instrumentum Laboris et plusieurs des Pères synodaux cherchaient à mettre l'Église en conformité avec le monde moderne.

Si l'homme doit être fidèle à la fois aux « Signes de Dieu » et à « l'histoire humaine », il en résulte que chaque fois qu'il y a un conflit entre leurs demandes réciproques, un compromis doit être trouvé. Lorsque cette approche est adoptée, la loi morale naturelle n’est plus considérée comme immuable mais plutôt sujette à modifications au cours du temps.

La conséquence de ceci est que l'Instrumentum Laboris, qui était la base des travaux du Synode ordinaire, menace toute la structure de l'enseignement Catholique sur le mariage, la famille et la sexualité humaine.

L'Instrumentum Laboris a justement fait cela. Voici en quoi :

  • en sapant la Doctrine de l'encyclique Humanae Vitae, en proposant une fausse compréhension de la relation entre la conscience et la loi morale (paragraphe 137)

  • en discutant des méthodes artificielles de reproduction sans donner aucun jugement sur la moralité de ces méthodes ou toute référence à l'énorme perte de vies humaines qu'elles entraînent (paragraphe 34)

  • en préparant la voie à l'admission des « divorcés remariés » à la Sainte Communion sans modification de vie (paragraphes 120-125)

  • en réduisant l'indissolubilité du mariage au niveau d’un « idéal » (paragraphe 42)

  • en suggérant que la cohabitation a des « aspects positifs » et peut, dans une certaine mesure, être considérée comme une forme légitime d'union (paragraphes 57, 61, 63, 99, 102)

  • en préparant le terrain pour l'acceptation des unions de même sexe en reconnaissant la nécessité de définir « le caractère spécifique de ces unions dans la société » (paragraphe 8)

  • en adoptant des notions modernes laïques de « l'égalité des sexes » et en acquiesçant de la nécessité de « repenser les devoirs des conjoints » contribuant ainsi à la dissolution des structures traditionnelles de la famille (paragraphe 30)

  • et, enfin, en niant les pleins droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants (paragraphe 86).

Ce document a été, comme je l'ai dit, la base de discussion au Synode ordinaire. Et ce fut cette approche précisément qui était évidente alors qu'un nombre important de Cardinaux et d'Évêques ont travaillé énergiquement à amener l'objectif de l'enseignement Catholique en conformité avec les principes qui prévalent dans l'Occident moderne laïque. Cependant il y avait une forte résistance offerte par d'autres Pères synodaux, en particulier ceux d'Afrique et d'Europe de l'Est, qui étaient déterminés à défendre les enseignements immuables de l'Église.

Par conséquent, le groupe des hétérodoxes ont été contraints d'adopter une variété de stratégies visant à changer l'enseignement de l'église tout en donnant l'impression que la Doctrine resterait intacte. Je voudrais discuter de trois des plus importantes et dangereuses de ces stratégies en commençant par l'accent mis sur la nécessité de modifier la langage que l'Église utilise pour exprimer ses enseignements.

1. Modification du langage

Cet argument a été basé sur l'affirmation selon laquelle le langage qui est actuellement utilisé par l'Église n’est plus compris par la majorité des gens, soit parce qu'il est trop technique ou soit parce qu’il semble faire « trop de jugement ». Par conséquent, il doit être remplacé par un langage qui est « pertinent », « pastoral » et surtout « miséricordieux ».

Une voix importante au cours du Synode en faveur de ceux qui préconisent un changement radical dans le langage de l'Église était le Père Thomas Rosica, le porte-parole de presse anglais au Saint-Siège.

Le premier jour du Synode, lors d'une conférence de presse, le Père Rosica a fait l'appel passionné suivant :

« Il doit y avoir une fin au langage d'exclusion » a-t-il dit. « Le Jubilé de la Miséricorde exige aussi une nouvelle forme de langage à la fois public et privé. [Il] nécessite un langage de la miséricorde. ... La langue de l'inclusion doit être notre langage, en tenant toujours compte des possibilités et des solutions pastorales et canoniques ».

Évidemment, il y a beaucoup de choses que l'on puisse dire à propos de ce passage, pas moins en ce qui concerne l'utilisation du langage idéologique tels « exclusion » et « inclusion », mais je veux me concentrer sur l'affirmation selon laquelle l'Église requiert « une nouvelle forme de langage ».

