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samedi 3 décembre 2016

Sous François, la « théologie de la dissidence » a-t-elle triomphé ?



Écrit par : Père Peter Mitchell, Docteur en Histoire de l'Église

Le Père Peter Mitchell, H.E.D., est un prêtre du diocèse de Green Bay. Il a reçu son doctorat en histoire de l'Église à l'Université Pontificale Grégorienne en 2009. Il est l'auteur de « Le coup à l'Université Catholique : La révolution de 1968 dans l'enseignement Catholique Américain » (Ignatius Press, 2015).


SOURCE : Life Site News



1 décembre 2016 (LSN) - Je suis un curé, le pasteur d'une paroisse américaine typique de banlieue qui tente, aussi gentiment et patiemment que je peux, d’aider les gens qui ne sont pas souvent bien formés dans leur foi Catholique à comprendre ce que l'Église enseigne et pourquoi. Mon expérience répétée est que les gens sont reconnaissants quand un prêtre leur explique l'enseignement du Catéchisme de l'Église Catholique d’autant plus qu’en tant que Catholiques aujourd'hui la plupart des adultes admettent volontiers qu'ils n'ont pas été généralement bien catéchisés.

Comme beaucoup de mes frères prêtres, je suis préoccupé par les deux Synodes sur la Famille (2014 et 2015) et l'Exhortation post-synodale Amoris Laetitia (avril 2016) parce que l'enseignement provenant des Synodes semble parfois confondre l'enseignement clair du Catéchisme et même saper le travail du pasteur à catéchiser une paroisse. Selon le langage des plus ambivalents d’Amoris, un pasteur n’est plus capable d’expliquer aux gens tout simplement que certaines actions sont des péchés mortels — comme l'Église l’a toujours enseigné — et que ceux qui les commettent doivent se repentir et recevoir le Sacrement de Pénitence avant de recevoir la Sainte Communion (AL 301). Au lieu de cela, on me conseille maintenant d'exercer du « discernement pastoral » et de reconnaître que « les conséquences ou les effets d’une norme ne doivent pas nécessairement être toujours les mêmes » (AL 300). Le travail difficile mais gratifiant que j'ai fait durant mon sacerdoce — enseigner patiemment les lois morales claires de l'Église aux gens et trouvant que quand je l'ai fait ces gens ont été reconnaissants profondément — a été maintenant décrit, semble-t-il, comme « lancer des pierres à la vie des gens » et« se cacher derrière les enseignements de l'Église » avec un coeur fermé (AL 305).

Dans le même temps, les communications officielles de l'Église et les médias Catholiques sont toujours désireux d'exalter François comme le « Pape de la Miséricorde », un visionnaire qui a révolutionné l'Église Catholique avec sa nouvelle approche incarnée au début de son pontificat par sa déclaration des plus caractéristiques : « Qui suis-je pour juger ? » François propose supposément une approche soi-disant nouvelle et miséricordieuse de « discernement »et d’« accompagnement » de ceux dont la vie n’est pas conforme aux enseignements moraux de l'Église, critiquant ceux qui verraient les questions morales comme en « noir et blanc ». Depuis 2013, j'ai écouté attentivement les paroles de François aux prêtres et j’ai essayé de discerner quel est mon rôle maintenant que j'essaie de suivre ses conseils en tant que professeur de morale aux fidèles. J'ai aussi essayé de comprendre les nombreux laïcs éclairés et pieux, mes enfants spirituels, qui partagent avec moi qu'ils ont été eux aussi désorientés par les paroles et le ton du Saint-Père.

Ma confusion n'a que seulement augmenté lorsque François a récemment conseillé à la Congrégation Générale des Jésuites de louanger Bernard Haring comme un véritable mentor, même comme « le premier à commencer à chercher une nouvelle façon d’aider la théologie morale à prospérer à nouveau » (La Civiltà Cattolica, 24 octobre , 2016). Dans cette recommandation, le Saint-Père proclame un théologien qui a passé des décennies à proposer et à faire la promotion de ce que l'on appelait la « théologie de la dissidence».

