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samedi 21 juillet 2018

Le Professeur Josef Seifert

Le Pape tombera en « hérésie énorme »
s'il approuve la contraception



par : Lisa Bourne
SOURCE : Life Site News
Vendredi le 17 juillet 2018




17 juillet 2018 (Life Site News) — Si le Pape François consent à tout écart par rapport à l'enseignement de Humanae Vitae — autorisant de quelque manière que ce soit l'usage de la contraception ou niant le mal intrinsèque de cette utilisation — il endosserait « une erreur éthique totale et une énorme hérésie » a déclaré le philosophe Catholique renommé Josef Seifert.

La Doctrine exprimée dans l'Encyclique historique du Bienheureux Pape Paul VI, qui renforce l'enseignement pérenne de l'Église sur l'immoralité intrinsèque du contrôle artificiel des naissances, ne peut être changée, ont dit Seifert et d'autres théologiens.

Le Président de la nouvelle Académie Jean-Paul II pour la Vie Humaine et la Famille et ami personnel de feu Saint Jean-Paul II, Seifert était l'un des nombreux chercheurs contactés par le National Catholic Register pour considérer un récent effort afin de « réinterpréter » ou de réviser Humanae Vitae. Chacun a exclu que la Doctrine de Humanae Vitae ne puisse jamais être changée.

La Doctrine ne peut pas se nier, se contredire

« La Doctrine proclamée définitivement ne peut être changée ni en niant ni en contredisant ce qui a été enseigné, ni en affirmant ce qui est incompatible avec une telle vérité » a déclaré le Père George Woodall, professeur de théologie morale au Pontifical Regina Apostolorum Athenaeum de Rome.

« S'il devait y avoir un « développement authentique de la Doctrine » » a déclaré Woodall, « cela ne requerrait ni n'impliquerait aucune de ces possibilités, mais approfondirait un point particulier de la Doctrine antérieure tout en maintenant cette Doctrine intacte ».

Ceux qui suggèrent un tel développement doctrinal doivent alors montrer que tout ce qu'ils proposent ne viole pas ce principe et est donc également compatible avec « la Doctrine définitive constante ».

Seifert nota au National Catholic Register que le Père Maurizio Chiodi, nouveau membre de l'Académie Pontificale pour la Vie, avait échoué à cet égard.

Une rupture radicale avec l'enseignement de l'Église

Plus tôt cette année, Chiodi, professeur de théologie morale à l'Université du Nord d'Italie à Milan, a contesté l'enseignement de l'Église selon lequel l'utilisation de la contraception était intrinsèquement mauvaise et préconisait l'usage de la contraception dans certains cas. Chiodi a tiré son argument d'Amoris Laetitia.

La théorie de Chiodi était « totalement irrecevable et constituait une rupture radicale avec l'enseignement de l'Église » a déclaré Seifert.

« Si le Pape devait accepter ces changements, il accepterait une erreur éthique totale et une énorme hérésie » a-t-il dit. « Tout Catholique devrait prier pour que le Pape rejette ce « nouveau paradigme » qui n'est rien d'autre qu'une vieille erreur éthique et la destruction même de l'enseignement moral de l'Eglise ».

Seifert dit qu'un exemple de développement ou d'explication acceptable de la Doctrine serait de démontrer que la séparation du sens procréatif et unitif de l'acte matrimonial n'est pas la seule raison pour laquelle l'utilisation de la contraception est mauvaise et d'autres raisons démontrent son immoralité.

La contraception est intrinsèquement mauvaise

« Ce ne serait pas un changement de l'enseignement de Humanae Vitae et encore moins un changement de la vérité éternelle qu'il proclame » a-t-il dit, « mais une addition complémentaire et une conclusion de son argumentation pour la vérité inviolable que la contraception est intrinsèquement mauvaise ».

La question de savoir quelles nouvelles compréhensions pourraient être acceptées de Humanae Vitae a également été posée au Père Robert Gahl de l'Opus Dei, professeur agrégé d'éthique à l'Université Pontificale de la Sainte Croix à Rome.

« L'enseignement de l'Église doit toujours respecter et confirmer la vérité sur l'amour conjugal comme une sorte d'amitié intrinsèquement ouverte à une nouvelle vie » a déclaré M. Gahl. « Mais de nouvelles explications et de nouveaux programmes pastoraux peuvent développer la Doctrine, non pas en la changeant, mais en la clarifiant, et en offrant de nouvelles voies de conformité à cette même Doctrine ».

Revoir, revisiter, réviser, réinterpréter

Edward Pentin du National Catholic Register a énuméré de nombreuses raisons dans un article qui ont causé des inquiétudes que l'enseignement de Humanae Vitae est en danger.

Parmi celles-ci, le Pape nomme des dissidents de Humanae Vitae à l'Académie Pontificale pour la Vie — après avoir vidé les anciens membres de l'Académie qui soutiennent l'enseignement de l'Église sur la contraception et la vie — également une commission clandestine du Vatican établie par François pour réinterpréter Humanae Vitae à la lumière de son Exhortation controversée Amoris Laetitia, et aussi le fait que François ait loué le théologien moral Allemand Bernard Häring, l'un des dissidents les plus influents contre Humanae Vitae au moment de sa publication, pour sa recherche « d'une nouvelle manière d'aider la théologie morale à s'épanouir à nouveau ».

En plus de cela, le rédacteur en chef d'Avvenire, Luciano Moia, a publié en juin les 10 « points gênants » concernant les résultats des Synodes sur la Famille 2014-15.

Moia, un autre dissident de Humanae Vitae, avait affirmé entre autres choses dans sa liste que Paul VI lui-même ne voulait pas une déclaration d'infaillibilité pour Humanane Vitae, que l'écrasante majorité des pratiquants n'utilisaient plus les « méthodes naturelles » pour la planification familiale et que le problème de contraception est, pour la plupart des couples, en diminution de sa pertinence éthique.