En particulier, je tiens à attirer l'attention sur deux exemples marquants de termes que les Pères synodaux ont estimé qu’ils ne devraient plus être utilisés par l'Église. Ce sont « intrinsèquement désordonnés », plus précisément en référence à l'homosexualité et « indissolubilité ».

Ces termes ont été jugés impropres à notre époque actuelle et dans le besoin d'être remplacés par la langue « pastorale » et « miséricordieuse » sans changer leurs enseignements sous-jacents.

Mais est-ce bien le cas ?

Le but de la langue, après tout, est de transmettre une signification. Il est nécessaire pour les mots d’exprimer une signification claire s’ils doivent être comprises par l'auditeur ou le lecteur, ce qui est particulièrement important pour l'Église, qui a le devoir de transmettre de façon intacte le Dépôt de la Foi », que Dieu a donné aux siens une fois pour toutes. ( Jude 1 : 3) Afin de transmettre le contenu de la Révélation Divine inchangée, elle doit utiliser une terminologie claire et précise qui conserve une signification stable.

Je dirais que les modifications proposées au langage conduiraient en effet à un changement dans l'enseignement de l'Église et c’est précisément ce que les Pères synodaux qui ont proposé ces changements désirent.

« Intrinsèquement désordonnés »

Au sujet de l'expression « intrinsèquement désordonné », l’Archevêque Mark Coleridge de Brisbane, en Australie, a déclaré :

« Quand nous disons que tel ou tel acte est « intrinsèquement désordonné » ou mal, nous sommes conduits à dire que la personne qui commet l'acte est « intrinsèquement désordonnée » ou mauvaise. Parce que la sexualité n’est plus considérée comme étant une question de ce qu'une personne fait ; elle est maintenant considérée comme ce qu’une personne est... Ainsi donc, nous ne pouvons plus désormais condamner le péché mais pas le pécheur ».

Maintenant, on peut se demander si la façon dont l'Archevêque Coleridge voit la sexualité ou est désormais considérée, est exacte mais son approche est néanmoins claire. Je vais répéter ici les éléments clés:

« Parce que la sexualité n’est plus considérée comme étant une question de ce qu'une personne fait ; elle est maintenant considérée comme ce qu’une personne est... Ainsi donc, nous ne pouvons plus condamner le péché mais pas le pécheur ».

En d'autres termes, parce que le monde séculier a changé son point de vue sur la sexualité, l'Église doit changer son langage afin de se conformer aux tendances modernes. Donc, comme beaucoup de gens s’identifient comme homosexuels et considèrent cela être normal comme identité naturelle, conséquemment l'Église doit, selon Coleridge, accepter de ne plus faire référence à l'homosexualité comme « intrinsèquement désordonnée ».

Alors ce qui se passe ici n’est pas fondamentalement de faire du langage de l'Église un langage plus « pastoral » mais plutôt de conformer l'enseignement de l'Église aux idées modernes.

« Indissolubilité »

Le deuxième terme que je voudrais regarder est l’« indissolubilité ». L'Église Catholique enseigne, comme nous le savons, qu'il n'y a aucune autorité sur terre qui a le pouvoir de dissoudre un mariage sacramentel conclu et consommé. Un tel mariage ne prend fin qu'avec la mort de l'un des conjoints. C’est ce que signifie dire que le mariage est « indissoluble ».

Un certain nombre de Pères synodaux cependant croient que le terme ne devrait plus être. Blaise Cupich, Archevêque de Chicago, pense qu'il est « trop juridique » et « trop dur » pour plusieurs à comprendre. Il ne reflète pas « l'indissolubilité d'une alliance mais des menottes. » Il a suggéré l’expression « fidélité tout au long de la vie » comme une alternative.

Mgr Diarmuid Martin de Dublin a convenu que « La plupart des familles ne sentent pas qu'ils vivent l’indissolubilité » a-t-il dit « ils vivent la fidélité, l’intimité et l’attention ».

Un troisième Père synodal, le Cardinal Vincent Nichols, Archevêque de Westminster, a également comparé les deux termes en disant que l’« indissolubilité » pourrait être considérée comme « peu attrayante et objective » tandis que « la fidélité » était un terme « terre à terre ». Il a accentué l'importance d'utiliser un langage que les gens peuvent comprendre.

Alors nous avons des Pères synodaux qui suggèrent un remplacement d'un terme afin, disent-ils, d’améliorer la clarté.