Haring, professeur Allemand de théologie morale au Alfonsianum à Rome de 1950 à 1986, a été l'influence déterminante sur Charles Curran et la génération entière de théologiens qui se sont définis eux-mêmes en 1968 avec leur « Déclaration de Dissidence » contre la lettre encyclique Humanae Vitae du Pape Paul VI. En effet, c’est le soutien de Haring pour la Déclaration de Dissidence qui fut un facteur crucial dans la dissidence théologique de Curran pour qu’elle gagne la légitimité théologique et forme une génération d'autres théologiens au même point de vue dissident. Dans les années suivant 1968, cette théologie de la dissidence s’est propagée et est devenue la caractéristique de la majeure partie de l'Église Catholique aux États-Unis et en particulier des salles d'enseignement supérieur Catholique. Haring, Curran, et d'autres théologiens Catholiques ont encouragé les Catholiques à penser pour eux-mêmes et à résister à l'enseignement de Jean-Paul II comme Pape comme étant rigide et anti-personnel. En louant Haring comme un pionnier, le Pape François semble louanger ceux qui ne proclament pas l'enseignement moral définitif du Catéchisme. Il est difficile d'en arriver à une autre conclusion.

Tout cela est profondément déroutant pour les Catholiques, comme moi de la « Génération JP2 » qui a été attiré à l'Église Catholique précisément à cause du témoignage courageux et de l'enseignement moral clair qui nous fut donné par Saint Jean-Paul II. J’ai fait mon séminaire et j’ai été ordonné dans les années 1990 ; Jean-Paul II a inspiré ma vocation. Il a démontré clairement qu’il était le « Pape de la Miséricorde » en canonisant Saint Faustina Kowalska et en promouvant le message de la Divine Miséricorde à travers le monde. Au fil de mes années de séminaire, j’ai lu ses encycliques et j’ai été formé pour enseigner aux autres comment embrasser le beau défi de notre Foi Catholique dans un monde qui était souvent confus au sujet du sens de la vérité et de l'amour. La publication du Catéchisme de l'Église Catholique et des encycliques Veritatis Splendor et Evangelium Vitae, entre autres, furent des moments déterminants dans ma formation. Ces magnifiques documents enseignent clairement que les actions qui violent les Dix Commandements sont intrinsèquement mauvaises ; autrement dit, elles ne peuvent jamais être justifiées moralement en toutes circonstances. Comme l’a expliqué Jean-Paul II, dans l'Évangile, Jésus dit au jeune homme riche : « Si tu veux entrer dans la vie, obéis aux Commandements » (Mt 19 :17), et ainsi « un lien étroit est fait entre la Vie Éternelle et l'obéissance aux Commandements de Dieu : les Commandements de Dieu montrent à l'homme le chemin de la vie et y mènent » (VS 12). Ses paroles étaient difficiles, elles avaient un sens et elles nous ont inspirés. Bien que c’était certainement difficile d'être Catholique dans une culture qui a favorisé le matérialisme, le plaisir effréné et « faire ce que je veux », comme étant l'expression ultime de la liberté, heureusement nous avions un chef pasteur qui nous a soutenus dans notre mission et nous a invités à montrer la Miséricorde de Dieu aux autres en leur parlant de la vérité avec amour et clarté. Jean-Paul II nous a inspiré de vivre et de partager avec d'autres le don de l'Amour Miséricordieux de Jésus en présentant au Peuple de Dieu le don de l'enseignement moral de l'Église à un moment de l'histoire où « nous sommes confrontés à un conflit énorme et dramatique entre le bien et mal » (EV, 28).