Il a également déclaré que le point crucial de Humanae Vitae était la « relation indissoluble entre l'amour conjugal et la fécondité ». Les défenseurs de Humanae Vitae soutiennent que l'inséparabilité ne se rapporte pas au lien indissoluble entre l'amour conjugal et la fécondité mais plutôt entre les actes conjugaux et les couples à être ouverts à la création d'une nouvelle vie humaine.

« L'Encyclique ne parle pas de l'amour conjugal ici, mais des actes conjugaux » a déclaré Stephan Kampowski, professeur d'anthropologie philosophique à l'Institut Théologique Pontifical Jean-Paul II de Rome.

« Ceci est crucial » a déclaré Kampowski, citant Humanae Vitae # 14, qui souligne la « signification unitive et la signification procréatrice qui sont tous deux inhérents à l'acte du mariage », et que « l'homme de sa propre initiative ne peut pas rompre ».

Les prêtres laissés confus avec l'enseignement de Humanae Vitae

Alors que le 50e anniversaire de Humanae Vitae approche ce mois-ci, les théologiens ont déclaré au National Catholic Register que le document, depuis sa publication, avait reçu une dissension énorme depuis sa publication et que le changement le plus attendu et le plus acceptable concernant Humanae Vitae serait d'enseigner efficacement son contenu — à commencer par les Évêques et les prêtres .

« Beaucoup d'Évêques, comme beaucoup de prêtres et d'autres à l'époque de Humanae Vitae et depuis, n'ont peut-être jamais lu le texte de l'Encyclique complètement ou attentivement ou souvent ne le comprennent pas » a déclaré Woodall.

« Trop d'Évêques et de prêtres » ont été « confus » et n'ont jamais reçu d'explication sympathique » de l'enseignement de l'Encyclique, a-t-il ajouté, « ou ils se laissaient emporter par la pression médiatique et l'opinion publique ».

Kampowski a déclaré : « Le plus grand besoin de développement en ce qui concerne le message de Humanae Vitae réside dans son enseignement répété et avec confiance ».

Woodall a déclaré que certains éléments pourraient être mieux enseignés, par exemple le fait que Humanae Vitae ne condamne pas seulement la contraception « artificielle », mais aussi tout acte qui « peut empêcher la procréation ». Le mot « artificiel » a été mal traduit du Latin, a-t-il dit, et le mot « délibérément » serait une version plus correcte.

Seifert a déclaré qu'il serait « acceptable et bon » d'expliquer davantage ce que Humanae Vitae entend par « l'ouverture généreuse à une vie nouvelle » et qu'une « attitude parentale normale » devrait signifier « laisser entièrement à Dieu combien d'enfants Il veut nous donner ».

samedi 21 octobre 2017

Des chercheurs/académiciens soulèvent des préoccupations
concernant les remarques du Pape François
sur la façon dont la Doctrine se développe





Par : Pete Baklinski

Pete Baklinski a un B.A. en arts libéraux et possède une maîtrise en Théologie avec une spécialisation sur le mariage et la famille (STM). Il est marié à Erin. Ensemble, ils ont six enfants.



SOURCE : Life Site News
Le 20 octobre, 2017

20 octobre 2017 ( LifeSiteNews )— Le Pape François exposait sa compréhension du développement de la Doctrine Catholique dans un récent discours dans lequel il a considéré la peine de mort comme « contraires à l'Évangile ». Les propos du Pape ont alarmé un certain nombre de professeurs et d'universitaires Catholiques qui prétendent que sa compréhension de la Doctrine et de son développement semble s'écarter de ce que l'Église enseigne à ce sujet.

Au cours de son discours du 11 octobre au Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, le Pape a parlé d'une « nouvelle compréhension de la vérité Chrétienne » qui peut maintenant affirmer que la peine de mort est « en soi contraire à l'Évangile ».

Il a ensuite présenté sa compréhension de la façon dont la Doctrine se développe.

Un « développement harmonieux de la Doctrine exige que nous cessions de défendre des arguments qui apparaissent maintenant clairement contraires à la nouvelle compréhension de la vérité Chrétienne » a-t-il dit.

« La Tradition est une réalité vivante et seule une vision partielle considère le « Dépôt de la Foi » comme quelque chose d'immuable » a-t-il dit. « La Parole de Dieu ne peut être enfouie dans des boules de naphtaline comme une vieille couverture dans le but de la protéger des insectes.

« La Doctrine ne peut être préservée sans lui permettre son développement, elle ne peut pas non plus être liée à une interprétation rigide et immuable sans humilier l'action du Saint-Esprit » a-t-il ajouté.

Sur la base de sa compréhension de la Doctrine et de son évolution, le Pape a suggéré que la peine capitale pouvait désormais être comprise comme « contraire en soi à l'Évangile » et « inadmissible ». Il a ajouté qu'il aimerait voir le Catéchisme de l'Église Catholique modifié selon cette « nouvelle » compréhension.

Le site LifeSiteNews a interviewé cinq universitaires Catholiques sur la façon dont l'Église Catholique a compris le développement de la Doctrine. Les cinq sont :

• Dr. Josef Seifert, recteur fondateur de l'Académie Internationale de Philosophie du Liechtenstein
• Dr. Joseph Shaw, professeur d'Oxford
• Dr. Claudio Pierantoni, Professeur de Philosophie Médiévale à l'Université du Chili
• John Paul Meenan, professeur de théologie et de sciences naturelles au Collège Our Lady Seat of Wisdom
• Dr. Scott M. Sullivan, Président de l'École de Théologie et de Philosophie d'Aquin

Shaw a suggéré que l'une des raisons pour lesquelles le Pape a proposé un « développement » de l'enseignement sur la peine capitale est que « cela peut sembler le sujet le plus facile à utiliser pour persuader un groupe important de Catholiques conservateurs que la Doctrine de l'Église peut être renversée ».

« Une fois qu'ils seront convaincus de cela, ils ne pourront pas résister à aucun autre revirement doctrinal » a-t-il dit.