Toutefois, bien sûr, le contraire de fait se produit parce que l’« indissolubilité » et « la fidélité » n’ont certainement pas la même signification.

L'indissolubilité du lien matrimonial dure jusqu'à ce que l'un des conjoints décède considérant que la fidélité au lien conjugal peut être ou ne pas être présente. Le mariage reste indissoluble indépendamment de savoir si les époux sont fidèles l’un à l’autre pendant la durée de leur mariage.

Donc le terme « indissoluble » ne peut tout simplement pas être remplacé par le terme « fidélité ». Et s’il l’était, il suggèrerait qu'un mariage ne durerait aussi longtemps que dans la mesure où les deux conjoints sont fidèles l’un à l'autre. Ceci est en fait l'une des positions tenues par certains théologiens Orthodoxes de l’Orient pour justifier la pratique de tolérer les deuxièmes mariages.

Alors il n’est tout simplement pas vrai que le remplacement du terme « indissolubilité » par « fidélité » serait plus facile pour les Catholiques à comprendre que ce que l'Église enseigne, ce serait effectivement conduire à un changement de Doctrine.

Que les changements proposés au langage conduirait à une rupture avec la Tradition de l'Église a été franchement admis par Mgr Luc Van Looy de Gand, en Belgique, quand il a dit lors d’une conférence de presse au Vatican que : « Ce pourrait être le début d'une nouvelle Église » a-t-il dit et « la fin d'une église qui porte un jugement sur chaque situation ».

2. Refus des absolus moraux

Le deuxième élément de la stratégie « progressiste » que je souhaite discuter qui est étroitement lié aux appels à un changement dans le langage, est la tentative d'abolir effectivement la notion que certaines actions sont intrinsèquement mauvaises et cela se fait en soulignant les aspects positifs d'actes objectivement pécheurs.

Par exemple, le document de travail ( Instrumentum Laboris ) a souligné les soi-disant « aspects positifs » de la cohabitation dans ses diverses formes sans donner une présentation claire de la nature pécheresse des actes sexuels en dehors du mariage et la résultante a causé un préjudice à des individus et à la société.

En fait le document est allé jusqu'à laisser entendre, au paragraphe 102, que le mariage civil et la simple cohabitation peuvent être décrits comme « un lien durable, stable et ouvert à la vie » et que le « mariage sacramentel est un éventuel bien qui doit être proclamé comme un cadeau pour enrichir et renforcer la vie conjugale » . Il est clair que l'implication ici est clairement à l’effet que les mariages civils non reconnus comme valides par l'Église et pas plus même la cohabitation, sont une forme de vie conjugale.

Cela a aussi été implicite dans le paragraphe 99 qui parlait de valoriser les aspects positifs de la cohabitation jusqu'au temps où la « plénitude de l'union dans le Sacrement pourrait être atteinte » ; comme s’il y avait un certain degré d'union légitime déjà dans une relation sexuelle en dehors du mariage.

Donc ce qui se passe vraiment quand « les aspects positifs » des unions pécheresses sont loués, c’est que le mal intrinsèque des actes pécheurs qui est impliqué est obscurci ou même nié.

Cependant, de nombreux Pères synodaux étaient déterminés à poursuivre cette approche au Synode ordinaire. Le Cardinal, Vincent Nichols de Westminster, est allé jusqu'à critiquer publiquement les Pères synodaux qui ont pris le point de vue opposé. Dans une interview avec le magazine américain, il a dit qu'il y avait des Évêques qui ont trouvé « très difficile de reconnaître en aucune manière à tout ce que nous pourrions citer comme évident et comme semences de bonté dans une situation et qu’ils voulaient la classer tout simplement comme immoral ». Il a poursuivi en accusant ces Évêques d'être motivés « par la peur et l'anxiété ».

Le déni des absolus moraux qui sous-tend ces vues peut être vu dans l'intervention du Cardinal Marx, Archevêque de Munich et Freising et membre du Cabinet des Neuf Cardinaux de François qui a dit :

« Est-ce que les gens peuvent vraiment avoir le sentiment qu’ils font partie de nous quand ils sont considérés comme vivant en état de péché mortel ? »

Il a poursuivi :

« Il est douteux aussi que des actes sexuels dans un deuxième mariage civil puissent être jugés indépendamment des circonstances de la vie. Pouvons-nous juger tous les actes sexuels sans exception dans un deuxième mariage civil comme adultères ? »