Durant ces mêmes années, moi et beaucoup de mes confrères du séminaire qui étaient au courant qu'il y avait un élément dans l'Église qui rejetait l'enseignement de Jean-Paul II comme étant simple. Les théologiens dissidents ont été autorisés à exister côte à côte dans les Institutions Catholiques avec des théologiens qui enseignaient en conformité avec le Catéchisme et le Magistère. Les raisons pour cela n’ont jamais été claires pour moi et ne le sont toujours pas. Encouragés directement par le Pape Jean Paul II aux Journées Mondiales de la Jeunesse à être « inconditionnellement pro-vie » (EV 28), nous avons persévéré dans la prière du Rosaire en dehors des cliniques d'avortement et, souvent, nous avons été subtilement ridiculisés comme étant des facteurs de « division » par certains des théologiens qui nous enseignaient. Malgré cette persécution interne, nous avons toujours été encouragés par la conviction que le Saint-Père nous supportait et, finalement, nous avons été ordonnés et avons commencé le travail d'enseignement et de prédication à deux générations de Catholiques qui connaissaient très peu les contenus de la foi. Souvent, nous nous sommes retrouvés dans la situation d'être au mieux tolérés dans l'Église par ceux qui avaient retenu une piètre opinion de Jean-Paul II et étaient beaucoup plus favorables à l'enseignement de Haring, Curran et des théologiens dissidents au même esprit.

Maintenant, il semble que ce que l'on avait l’habitude d’appeler la théologie de la dissidence a émergé triomphante au sein de l'Église — et le clergé qui lui est sympathique ont été favorisés et se sont retrouvés promus par le Saint-Père. Nous avons vu des Évêques ambivalents envers des témoins pro-vie être élevés au rang de Cardinal tandis que des Cardinaux qui se sont enquis de la confusion causée par le Synode sur la Famille ont été mis à l'écart. Les dubia respectueusement soumis par quatre Cardinaux au Saint-Père ont résumé la vraie confusion qui existe pour ceux à qui il apparaît que l'enseignement de Amoris Laetitia a renversé l'enseignement effectif du Catéchisme et de Veritatis Splendor. Il semble que ceux qui souhaitent enseigner ce qui est enseigné par le Catéchisme sont maintenant condamnés comme facteurs de division et manquant d'obéissance au Magistère. Ceux qui s’écarteraient du Catéchisme sont désormais salués comme étant en union avec le Magistère et les promoteurs de l'unité. Tout semble avoir été renversé. L'Église exige que chaque curé de paroisse prenne un « Serment de Fidélité » au Magistère au moment de son installation en tant que pasteur, mais il est maintenant extrêmement difficile en tant que prêtre de savoir ce que signifie exactement une telle fidélité. J’ai fait le serment plus tôt cette année et vraiment je me suis senti confus quant à l'autorité à laquelle je promettais d'adhérer surtout quand j’ai engagé ma « soumission religieuse de ma volonté et de mon intelligence » à l'enseignement du Pape et des Évêques car il semble que l'enseignement d'une Exhortation apostolique de 2016 a apparemment invalidé l'enseignement d'une Encyclique de 1993 ainsi que le Catéchisme de l'Église Catholique.

Lors d’un autre moment de confusion dans l'histoire de l’Église, lors de son procès avant son exécution en 1581, Saint Edmund Campion a déclaré à ceux de l’« Église d’Angleterre » qui l'avaient condamné pour trahison à cause de sa Foi Catholique : « En nous condamnant, vous condamnez tous vos ancêtres ... Car ce que nous avons enseigné, vous pouvez cependant le qualifier du nom odieux de trahison, ne l’ont-ils pas uniformément enseigné ? D’être condamné avec ces vieilles lumières — non seulement de l'Angleterre, mais du monde — par des descendants dégénérés, c’est à la fois allégresse et joie pour nous ». Il semblerait que l'autre tel moment de « rectitude politique » est sur nous. Les deux Synodes sur la Famille semblaient être remplis avec des Évêques désireux d’ignorer ou de rejeter l'enseignement magistériel de Jean-Paul II, donnant ainsi l'apparence de légitimité ecclésiale à la théologie de la dissidence. Les Évêques ascendants et les Cardinaux qui affirment maintenant avec véhémence l'interprétation approuvée par François d’Amoris Laetitia indiquent que l'enseignement de Jean-Paul II n’est plus applicable dans l '« Église de François ». En mettant à l'écart l'enseignement de Jean-Paul II sur le mariage, ils condamnent beaucoup d'autres grandes lumières de la Tradition. La révision a été formulée en des termes comme le « discernement », « l'accompagnement » et, plus que tout, la « miséricorde », mais la vérité contenue dans l'enseignement pérenne de l'Église ne peut pas être changée par un vote majoritaire d'un synode ou quelqu'un d'autre. Prions avec ferveur certains de nos Évêques qui peuvent avoir la simplicité et l'humilité enfantine qui est nécessaire en ce moment de crise, de défendre les enseignements infaillibles moraux intemporels de notre Église et de protéger le Peuple de Dieu de la confusion en cours.