LifeSiteNews : Peut-il y avoir une « nouvelle compréhension » de la vérité Chrétienne qui soit contraire à une compréhension antérieure ?

« Bien sûr que non, si nous parlons d'une véritable compréhension et pas seulement d'une nouvelle opinion » a déclaré Seifert.

Seifert a souligné comment l'enseignement d'Arius dans l'Église primitive équivalait à une « nouvelle compréhension » de Jésus-Christ qui était contraire à la Foi des Apôtres et à la Tradition.

« Le déni Arien de la vraie Divinité de Jésus-Christ est précisément ceci : une hérésie, une énorme erreur dirigée contre les deux dogmes les plus centraux de la Sainte Trinité et l'Incarnation de l'Homme-Dieu » a-t-il dit.

Seifert dit que si une « nouvelle compréhension » se développe qui nie la vérité de la Foi et est « contraire aux Évangiles et à l'enseignement de l'Église », alors elle ne pourrait jamais « devenir vraie ni constituer un « développement de la Doctrine ».

Pierantoni était d'accord avec Seifert, ajoutant que le « principe de non-contradiction », lorsqu'il est appliqué à la Doctrine, signifie que ce qui était antérieurement vrai sur le plan doctrinal ne peut soudainement pas devenir faux.

Meenan a convenu que « la vérité ne peut pas contredire la vérité », ajoutant que la compréhension de la vérité est « toujours plus complète et explicite, et plus la vérité (la Trinité, la sexualité humaine) est profonde, plus la vérité peut se développer. Selon lui, c’est seulement dans ce sens qu’il est possible d'avoir une « nouvelle » compréhension de la vérité en ce sens qu'une compréhension antérieure est rendue plus complète et plus explicite.

Shaw a dit que la compréhension correcte d'une Doctrine ne peut pas changer radicalement avec le temps, comme si ce qui est vrai à une époque n'est pas vrai dans une autre.

« Une telle vision est incompatible non seulement avec une vision de bon sens de ce que cela signifie pour que quelque chose soit vrai, mais aussi en rapport avec la fidélité de l'Église au Christ. C'est ce que le Christ a donné aux Apôtres et les Apôtres l’ont donné à toute l'Église, ce qui est la base de ce que l'Église doit enseigner » a-t-il dit.

LifeSiteNews : En quoi consiste le Dépôt de la Foi ?

« Le Dépôt de la Foi est tout ce corps de vérité révélée dans sa plénitude par le Christ, logée dans l'Écriture et la Tradition et que le Concile du Vatican a appelé « la source divine » a dit Meenan.

« Le Christ n'a pas donné aux Apôtres un catéchisme ou un livre, mais plutôt la vérité vivante, qui sera rendue plus explicite par leurs successeurs dans le Magistère au fil du temps » a-t-il ajouté.

Seifert a dit que le Dépôt de la Foi « signifie le trésor de la vérité révélée, telle qu'elle est contenue dans les Saintes Écritures, dans la Tradition orale conservée depuis les temps apostoliques et dans les Dogmes déclarés par l'Église ainsi que dans la Tradition orale ».

Pierantoni a noté que le mot « Dépôt » a une signification juridique qui ne doit pas être négligée lorsqu'on considère le Dépôt de la Foi en ce qui concerne sa continuité.

« Faire un dépôt, légalement, signifie un accord par lequel la personne qui reçoit la chose déposée doit la garder fidèlement, la retourner et la livrer (tradere, traditio) exactement de la même manière si on la lui demande » a-t-il dit.

« Alors quand le Nouveau Testament se réfère à ce concept (par exemple 1 Timothée 6,20 : « Cher Timothée, garde soigneusement ce qui t'a été confié. (depositum custodi) Évite les bavardages vides et contraires à la foi (antithéseis), les objections d'une soi-disant connaissance (pseudonymou) gnóseos) », ça souligne précisément le point de garder fidèlement son contenu » a-t-il ajouté.

Pierantoni dit qu’alors que l'ennemi du dépôt de quelque chose de matériel, comme de l'argent, est un voleur, le « premier et le plus important ennemi » du Dépôt de la Foi est « précisément la contradiction avec le contenu du Dépôt ».

Les Catholiques doivent garder le Dépôt de la Foi, a-t-il dit.

« Sinon, nous tombons dans une « fausse science » (pseudónymos gnosis). La soi-disant « gnose » ( que les historiens modernes appellent pour la plupart le « gnosticisme » ) était en fait déjà un mouvement de pensée qui tentait d'introduire dans le Dépôt de la Foi des significations contraires aux significations originelles, faisant appel aux « révélations secrètes » a-t-il dit.

LifeSiteNews : Le Dépôt de la Foi est-il statique ou peut-on en ajouter ?

Seifert a déclaré que « la Révélation Divine générale s'est terminée par la mort du dernier Apôtre » de sorte que « rien d'autre ne peut être ajouté à la Foi de tous les Catholiques ».

« En ce sens, il est statique, non seulement parce que la vérité ne peut jamais changer, mais aussi parce que Dieu a choisi que la Révélation Divine générale se termine par la mort du dernier Apôtre » a-t-il dit.

« Cela n'exclut pas que jamais de nouveaux trésors ne puissent être découverts dans ce Dépôt de la Foi, ni n'exclut que Dieu puisse révéler, dans des révélations privées, comme à Fatima, dans des événements, par des demandes de Notre Dame, etc. qui ne font pas partie de la Révélation générale » a-t-il ajouté.

Pierantoni a déclaré que le Dépôt de la Foi « est en soi parfait et définitif ».

« Donc, rien ne peut vraiment être ajouté à cela. Ce que l'Église fait est de clarifier et de rendre explicite son contenu à travers le Magistère. Mais ce doit être une clarification de ce qui est déjà là » a-t-il dit.

« C'est pourquoi, dans la Tradition Chrétienne, la « nouveauté » est pratiquement synonyme d’« hérésie » » a-t-il ajouté.