La réponse à la question de Cardinal Marx peut être trouvée dans l'enseignement immuable de l'Église, exprimée ici par le Pape Jean-Paul II dans son encyclique Veritatis Splendor, qui enseigne que :

« La raison atteste qu'il peut exister des objets de l'acte humain qui se présentent comme « ne pouvant être ordonnés » à Dieu, parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne, créée à l'image de Dieu. Ce sont les actes qui, dans la tradition morale de l'Eglise, ont été appelés « intrinsèquement mauvais » (intrinsece malum) : ils le sont toujours et en eux-mêmes, c'est-à-dire en raison de leur objet même, indépendamment des intentions ultérieures de celui qui agit et des circonstances ».

La déclaration du Cardinal Marx est juste un des nombreux exemples des leaders prélats rejetant ouvertement la Doctrine Catholique ; par conséquent, il n’est pas surprenant que Mgr Peta d'Astana au Kazakhstan, s’est senti ému de dire au Synode qu'il pouvait sentir la « fumée infernale » dans les nombreuses interventions des Pères synodaux.

3. L'appel à la « décentralisation »

Le Cardinal Marx constitue une bonne introduction au troisième aspect de la stratégie « progressiste » que je voudrais discuter. De retour en février de cette année, le Cardinal Marx a dit, en référence à l'Église en Allemagne, que :

« Nous ne sommes pas une filiale de Rome. Chaque conférence épiscopale est responsable de la pastorale dans son propre contexte culturel et doit prêcher l'Évangile à sa manière originale. Nous ne pouvons pas attendre un Synode pour nous dire comment nous devons façonner la pastorale du mariage et de la famille. »

Ces appels à la décentralisation de l'autorité doctrinale pour les conférences épiscopales ont été entendus fréquemment tout au long du Synode. Jeremias Schröder, un abbé allemand qui assistait au Synode au nom de l'Union des Supérieurs Généraux, a déclaré à la conférence de presse du Vatican que :

« Beaucoup de discours dans les débats généraux ont évoqué la possibilité de faire face à des questions sur la base d'un contexte culturel donné. Je dirais qu'il y a eu environ une vingtaine d'interventions et seulement deux ou trois étaient contre qui ont prétendu que le fait de remettre les pouvoirs de l’Église auraient des conséquences fatales. ... Quant à moi, par exemple, je suis allemand et il me semble que la question des divorces remariés est très fortement et largement ressentie en Allemagne et beaucoup moins ailleurs. Ceci est une zone où il pourrait y avoir de l’espace pour des idées pastorales originales et il en va de même de la compréhension de l'homosexualité, une question qui varie vraiment d'une culture à une autre. Les Conférences épiscopales nationales pourraient être autorisées à rechercher des solutions pastorales qui sont en harmonie avec leur contexte culturel spécifique ».

Ce même abbé est aussi cité dans un journal allemand à dire :

« Nous n’avons pas besoin pour chaque problème d’une solution uniforme, une solution pour toute l’Église confectionnée à Rome. Peut-être que l'Église doit arriver à un accord sur le fait que, dans les différentes régions et les sociétés du monde, une autre relation avec le sujet compliqué de la Famille soit permis ».

En d'autres termes les différentes parties de l'Église peuvent adopter différentes approches sur des questions morales.

La tendance à la décentralisation de l'autorité doctrinale a reçu une impulsion par François dans un important discours prononcé le 17 octobre 2015, quand il a dit qu'il « sentait la nécessité de procéder à une « décentralisation » saine du pouvoir aux « Conférences épiscopales » .

Ceci fait écho à un appel qu'il avait fait déjà, dans l'Exhortation apostolique Evangelii Gaudium à savoir que l’on devrait accorder aux Conférences épiscopales une « véritable autorité doctrinale ».

Ces appels sont troublants étant donné que ces prélats, comme le Cardinal Marx, qui est le plus ardent demandeur d’une telle dévolution de l'autorité sont précisément ceux qui souhaitent utiliser ces pouvoirs décentralisés afin de poursuivre des chemins incompatibles avec les enseignements de l'Église Catholique comme l'admission des « divorcés et remariés civilement » à la Sainte Communion avec comme condition l’amendement de vie.

En effet, une image de ce qu'est une Église décentralisée pourrait ressembler à ce qui été fournie par l'Archevêque Cupich de Chicago, qui a tenu une conférence de presse impromptue à Rome où il a parlé non seulement d'admettre les « divorcés et remariés civilement » à la Sainte Communion mais aussi ceux qui vivent activement le style de vie homosexuelle.