mercredi 12 octobre 2016

Le silence, l'ambiguïté et la dissidence
des prêtres et des Évêques Catholiques
est en train de détruire la famille



SOURCE : Life Site News

10 octobre 2016 (HLI) — J'ai voyagé dans plus de 60 pays au cours des six dernières années depuis que j’ai rejoint la famille de Human Life International. D'après les commentaires que j'ai reçus suite à plusieurs dizaines de conférences et des centaines de discussion que j’ai eues dans des paroisses, j'estime à environ 90% ceux qui n'ont jamais entendu une homélie sur le mal de la contraception et encore moins une seule parole au sujet de ses effets abortifs — et rien au sujet du crime violent de l'avortement.

Mon récent voyage de mission en Irlande ne fait que renforcer cette réalité. Presque chaque personne à qui je parlais au cours de nos conférences m'a dit qu'ils n'avaient jamais entendu parler de ces sujets de la part de leurs Évêques et de leurs prêtres. « Nous recevons peu ou pas d'orientation », et ils se demandent pourquoi les familles sont éclatées et que les enfants perdent la Foi.

Je crois que la principale menace affectant l'institution sacrée du Saint Mariage et qui érode le respect de la vie humaine est le mal de la contraception et la mentalité qui découle de son acceptation. La contraception est une attaque directe au plan de Dieu pour la vie conjugale. C’est un cancer !

La contraception rejette la dignité de la sexualité humaine et de son rôle dans la vie conjugale. Le silence ou l'ambiguïté de ceux à qui est confié le rôle d’enseigner les fidèles —les accompagnant sur le chemin étroit — est un acte de négligence scandaleuse et d'indifférence envers le peuple de Dieu. Pire sont ceux qui, par voie de dissidence, trompent délibérément les fidèles à croire que la contraception est une option possible.

Notre Seigneur nous dit de juger les choses à leur fruit. Que voyons-nous ? Une évaluation honnête de quelque population que ce soit qui a accepté la contraception ne peut pas ignorer les conséquences indéniables : un faible taux de natalité et une vie familiale malsaine. Nous avons l'avortement, le divorce, les unions légales de même sexe, la cohabitation, l'éclatement des familles, des programmes pervers d'éducation sexuelle pour les enfants, la maltraitance des enfants, le trafic sexuel, la pornographie, l'impudeur et la promiscuité. Le Père Paul Marx appelait cela le grand « fouillis sexuel ». Bien sûr, tous sont des symptômes d’un problème de base — la dissidence concernant la vérité sur la personne humaine et du don de la sexualité. Ce cancer qui détruit nos familles continuera sa destruction jusqu'à ce que nous l’éradiquions.