Meenan a déclaré que « strictement parlant, on ne peut pas « ajouter » à ce Dépôt, mais le Magistère peut déballer, expliquer et appliquer ces vérités pour chaque époque particulière de l'histoire jusqu'à la fin des temps ».

Pierantoni a noté que la Parole de Dieu ne peut pas « croître », car elle est parfaite et nous a été donnée en Christ une fois pour toutes.

« Ce qui progresse et grandit, c'est notre compréhension de cela. Et cela ne peut être en contradiction avec la compréhension passée sinon il serait faux que l'Église dans son ensemble soit fidèle et infaillible pour rendre témoignage à la Parole de Dieu » a-t-il dit.

Shaw a ajouté que, pour supposer que le Dépôt de la Foi lui-même soit changeable, cela revient à dire que les Paroles du Christ, adressées aux Apôtres et consignées dans les Écritures ou transmises dans la Tradition, peuvent être changées après l'événement.

LifeSiteNews : En quoi consiste la Doctrine ?

Shaw a déclaré que la Doctrine est décrite dans le Catéchisme de l'Église Catholique comme « les vérités contenues dans la Révélation Divine » et « les vérités ayant un lien nécessaire avec celles-ci », qui sont proposées par l'Église pour la croyance des Catholiques : c'est-à-dire de façon contraignante ».

Seifert appelle la Doctrine l’« enseignement solennel de l'Église sur les vérités divinement révélées ».

« La Doctrine est avant tout l'enseignement officiel et infaillible de l'Église de ce que Dieu a infailliblement révélé dans la Sainte Écriture elle-même ou dans ses enseignements oraux conservés dans la Tradition orale de l'Église » a-t-il dit.

« Et dans ce sens primaire, la Doctrine de l'Église est infailliblement vraie, que ce soit par l'infaillibilité générale de l'Église dans son ensemble, auquel chaque Catholique, par la grâce de la Foi et le sensus fidelium ( sensus fidei ) peut acquérir un certain accès, que ce soit plus explicitement par des formulations dogmatiques des Conciles ou par des Papes qui définissent cette Doctrine avec précision et clarté » a-t-il ajouté.

Pierantoni a souligné que les déclarations doctrinales de l'Église sont « rationnellement ordonnées et liées les unes aux autres ».

« Les Pères Grecs ont utilisé le mot « akolouthía » ( du même mot que le mot liturgique acolyte, « celui qui suit » ) pour exprimer l'importance fondamentale de la cohérence et de l'harmonie entre les différentes affirmations de la Doctrine Chrétienne. Les vrais éléments de la Doctrine Chrétienne sont transmis du Christ lui-même à travers la Succession apostolique » a-t-il dit.

Meenan a déclaré que l'Église Catholique a finalement une Doctrine pour aider les disciples du Christ à aller au ciel.

« Nous avons la Doctrine, comme le dit le Catéchisme, qui est une « lumière pour notre chemin » , pour nous guider sur le chemin de notre fin éternelle ainsi que pour toutes les fins subsidiaires de cette vie qui en découlent ( morale, politique, social ) » a-t-il dit.

« L'orthodoxie a pour but premier d'être orthopraxique, de nous apprendre à faire la bonne chose, ce qui nous rend en retour bons et « aptes » au paradis comme dirait Saint Thomas » a-t-il ajouté.

LifeSiteNews : Comment la Doctrine se développe-t-elle réellement ?

« La Doctrine se développe véritablement quand une vérité qui était déjà là est explicitée dans une autre déclaration, sans rien ajouter ou soustraire à la vérité originelle » a déclaré Pierantoni.

Shaw a dit que l'Église au fil du temps « affine et développe les vérités qui lui ont été confiées et, ce faisant, utilise des distinctions et des termes techniques non utilisés auparavant ».

« Par exemple, le Premier Concile d'Éphèse ( en 431 ) a déterminé que Jésus-Christ possédait « deux natures », humaine et divine. Ce n'est pas un langage que l'on trouve dans le Nouveau Testament, mais son but n'était pas d'établir une nouvelle Doctrine, mais plutôt de saisir ce qui était prévu dans le Nouveau Testament et par d'autres premiers témoins de la Tradition ».

Seifert a noté comment la Doctrine peut se développer à partir de « vérités révélées qui n'ont pas été énoncées dans les Écritures Sacrées elles-mêmes mais qui ont néanmoins été transmises par la Tradition orale sacrée de l'Église ».

« N'étant nulle part fixées par écrit, certaines de ces Doctrines ont été refusées même par de grands docteurs de l'Église et n'ont donc pas été explicitement retenues par tous les fidèles. Ainsi, du fait qu’une vérité soit fixée dans un dogme constitue un développement de la Doctrine » a-t-il dit.

Seifert a donné l'exemple de la façon dont l'Immaculée Conception, qui a été niée par Saint Thomas d'Aquin mais affirmée et défendue par le Bienheureux Duns Scot, n'a été définie dogmatiquement qu'en 1854.

Ce dogme, déclaré par Pie IX, ou celui de l'Assomption corporelle de Marie solennellement définie par le Pape Pie XII, un Catholique est obligé de donner son assentiment à ces dogmes. La vérité de ces deux dogmes mariaux, cependant, n'est que « timidement suggérée » dans la Sainte Écriture, mais ils peuvent être identifiés dans la Tradition de l'Église ( spécialement des Pères ) et découler logiquement de la Révélation » a-t-il dit.

Meenan a dit que Saint Vincent de Lérins donne l'exemple d'un corps vivant, qui « change » à mesure qu'il grandit, mais reste toujours le même, comme analogie à la Doctrine.

« Comme le dit Vincent, dit Meenan, la religion des âmes devrait suivre la loi du développement des corps. Bien que les corps se développent et déploient leurs composants au fil des années, ils restent toujours ce qu'ils étaient ».

« Ainsi, à mesure que croît la compréhension de ce Dépôt », il faut vraiment que le développement de la Foi, et non l'altération de la Foi, « continue » seulement selon sa propre ligne de développement, c'est-à-dire avec la même signification et la même teneur », a-t-il ajouté, citant Saint Vincent.