Si une telle voie était suivie, nous verrions une pratique dénoncée comme un péché grave dans une partie du monde mais considérée comme parfaitement acceptable dans une autre.

Une telle approche est bien sûr totalement incompatible avec une compréhension orthodoxe de la nature de l'Église Catholique, l'Église qui est définie par Saint Robert Bellarmin comme « un corps d'hommes unis ensemble par la profession de la même foi Chrétienne et par la participation aux mêmes sacrements, sous la gouvernance de pasteurs légitimes, plus particulièrement du Pontife Romain, le seul Vicaire du Christ sur terre ».

L'Église ne peut tout simplement pas enseigner des Doctrines différentes sur les questions de foi et de morale dans différentes parties du monde et rester l'Église Catholique.

4. Les droits des parents en tant que premiers éducateurs

Le Synode ordinaire s’est terminé le 24 octobre avec la publication d'un rapport final. Ce rapport, assez remarquablement, n'a toujours pas été publié dans une autre langue que l'italien. Cependant, nous avons eu divers extraits traduits et il y en a beaucoup au sujet desquels nous devons être extrêmement concernés. Les paragraphes 84-86 offrent un certain nombre d'ouvertures à la Sainte Communion par le « divorcés remariés civilement ». D'autres paragraphes, comme le paragraphe 71 sur la cohabitation, mettent une emphase erronée sur les « aspects positifs » des unions pécheresses que nous avons considérées précédemment.

Cependant, pour terminer mon discours aujourd'hui, je veux attirer l'attention sur le paragraphe 58 qui traite de l'éducation sexuelle. Ce paragraphe dit que : « La famille, tout en conservant son espace primaire dans l'enseignement (cf. Gravissimum Educationis, 3), ne peut pas être le seul endroit pour l'enseignement de la sexualité ».

Pour comprendre pourquoi ce passage est une grave menace pour les droits parentaux, nous devons examiner deux choses : d'abord, la menace actuellement posée aux parents et aux enfants par les gouvernements et les organisations internationales et, d'autre part, il y a la réponse traditionnelle de l'Église à de telles menaces.

Donc, nous devons d'abord comprendre qu'il y a une forte détermination de la part des politiciens les plus puissants du monde, y compris les gouvernements nationaux et les organisations internationales telles que l'Organisation des Nations Unies, à entraver l'exercice du droit des parents à être les premiers éducateurs de leurs enfants.

Malgré l'article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui dit : « Les parents ont le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants », des instances puissantes telles que le Comité de conformité de l'ONU pour la Convention relative aux Droits de l'Enfant font pression sur les pays en développement, en particulier les pays africains, pour donner aux enfants à partir de 12 ans l'accès à la contraception et à l'avortement à l'insu de leurs parents.

De plus, l'UNESCO et l'Organisation Mondiale de la Santé font la promotion anti-vie et des programmes d'éducation sexuelle pornographique qui cherchent à éliminer le rôle des parents en tant que premiers éducateurs et protecteurs de leurs enfants.

On refuse également aux parents de familles dans les pays occidentaux le droit de contrôler l'éducation sexuelle dans les écoles de leurs enfants, y compris dans les écoles Catholiques. En Angleterre et dans le Pays de Galles, par exemple, les enfants ont accès à la contraception et l'avortement à l'insu de leurs parents, y compris dans les écoles Catholiques avec l'autorité de la Conférence des Évêques d'Angleterre et du Pays de Galles.

De plus, les enseignants dans les écoles primaires britanniques sont formés par « Stonewall » une organisation militante pour les « droits » des homosexuels, ce groupe qui a pour politique que l’on doit enseigner aux enfants qu’ils pourraient grandir et épouser une personne du même sexe. La formation des enseignants par Stonewall se déroule dans les écoles primaires Catholiques avec la coopération de l'Évêque Catholique local.

Alors comment l'Église a-t-elle déjà composé avec cette menace ?

Le Pape Jean-Paul II a répété l'enseignement constant de l'Église quand il a dit dans son Exhortation apostolique Familiaris consortio et je cite :

« L'éducation sexuelle - droit et devoir fondamentaux des parents - doit toujours se réaliser sous leur conduite attentive, tant à la maison que dans les centres d'éducation choisis et contrôlés par eux ».