L'une des principales stratégies de Human Life International est de travailler avec des séminaristes, des prêtres et des Évêques pour promouvoir l'ensemble du message pro-vie et les aider à l’intégrer dans tous les aspects de leurs soins pastoraux. Malheureusement, j’ai été beaucoup trop souvent témoin de la déconnexion entre la pastorale et l'Évangile de la Vie. Toute tentative de former nos dirigeants spirituels qui n'intègrent pas complètement l'enseignement Catholique sur la morale sexuelle et le Saint Mariage est un exercice futile. Notre fondateur, le Père Paul Marx, déclare de façon assez poignante :

« Alors que nous avons besoin d'un grand nombre de groupes pro-vie pour passer au sabre le monstre anti-vie, c’est extrêmement futile, voire grossièrement myope de négliger la principale source de mise à mort des bébés qui est la contraception ».

Il n'y a pas si longtemps, les Chrétiens dans le monde entier partageaient un terrain d'entente sur la question de la contraception et le rôle principal de l'intimité sexuelle entre le mari et la femme.

« Nous donnons un avertissement franc et massif contre l'utilisation de moyens artificiels pour éviter la conception ainsi que les graves dangers — physiques, moraux et religieux — ainsi encourus et contre les maux qui, avec l’étendue de leur utilisation, menacent la race. En opposition à l'enseignement qui, au nom de la science et de la religion, encourage les gens mariés dans la culture délibérée de l'union sexuelle comme une fin en soi, nous confirmons fermement ce qui doit toujours être considéré comme les considérations qui gouvernent le mariage Chrétien. Le premier est le principal objectif pour lequel le mariage existe — à savoir la continuité de la race par le don et le patrimoine des enfants ; le second est l'importance primordiale dans la vie conjugale de la maîtrise de soi délibérée et réfléchie. Nous désirons porter louange solennellement sur ce que nous avons dit au peuple Chrétien et à tous ceux qui l’entendront. (Communion Anglicane, Conférence de Lambeth, 1920) ».

Pourtant, même comme vérité sur le mariage et sur son ouverture à la vie qui a été ainsi proclamée, nous commencions déjà à voir la montée des menaces. En 1916, quatre ans après la première Conférence Eugénique de Londres, Margaret Sanger a fondé la Ligue du Contrôle des naissances, qui devint plus tard Planned Parenthood. En 1921, Marie Stopes a fondé la première clinique de contrôle des naissances en Grande-Bretagne. Les deux femmes ont été les principales influences derrière l’union de l'eugénisme et du développement de la technologie contraceptive, qui a évolué inévitablement dans le mouvement du contrôle de la population, mouvement qui, contrairement à ce que beaucoup ont dit, poursuit son assaut sur les faibles et sur les marginalisés à ce jour.

Au moment de la Conférence de Lambeth de la Communion Anglicane en 1930, la culture avait déjà été ensemencée avec de la dissidence et du mépris pour le but du mariage et la sexualité humaine. La même Conférence a rejeté plus tard sa propre théologie biblique sur le mariage et a formulé un « nouvel » enseignement permettant l'utilisation de la contraception pour les couples mariés. Bien que la résolution #15 ait tenté de maintenir l'enseignement de 1920, en déclarant que la méthode primaire et indéniable de limiter ou d'éviter la parentalité était l'abstinence de l'acte conjugal, elle donnait la permission d’utiliser la contraception aux couples mariés.

Nous savons comment tout cela a tourné.

Le Pape Pie XI, le 31 décembre 1930, a donné la réponse de l'Église Catholique à cette menace flagrante et à ce rejet radical de siècles d'enseignement Chrétien parfaitement clair :

« Mais aucune raison assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre nature devienne conforme à la nature et honnête. Puisque l'acte du mariage est, par sa nature même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l'accomplissant, s'appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité, agissent contre la nature ; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête ». (Casti Connubii, n. 47)

« En conséquence, comme certains, s'écartant manifestement de la Doctrine Chrétienne telle qu'elle a été transmise depuis le commencement, et toujours fidèlement gardée, ont jugé bon récemment de prêcher d'une façon retentissante, sur ces pratiques, une autre doctrine, l'Église Catholique, investie par Dieu même de la mission d'enseigner et de défendre l'intégrité des mœurs et l'honnêteté, l'Église Catholique, debout au milieu de ces ruines morales, afin de garder la chasteté du lien nuptial à l'abri de cette honteuse déchéance, se montrant ainsi l'envoyée de Dieu, élève bien haut la voix par Notre bouche, et elle promulgue de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la Loi de Dieu et la loi naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute grave ». (N. 48)