Shaw a dit que la Doctrine est habituellement développée quand une incompréhension d'une certaine vérité de la Foi a surgi et doit être corrigée.

« Les développements de la Doctrine deviennent généralement nécessaires en raison d'un malentendu ou d'une controverse — comme dans le cas du premier Concile d'Éphèse, c'était l'hérésie Nestorienne. C'est précisément pour préserver la véritable Foi apostolique que les Pères d'Éphèse ont adopté un nouveau langage sans ambiguïté » a-t-il dit.

« L'espoir est toujours quand une Doctrine est « développée » que si l'on peut remonter dans le temps et demander aux auteurs bibliques ou aux Pères de l'Église : « Est-ce que c’est ça que vous vouliez dire ? », ils diraient : « Oui : bien que je n'ai pas utilisé ces termes, ce que vous dites maintenant est implicite dans ce que j'ai écrit » a déclaré Shaw.

Sullivan a noté comment « une compréhension passée de l'Église peut être perfectionnée, mais jamais être contredite ».

LifeSiteNews : Est-ce que cela fait partie de la Doctrine d'être lié à une interprétation qui est immuable ?

« Oui, comme Pie XII a déclaré dans son encyclique 1950 Humani generis, la Doctrine doit toujours être comprise dans le sens que l'Église l’a définie » a déclaré Meenan.

« Il y a, bien sûr, des niveaux de clarté, en accord avec la profondeur infinie de la réalité, mais, comme mentionné, il y a des contradictions évidentes et claires qui ne peuvent jamais être permises, comme changer un commandement pour rendre l'adultère maintenant permissible ou que le Christ n'était pas vraiment Dieu et ainsi de suite » a-t-il ajouté.

« Les « homoousios » de Nicée, par exemple, ont fait valoir que tout ce que pouvait signifier d’être Dieu, que le Christ l’a été et l’est. Mais cela n'a pas épuisé la réalité de l'Incarnation et d'autres Conciles ont continué à déballer et développer cette Doctrine » a déclaré Meenan.

Pierantoni a déclaré que l'interprétation d'une Doctrine est « une partie du Magistère » et est appelée une interprétation « Traditionnelle » si, par exemple, elle est « tenue à l'unanimité ou par la grande majorité des Pères de l'Église ».

« Alors quand le Pape dit que quelque chose est supposément à « l’encontre de l'Évangile », nous avons le droit de demander ce que la Tradition dit à propos de ce sujet » a-t-il noté.

Seifert a dit que « l'interprétation » peut aussi être vue comme signifiant « mieux expliquer la Doctrine, ajouter d'autres vérités, la relier à l'Écriture, etc. ».

« Et tant que ces interprétations ne changent pas, ne nient pas ou ne rejettent pas la vérité de la Doctrine, elles peuvent être considérées comme des sermons sur la Doctrine et être différentes selon chaque interprète mais, bien sûr, elles ne doivent jamais contredire la Doctrine ou l'une de l'autre pour être des interprétations justes » a-t-il dit.

« Par conséquent, dès que vous parlez d’« interprétations changeantes » et que vous les attribuez à l'Esprit Saint, comme nier la Doctrine du péché originel, prétendre que tous les enfants naissent en état de grâce sans être baptisés, ou nier le dogme de la réalité et de l'éternité de l'enfer, ou rejeter l'existence d'actes humains intrinsèquement mauvais en prétendant qu'il n'y a pas de règles générales selon lesquelles certaines actions sont objectivement, par leur nature et leur fin, moralement fausses, vous abusez du mot « interprétation » de la Doctrine en appelant des dénis de la Doctrine comme étant « de nouvelles interprétations » a ajouté Seifert.

LifeSiteNews : Que pensez-vous qui se passe vraiment ici quand vous lisez entre les lignes du Pape ?

« Le récent discours du Pape François n'a manifestement pas été stimulé par des développements concernant l'utilisation de la peine capitale que l'Église peut espérer influencer. Nous devons chercher d'autres motivations pour soulever le problème » a déclaré Shaw.

« Une des raisons de proposer un « développement » de l'enseignement sur la peine capitale aujourd'hui est que cela peut sembler le sujet le plus facile à utiliser pour persuader un groupe important de Catholiques conservateurs que la Doctrine de l'Église peut être renversée. Une fois qu'ils seront convaincus de cela, ils ne pourront résister à aucun autre revirement doctrinal » a-t-il ajouté.

Shaw a déclaré que les soi-disant Catholiques « conservateurs » seraient particulièrement sensibles à un changement dans l'enseignement Catholique sur la peine de mort.

« Le Pape Jean-Paul II était clairement opposé à la peine capitale et a fait campagne pour son abolition. Bien qu'il ait pris soin de ne jamais prétendre que l'enseignement de l'Église ait exclu la peine capitale, ses opinions sont devenues fortement associées à l'Église Catholique et ont influencé de nombreux Catholiques conservateurs » a-t-il déclaré.

« Cela peut sembler un pas relativement petit entre ce que le Pape Jean-Paul II affirmait—que la peine capitale n'était pas sage ou appropriée dans les conditions du monde moderne — et ce que le Pape François réclame maintenant — que la peine capitale n'est jamais« admissible » et que les Catholiques vivant dans des conditions très différentes de la nôtre avaient tort d'y recourir ».

« Cependant, c’est évident que c'est un grand pas de dire que l'Église elle-même avait tort dans son enseignement cohérent, qui a toujours été que la peine capitale peut être légitime » a-t-il ajouté.

Sullivan a déclaré que les paroles du Pape sur la façon dont la Doctrine se développe selon une « nouvelle compréhension de la vérité Chrétienne » semblent être en contradiction avec Vatican I.

Le Premier Concile du Vatican ( 1869-1870 ), convoqué par le Pape Pie IX, a enseigné que « Si quelqu'un dit qu'il est possible qu'à un certain moment, étant donné l'avancement de la connaissance, un sens puisse être attribué aux dogmes proposés par l'Église qui est différent de ce que l'Église a compris et comprend : qu'il soit anathème ».