Comparez et contrastez les deux déclarations :

Le Synode dit : « La famille ... ne peut pas être le seul endroit pour l'enseignement de la sexualité ».

Mais Jean-Paul II a complètement enseigné que c’est de la responsabilité des parents de décider s’ils impliquent des institutions en dehors de la famille et encore plus, s’ils en choisissent, ces institutions doivent être contrôlées par les parents et leurs enfants doivent rester « sous leur conduite attentive ».

Le Pape Léon XIII a enseigné la même Doctrine dans son encyclique Sapientiae Christianae :

« Car c'est à eux [ les parents ] qu'il appartient, en vertu du droit naturel, d'élever ceux auxquels ils ont donné le jour, avec l'obligation d'adapter l'éducation et la formation de leurs enfants à la fin pour laquelle Dieu leur a donné de leur transmettre le don de la vie. C'est donc une étroite obligation pour les parents d'employer leurs soins et ne négliger aucun effort pour repousser énergiquement toutes les injustes violences qu'on leur veut faire en cette matière, et pour réussir à garder exclusivement l'autorité sur l'éducation de leurs enfants.».

Dans son encyclique Divine Illius Magistri Pape Pie XI était capable d’affirmer :

« L'histoire est là pour témoigner comment, spécialement dans les temps modernes, des cas se sont présentés, et se présentent encore, de violation par l'Etat des droits que le Créateur a conférés à la famille. Mais elle montre aussi splendidement comment l'Eglise a toujours pris ces droits sous sa tutelle pour les défendre. La meilleure preuve en est la confiance spéciale des familles à l'égard des écoles de l'Eglise [ écoles catholiques ] ».

Malheureusement Pie XI ne serait pas capable de dire ces paroles aujourd'hui parce que la confiance placée par les parents Catholiques dans les écoles Catholiques a été systématiquement violée.

La semaine dernière, l'Académie Pontificale des sciences a organisé un atelier qui annonçait comme sujet de discussion comment déployer les enfants comme « agents de changement » dans la cause du développement durable. Les conférenciers de l'atelier étaient les plus grands architectes du mouvement international de contrôle de la population, y compris Jeffrey Sachs, conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon.

Jeffrey Sachs est un ardent promoteur du contrôle de la population, appelant en particulier à réduire considérablement le taux de natalité en Afrique par des programmes gouvernementaux visant à accroître l'utilisation de la contraception. Dans son livre de 2008 « Common Wealth : Economie pour une planète surpeuplée », il a aussi, semble-t-il, mis de l’avant les effets soi-disant positifs qu’une légalisation sur l'avortement sur les niveaux de population

Le document d'information pour cet atelier affirme que les enfants sont à risque de leurs « parents » et aussi des « agences officielles qui se fondent sur des principes religieux » et qui ont des opinions jugées anti-scientifiques.

Il est aussi nécessaire, soutient cet atelier, pour les écoles Catholiques d’« absorber les objectifs de développement durable de l'ONU » — les mêmes objectifs de développement durable qui appellent à un accès universel à la « santé reproductive », autrement dit l'accès universel à l'avortement et à la contraception.

Dans ce contexte, il est extrêmement inquiétant de constater que la lettre encyclique Laudato Si aborde l'éducation dans l'environnementalisme aux paragraphes 209 à 215 sans faire aucune référence aux parents.

Dans ce même contexte, l'approbation du paragraphe 58 du rapport final du Synode par 94% des Pères synodaux indique un échec très grave par la hiérarchie de l'Église à reconnaître la gravité de la menace à laquelle font face actuellement les parents.

Je voudrais terminer par une citation d'un autre Pape, Pie XII, qui en 1946 discernait déjà la crise à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui ; et la question qu'il a posée est celle-là même que nous devons tous nous poser aujourd'hui. Il a dit :

« Il y a beaucoup de discours, mais sans la clarté nécessaire des concepts au sujet d'une « nouvelle théologie », qui doit être en constante transformation, à l'instar de toutes les autres choses dans le monde, qui sont dans un état constant de flux et de mouvement, sans jamais atteindre leur terme. Si nous devions accepter une telle opinion, qu’est-ce qui adviendrait des dogmes immuables de la foi Catholique ; et que deviendrait l'unité et la stabilité de cette Foi ? »

Aujourd'hui plus que jamais, nous devons rester fidèles aux enseignements immuables de l'Église Catholique.