Devenir « une seule chair » implique le don de soi, sans réserve ni exception, tout comme le Christ n’a rien retenu de Lui-Même pour Son Épouse, l'Église, en mourant sur la Croix pour Elle. Toute interruption intentionnelle de la nature procréatrice des relations conjugales des conjoints implique égoïstement une retenue des uns des autres et d’eux-mêmes envers Dieu, qui est leur partenaire dans l'amour sacramentel. Comme le Pape Paul VI bienheureux a expliqué :

« L'Église ... enseigne que l'acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour et son ordination à la très haute vocation de l'homme à la paternité ». (Humanae Vitae, n. 12)

En fin de compte, l'autorité de l'enseignement est confiée au Collège des Évêques sous la direction du Pontife Romain, le « centre de l'unité et la tête de l'ensemble de l'Épiscopat », le successeur de l'Apôtre Pierre à qui est confié le soin des âmes. (Lumen Gentium, n. 22) Lorsque les Évêques enseignent sur les questions de Foi et de morale dans leur rôle apostolique, ils parlent au nom du Christ et les fidèles, pour leur part, doivent accepter leurs enseignements et adhérer avec un assentiment religieux.

Dans son rôle comme Évêque de Rome, le Souverain Pontife, le Bienheureux Paul VI, au mépris de l'opinion populaire — laïque et ecclésiale — a réaffirmé l’enseignement de l'Église dans son encyclique historique, Humanae Vitae et nous a avertis de ce qui arriverait si l’enseignement de l'Église sur la réglementation des naissances était ignorée. (Voir n. 17)

Le Pape Saint Jean-Paul II nous a donné Familiaris Consortio et Evangelium Vitae, qui ont réitéré l’enseignement de l'Église sur les questions du mariage, de la famille et de la vie. Il était intrépide dans son rôle de Pierre, d’enseignant et de gardien de la Doctrine Sacrée. Il a déclaré que la contraception et l'avortement sont les fruits d'un même arbre.

« La culture qui pousse à l'avortement est particulièrement développée dans les milieux qui refusent l'enseignement de l'Église sur la contraception ». (Evangelium Vitae, n. 13)

L'autorité de l'enseignement est un don et une responsabilité incroyable. Lorsqu’exercée avec courage et clarté, elle peut libérer les gens et les unir dans la vérité. Lorsqu’exercée faiblement et de façon ambiguë, la confusion est créée, causant potentiellement des dommages considérables et irréparables aux fidèles. Le plus longtemps que ça se produira, plus la Foi semblera être une question d'opinion ; et le concept de la Vérité Absolue sera alors de en plus abandonnée.

La course présidentielle Américaine actuelle est un autre exemple. Les candidats qui prétendent être Catholiques affichent une dissidence sur le sujet de la contraception, de l'avortement, de l'euthanasie, de l'homosexualité et pourtant personne en situation de leadership les rappelle à l’ordre ou corrige publiquement leurs déclarations ou positions donnant par conséquent l'impression que ce qu’ils proposent est acceptable et admissible.

Si nous voulons réparer les dommages et guérir l'infection affectant nos familles et nos sociétés, nous devons alors redresser la famille à son vrai statut. Redressons la famille à son vrai statut et nous pourrons faire des progrès réels contre les fléaux connexes de la contraception, de l'avortement, du divorce, de l'euthanasie et de l'homosexualité. Redressons la famille à son vrai statut et nous allons voir nos sociétés prospérer et notre Église progresser.

Nous ne pouvons pas continuer à ignorer le cancer de la contraception et les fruits qu’elle engendre. Nos familles, nos enfants et notre avenir en dépendent !

samedi 3 septembre 2016

Le programme d'éducation sexuelle du Vatican

La plus grande menace que j'ai vue en 40 ans
Pire que la crise du scandale sexuel des prêtres !