Sullivan a commenté : « Si quelqu'un dit qu'il y a un nouveau sens de l'enseignement de l'Église qui est différent de ce que l'Église a toujours compris, le Vatican condamne ce point de vue ».

Sullivan a dit que le Pape François dit beaucoup de choses qui « sentent l'hérésie », et quand on lui demande de clarifier ce qu'il veut dire, il refuse.

« Un bon père ne laisse pas ses enfants devenir confus sur des questions importantes » a-t-il dit.

Seifert était d'accord avec le commentaire de Sullivan sur les enfants « confus » sur des sujets importants, en disant que le Pape devrait clarifier ses commentaires selon les enseignements de l'Église.

« Puisque beaucoup de ces « nouvelles interprétations » opposées aux Doctrines claires de l'Église sont attribuées au Pape François ou semblent être exprimées par lui dans des documents, des sermons ou des entrevues, nous pouvons seulement espérer que le Pape François clarifie bientôt qu'il veut dire quelque chose entièrement différent de ce que le « public Catholique ordinaire » est amené à comprendre comme étant ses « nouvelles interprétations » » a-t-il dit.

« Espérons et prions que le Pape François ne laisse plus les Cardinaux des dubia et les autres Catholiques concernés attendre une réponse mais prononce rapidement la vérité Catholique dans toute sa splendeur et rassure ainsi le troupeau inquiet et effrayé des fidèles qui, en tant que Successeur de Saint Pierre et représentant du Christ, est vraiment le roc sur lequel le Christ a construit son Église » a-t-il ajouté.

jeudi 22 septembre 2016

D’un grand philosophe

« Le Pape doit abroger des déclarations
"objectivement hérétiques" pour éviter le schisme »




Par Claire Chretien

SOURCE : Life Site News
Le 21 septembre 2016 - 11:15 ET







21 septembre 2016 (LifeSiteNews) - Josef Seifert, philosophe Catholique Autrichien et ami proche du défunt Pape Saint Jean-Paul II, a déclaré dans une nouvelle interview qu'il espère que François révoquera les déclarations « objectivement hérétiques » dans Amoris Laetitia pour éviter un « schisme »,« l'hérésie » et « la scission complète dans l'Église ».

Parlant à Gloria.TV au sujet d’une lettre qu'il a écrite à François et d’un essai qu'il a écrit décrivant certaines de ses préoccupations avec l'Exhortation, Seifert a expliqué qu'il y a quatre conclusions que l'on peut tirer de Amoris Laetitia.

Ces quatre conclusions « sont radicalement distinctes et donc je pense que l'on doit préciser ce qui est la vraie réponse » a-t-il dit.

La première conclusion est que ça reste sacrilège pour ceux qui sont dans un état de péché mortel impénitent de recevoir la Sainte Communion même si la note de bas de page # 351 ouvre la porte à cela.

Les partisans de cet argument « peuvent dire que le texte n’est pas un document magistériel comme le Cardinal Burke l’affirme, qu'il n’est pas un document qui a la forme appropriée pour changer le catéchisme Catholique [et] les 2000 ans de Tradition de la discipline sacramentelle par quelques coups de plume. ... Donc rien n’a changé, au fond, et le document a peut-être essayé de changer quelque chose, mais il n'a pas changé quoi que ce soit ».

« La deuxième [conclusion] est le contraire — et son contraire et son opposé absolu et radical » a déclaré Seifert. « Et cela est à dire que chaque couple, tous les homosexuels, les lesbiennes, les adultères, les remariés, les non remariés — tout le monde est le bienvenu à la Table du Seigneur ». Il a noté que cela est essentiellement l'interprétation adoptée par les Évêques des Philippines qui « ont fait une grande déclaration à cet effet ».

« Cette interprétation ne peut pas être ce que le Pape veut vraiment dire — ne doit pas être ce que le Pape veut vraiment dire parce qu'elle conduit à d'innombrables sacrilèges, toutes sortes de pécheurs graves venant au Sacrement de la Sainte Communion » a dit Seifert. Permettre cela, « ouvre la porte à la transformation de l'Église, le Temple de Dieu [dans] une sorte de temple de Satan ».

Seifert a invité le Pape François à « déclarer absolument et obligatoirement que cette [interprétation] est complètement une fausse compréhension de l'enseignement de l'Église ».

Le for interne serait une « catastrophe pastorale ».

La troisième interprétation possible de Amoris Laetitia est que les couples peuvent « discerner » avec l'aide d'un prêtre s’ils sont vraiment coupables des actions qu'ils commettent sans cesse que l'Église nomme objectivement pécheurs.

« Comment est-ce que ça devrait être appliqué ? » demanda Seifert. « Si un prêtre dit à celui qui est adultère : « Vous êtes un bon adultère, vous êtes en état de grâce, vous êtes [une] personne très pieuse si bien que vous obtenez mon absolution sans changer votre vie et [vous pouvez] aller à la Sainte Communion. ... Et puis viendra un autre, et il lui dira : « Oh, et vous êtes un véritable adultère. Vous devez d'abord vous confesser, vous devez révoquer votre vie, vous devez changer votre vie et alors vous pourrez aller à la Communion ». « Je veux dire, comment est-ce que ça devrait fonctionner ? »

Ça « semble tout à fait inapproprié » et pourrait devenir une « catastrophe pastorale » a prévenu Seifert. Il a dit que ça pourrait aussi confondre les couples Catholiques divorcés et remariés dont certains pourraient avoir été dits par leur prêtre d’aller de l'avant et de recevoir la Sainte Communion et d'autres qui pourraient avoir été dits par le même prêtre de vivre dans l’abstinence afin de recevoir la Sainte Communion. Seifert a noté que cette troisième conclusion contient « le problème du sophisme » qui suppose que, si une personne « ne comprend pas que ce qu'elle fait est mal, qu'elle est alors innocente et dans un état de grâce, mais l'aveuglement de la fausseté d’une action peut être lui-même gravement un [péché] ».