Par : Rick Fitzgibbons, MD

Rick Fitzgibbons, MD, psychiatre, est le directeur de l'Institute for Marital Healing [ l'Institut pour la guérison matrimoniale ] sis en dehors de Philadelphie et a travaillé avec plusieurs milliers de couples au cours des 40 dernières années.

Il a été professeur adjoint à l'Institut Jean-Paul II et consultant auprès de la Congrégation du Clergé au Vatican.


SOURCE : Life Site News
Le 2 septembre, 2016

Le 2 septembre 2016 (Life Site News) — Au cours des dernières années, l'Église Catholique a traversé l'une de ses crises les plus graves à la suite des abus des prêtres auprès de la jeunesse. Les principales victimes ont été des adolescents mâles. Ce scandale dans le monde entier a été facilité par les comportements irresponsables et permissifs des membres de la hiérarchie qui ont fait l'erreur de « fermer les yeux » sur l'homosexualité chez leurs prêtres, selon un Évêque lors d’une émission à EWTN à laquelle je participais et qui portait sur la crise.

Ce scandale a également été facilité par non pas un moindre nombre de directeurs spirituels, qui ignoraient la science de la psychologie et qui disaient aux prêtres, qui souffraient d’attraits de même sexe et qu'ils dirigeaient, qu'ils étaient « nés ainsi » plutôt que de les référer à des professionnels de la santé mentale compétents, ce qui aurait pu empêcher bien des jeunes d'être abusés.

Afin de rétablir la confiance et la foi gravement endommagées chez les laïcs, il incombe aux membres de la Hiérarchie et aux prêtres que ils n'agissent plus jamais comme des dirigeants / bergers permissifs lorsque des menaces sérieuses sont posées au bien-être moral, intellectuel, psychologique et sexuel des jeunes.

En tant que psychiatre, j’ai beaucoup travaillé avec des jeunes Catholiques gravement lésés psychologiquement par le divorce de leurs parents fréquemment octroyé par des nullités « faciles » au sujet des mariages sacramentels de leurs parents, au mépris de la justice, de la miséricorde et de la science de la psychologie, par des épidémies de narcissisme, de marijuana, de pornographie et d’aventures sexuelles d’un soir (utilisant les autres comme des objets sexuels), par la pression énorme des pairs d'être sexuellement actifs et par des souffrances dues à des conflits psychologiques chez leurs parents, leurs frères et sœurs, et leurs pairs.

Cependant, à mon avis professionnel, la menace la plus dangereuse pour la jeunesse Catholique que j’ai vue au cours des 40 dernières années est le nouveau programme d’éducation sexuelle du Vatican, appelé « Lieu de la Rencontre » : Un projet pour l’éducation sexuelle et affective. .

Le Lieu de la Rencontre a été publié lors de la Journée Mondiale de la Jeunesse en Pologne par le Conseil Pontifical de la Famille, puis sous la direction de Mgr Paglia et il est maintenant disponible en ligne, gratuitement, en cinq langues différentes.

La réponse immédiate à Lieu de la Rencontre a été forte et très critique. Trois leaders internationaux pro-famille et pro-vie qui ont défendu l'enseignement Catholique sur le mariage, la sexualité et la vie pendant des décennies ont examiné et décrit le programme comme « complètement immoral », « tout à fait inapproprié » et « assez tragique ».

Le Lieu de la Rencontre a également été critiqué comme déviant des 2000 ans d'enseignement de l'Église Catholique sur la morale sexuelle et la formation morale des jeunes dans ce domaine si clairement élucidée et décrite par Saint Jean-Paul II dans la Magna Carta pour la Famille Catholique, le Rôle de la Famille Chrétienne dans le Monde Moderne (note : mieux connu sous Familiaris consortio ).