« C’est une fausse hypothèse que les nombreux couples qui ne trouvent rien de mal à se remarier et à se divorcer sont tous des pécheurs innocents en état de grâce parce que leur aveuglement [du fait qu'ils commettent l'adultère] lui-même [peut-être un péché] », a déclaré Seifert.

Le semblant « déni de l'enfer » doit être corrigé pour des « raisons de clarté ».

Selon Seifert, la quatrième interprétation possible de Amoris Laetitia est à l’effet que les gens peuvent dire en toute bonne conscience que leur premier mariage était invalide, même si un tribunal ecclésiastique a dit le contraire, et peuvent donc divorcer, se « marier » à nouveau et recevoir les Sacrements tout en maintenant une relation sexuelle avec leur deuxième conjoint.

« Ça ne doit pas être laissé à la conscience de l'individu de juger si oui ou non son mariage était valide et pas plus au jugement d'un seul prêtre parce que pour juger ... l'existence d'un Sacrement exige une enquête minutieuse et c’est [exactement ] la tâche des tribunaux de l'Église et donc personne ne peut tout simplement pas ... en conscience dire : « Je n’étais pas marié et maintenant je suis marié à nouveau » a expliqué Seifert. Il a également dit que l'idée qu'une personne qui déclare pour elle-même que son mariage était invalide a été condamnée par le Concile de Trente et par conséquent ce n’est pas en harmonie avec l'enseignement de l'Église.

C’est « objectivement hérétique » d’affirmer, comme Amoris Laetitia le fait, que quelqu'un peut être tout simplement incapable de vivre selon les exigences de l'Évangile, a dit Seifert. Amoris Laetitia suggère que les gens peuvent « reconnaître que c'est la Volonté de Dieu de vivre dans une relation adultère » mais « cela contredit clairement tout à fait quelques dogmes du Concile Tridentin et ça contredit clairement Veritatis Splendor et d'autres enseignements solennels de l'Église » a-t-il dit .

Seifert a souligné qu'il ne considérait pas le Pape comme hérétique, soulignant simplement qu'il a fait des déclarations hérétiques qui doivent être corrigées.

« Il dit que personne n’est condamné pour toujours ... qui, dans le contexte peut être interprété de différentes façons, mais il est difficile de l'interpréter d'une autre manière que le déni de l'enfer » a-t-il dit. Le Christ « nous avertit du grand danger réel de la damnation éternelle » comme de nombreux Saints et la Vierge Marie dans ses apparitions approuvées par l'Église l’ont fait, « et donc, pour le Pape d'inviter les gens dans un état grave du péché à aller aux Sacrements et en même temps de dire que personne ne sera condamné pour toujours, je pense qu’il y a des risques que ce soit compris comme étant une négation de la possibilité de la damnation ».

« J'ai dit au Pape qu'il avait tout d'abord à préciser qu'il ne voulait pas nier l'enfer dans cette déclaration, ce qui serait contraire à l'Écriture Sainte, et contre plusieurs [dogmes] » a dit Seifert. Même si François ne voulait pas signifier que cette déclaration soit comme semblant être un déni de l'enfer : « Je pense que beaucoup de gens la comprennent de cette façon et il devrait donc dire clairement quelle est la vérité de l'Évangile et non pas apparaître comme nier l'enfer » a-t-il dit. Cela doit être fait pour « des raisons de clarté et de pastorale ».

Seifert va parler « même si je suis tué pour cela ».

Le Pape François ne grandirait qu’en « estime et dans le respect dans le monde » s'il rétractait les déclarations dans Amoris Laetitia qui contredisent apparemment la Doctrine Catholique, a dit Seifert. S'il « persiste en elles », alors il y a le « danger de schisme ».

« Pour éviter le schisme, éviter l'hérésie et éviter la scission complète dans l'Église, je pense qu'il est nécessaire que le Pape ... soit informé de [ces] problèmes » et les révoque, a dit Seifert.

Seifert a souligné qu'il n’est pas le seul universitaire Catholique qui sonne l'alarme à propos d’Amoris Laetitia. Le Professeur Robert Spaemann, un renommé professeur de philosophie Allemande et ami proche du Pape Émérite Benoît XVI et le Dr Jude P. Dougherty, le Doyen Émérite de l'École de philosophie à l'Université Catholique d'Amérique, ont aussi soulevé des préoccupations sérieuses avec l'Exhortation. Le premier l’a appelée une « violation » de la Tradition Catholique et le dernier a écrit que l'ambiguïté de François signifie que « ce qui était certain auparavant est devenu problématique ».

« Même si je suis tué pour cela, je pense que je dois parler parce qu'on ne peut pas rester silencieux si l'on sent que les vérités importantes qui sont également très importantes pour le salut éternel des fidèles sont obscurcies ... dans le document » a déclaré Seifert.

Regardez l'interview du Dr Seifert avec Gloria.TV ici ( En allemand. Durée :53 minutes )

vendredi 10 juin 2016

Un célèbre philosophe Catholique

Comment peuvent Christ et Notre-Dame lire
Laetitia Amoris sans pleurer ?



SOURCE : Life Site News

9 juin 2016 (LSN) - Dans un article récent de la plate-forme de nouvelles italiennes « Corrispondenza Romana », le philosophe Catholique de renom, Josef Seifert, critique vivement François pour les déclarations dans sa récente Exhortation Apostolique Amoris Laetitia.

Seifert, un membre ordinaire de longue date de l'Académie Pontificale pour la Vie et un proche associé de Saint Jean-Paul II, explique qu’il critique le document parce qu’au lieu d’invoquer de la joie — comme indiqué dans le titre de l'Exhortation — le document papal ferait pleurer de Jésus et Sa Mère.

Bon nombre des passages qui semblent miséricordieux renversent les enseignements de l'Église sur leurs têtes, selon Seifert. « Pour moi, ils risquent une avalanche de conséquences très néfastes pour l'Église et les âmes » écrit-il.

Il continue en comparant des passages des Évangiles aux paragraphes d’Amoris Laetitia (AL).

Seifert commence par la rencontre de Jésus avec une femme adultère. Le Fils de Dieu ne condamne pas, elle aurait mérité la mort selon la loi mosaïque, mais Lui-Même se montre miséricordieux. Pourtant, Son pardon vient avec une condition : «Va et ne pèche plus ».

Seifert soutient : « En citant le Synode, Son successeur François dit à la femme adultère que même si elle continue à pécher gravement, elle ne devrait pas se sentir excommuniée et il ne juge pas nécessaire pour elle qu’elle se convertisse de ses voies pécheresses, mais qu’elle se sente comme « un membre vivant de l'Église » (AL, 299).

Ce que François dit ici, explique le philosophe, n’est pas faux et il peut être réconfortant pour les couples que la Miséricorde de Dieu soit présente pour eux. « Néanmoins » dit-il « le «Va et ne pèche plus » est complètement absent ».

Il fait donc valoir que le document laisse de côté le cœur : à savoir l'appel à la conversion.

Les paroles du proche collaborateur de François, le Père Jésuite Antonio Spadaro, a jeté une meilleure lumière sur ces déclarations. Spadaro dit : « François a supprimé toutes les « limites » du passé, même dans la « discipline sacramentelle » et pour les soi-disant couples« irréguliers » : et ces couples « deviennent bénéficiaires de l'Eucharistie ».

En outre, Seifert souligne explicitement que Jésus a mis en garde son troupeau 15 fois du péril de la damnation éternelle comme conséquence du péché mortel ; alors que son successeur sur la Chaire de Pierre déclare : « Nul ne peut être condamné pour toujours parce que c'est pas la logique de l'Evangile ! » (AL 297).

Alors que la lettre de Saint Paul aux Corinthiens (6 : 9) stipule que aucun fornicateur (qui ne s’est pas converti) n’entre dans le Royaume de Dieu et est donc damné à jamais, François « dit aux adultères qu'il est possible de vivre dans la grâce de Dieu ; à travers la Sainte Eucharistie, ils peuvent croître dans la grâce même sans se détourner de leur vie adultère par la conversion » explique Seifert.

Le philosophe rappelle la Lettre de Saint Paul aux Corinthiens (11 : 27-29) une fois de plus. Ici, la communion malgré l’état d'indignité de quelqu’un est liée clairement à la condamnation : « C'est pourquoi, celui qui mange le pain du Seigneur ou boit de sa coupe de façon indigne, se rend coupable de péché envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'examine soi-même et qu'il mange alors de ce pain et boive de cette coupe ; car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même ».

« En d'autres termes, ceci est un acte sacrilège qui met l’âme de quelqu’un en danger » dit Seifert. « François, qui n'a même pas mentionné une seule fois la possibilité de sacrilège ou du péril pour l'âme d'une personne qui reçoit la Communion indignement, dit aux adultères que, dans certaines circonstances, qui doivent être considérées individuellement, il est possible pour les personnes qui vivent dans l'adultère ou dans d'autres unions « irrégulières » de recevoir la Sainte Communion sans changer leur vie, et ainsi de continuer à vivre comme des adultères » écrit Seifert.

Il note que François, dans le texte, interprète les Commandements donnés par le Christ — qui sont clairs en eux-mêmes — comme seulement des expressions d'un idéal que peu de personnes peuvent atteindre, comme si ce n’étaient que des suggestions Évangéliques, applicables uniquement à ceux qui cherchent une perfection supérieure plutôt que des Commandements valables pour tous.

« Le Pape dit que si la femme adultère ne peut pas se séparer de son conjoint adultère mais qu’elle vit ensemble avec lui comme frère et sœur, ils pratiqueraient un style de vie qui pourrait conduire à « l'infidélité » par elle ou par son partenaire. Selon le Pape, là où il y a une menace d'infidélité entre deux adultères qui vivent comme frère et sœur, il serait préférable pour la femme d'avoir des relations intimes avec l'homme. Dans ce cas, donc, il serait préférable de continuer de vivre dans l'adultère que comme « frère et sœur » conclut Seifert, citant AL 329 et une note connexe.

« Comment Jésus et Sa Très Sainte Mère peuvent lire et relier ces paroles du Pape avec celles de Jésus Lui-Même et de son Église sans pleurer ?, Pleurons donc avec Jésus, avec un profond respect et de l'affection envers le Pape et avec la douleur profonde qui naît de l'obligation de le critiquer dans ses erreurs » écrit Seifert.

Le philosophe ajoute que sa critique n’est pas injustifiée alors que le Pape lui-même a appelé à une discussion et à une arène ouverte pour exprimer des opinions.

« Quelqu'un pourrait-il me demander comment, moi, une personne laïque misérable, puisse critiquer le Pape. Je réponds : le Pape n’est pas infaillible s’il ne parle pas ex Cathedra. Divers Papes (comme Formose et Honorius I) ont été condamnés pour hérésie. Pour l'amour et la miséricorde de beaucoup d'âmes, il en est de notre devoir sacré de critiquer nos Évêques et, par conséquent, même notre cher Pape, s'ils errent loin de la vérité et s’ils nuisent à l'Église et aux âmes. Ce devoir a été reconnu par l'Église depuis le début ».

Il ajoute : « François lui-même nous exhorte à faire exactement cela : le critiquer au lieu de mentir ou de flatter le monde Catholique. Prenons ses paroles à cœur. Mais faisons-le avec humilité et amour de Jésus ainsi que de sa Sainte Église afin que nous séchions les larmes de Jésus et glorifions Dieu in veritate ».

Josef Seifert a grandi à Salzbourg, en Autriche. Il était recteur de l'Académie internationale de Philosophie à Irving, au Texas et directeur de l'Académie internationale de Philosophie au Liechtenstein. De 2004 à 2011, il fut directeur de l'Université Catholique du Chili. Il est marié et a six enfants.