Par la suite, une pétition s’est développée demandant que François et le nouveau directeur du Conseil Pontifical de la Famille, Mgr Kevin Farrell, retirent le plus tôt possible ce programme « cauchemardesque » d’éducation sexuelle du Vatican

Dans une culture dans laquelle les jeunes sont bombardés par la pornographie, j’ai été particulièrement choqué par les images contenues dans ce nouveau programme d'éducation sexuelle dont certaines sont clairement pornographiques. Ma réaction professionnelle immédiate est que cette approche obscène ou pornographique abuse des jeunes psychologiquement et spirituellement.

Les jeunes sont également lésés par l'omission de les avertir des dangers à long terme des comportements de promiscuité et de l’utilisation de la contraception. En tant que professionnel qui a traité à la fois des prêtres auteurs d’abus et des victimes de la crise des abus dans l'Église, ce que j’ai trouvé particulièrement troublant était que les images pornographiques dans ce programme sont similaires à celles utilisées par les prédateurs sexuels adultes d’adolescents.

La personne principalement responsable du développement et de la publication de ce programme nuisible, Mgr Paglia, l'ancien dirigeant du Conseil Pontifical de la Famille, devrait être tenu selon toute justice à passer par une évaluation par une commission d'examen tel que décrite dans les normes de la Charte de Dallas (en anglais) ( voir explication à la fin ) plaçant les jeunes à risque. Un tel examen est particulièrement important car il est maintenant nommé responsable de tout l'enseignement en ce qui concerne la sexualité et le mariage à l'Institut Jean-Paul II pour les Études sur la Famille.

Le programme Lieu de la Rencontre constitue un abus sexuel des adolescents Catholiques dans le monde entier et révèle une ignorance de la pression sexuelle énorme sur les jeunes d'aujourd'hui et se traduira par leur confusion ultérieure à accepter l'enseignement de l'Église. Elle représente une grave crise dans l'avenir pour l'Église et en particulier pour les jeunes et les familles Catholiques dans une bien plus grande proportion que la crise récente du scandale sexuel des abus des jeunes si largement rapportée dans la presse.

Le programme d’« éducation sexuelle » du Vatican devrait être retiré par le nouveau directeur du Conseil Pontifical de la Famille, Mgr Kevin Farrell, le plus tôt possible pour protéger la santé des jeunes Catholiques et être remplacé par un nouveau programme selon l'enseignement exceptionnel de Saint Jean-Paul II sur le mariage, les jeunes, la famille et la sexualité à partir du Rôle de la Famille Chrétienne dans le Monde Moderne. L'Église n'a pas pleinement assimilé la richesse des idées contenues dans l'enseignement de Saint Jean-Paul II. Ce doit être le mandat du nouveau Conseil Pontifical pour la Famille, les Laïcs et la Vie.

Les paroles de Saint Jean-Paul II lors de sa rencontre avec les Cardinaux et les Évêques Américains le 23 avril 2002 sur la crise dans l'Église sont aussi opportunes aujourd'hui qu'elles l'étaient alors pour les membres de la hiérarchie et particulièrement vraies pour le Vatican. Il a déclaré : « Les gens doivent savoir que les Évêques et les prêtres sont totalement engagés à la plénitude de la vérité Catholique sur les questions de morale sexuelle, une vérité toute aussi essentielle pour le renouvellement de la prêtrise et de l'épiscopat qu’elle l’est pour le renouvellement du mariage et de la vie de famille ».


Chartes de Dallas : Au plus fort du scandale des abus sexuels des jeunes par les prêtres, les Évêques Américains se sont réunis à Dallas pour mettre au point un protocole d'examen des plaintes. Ce protocole fut ensuite raffiné. Ce qui n'est pas clair dans l'article est la chose suivante : est-ce que l'auteur désirerait que le programme d'éducation sexuelle passe au crible de cette Charte ou bien est-ce Mgr Paglia, qui en est responsable, qui devrait passer au crible ? La Charte de Dallas, habituellement, vise à examiner des individus et non du matériel pédagogique.